Le ciel et les regards

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Le ciel était d’un bleu limpide ce matin-là, avec seulement quelques nuages flottant paresseusement au-dessus du terrain de Quidditch. Une brise légère soufflait à travers les gradins vides, emportant avec elle l’odeur fraîche de l’herbe coupée et du bois ciré des balais.

Louise ajusta ses gants de vol, ses cheveux retenus dans une tresse élégante. Le terrain était encore paisible, mais une tension palpable vibrait dans l’air. C’était le premier cours de vol de deuxième année, et même si elle était déjà dans l’équipe de Serpentard, Madame Bibine avait insisté pour que tous les élèves y participent. « Pour l’unité inter-maisons », avait-elle dit. Ou peut-être pour montrer aux nouveaux qu’ils n’étaient pas seuls dans leur médiocrité.

— T’as encore grandi, dit Drago en s’arrêtant à côté d’elle.

— Peut-être, répondit Louise en souriant. Tu veux mesurer ?

Drago leva un sourcil, amusé, avant de se pencher pour resserrer la sangle de son balai.

De l’autre côté du terrain, Harry, Ron et Hermione venaient d’arriver, baguettes accrochées à leurs ceintures. Harry lança un regard complice à sa sœur. Ron, lui, jeta un coup d’œil bref vers elle… mais ses yeux s’attardèrent bien plus longtemps sur Drago.

— On dirait que Weasley ne te quitte pas des yeux, murmura Drago, sans même se retourner.

— Ron ? Il est juste curieux. Ou poli.

— Il est tout sauf poli, Potter. Il est... envieux.

Louise soupira, mais ne répondit pas. Elle n’avait pas envie de commencer la journée avec ça.

— Debout à côté de vos balais ! tonna Madame Bibine. Allons, allons, on s’active !

Les élèves se mirent en ligne, les Gryffondor d’un côté, les Serpentard de l’autre. Comme chaque année, la rivalité transpirait dans chaque regard échangé.

— Main droite au-dessus du balai, et dites : Debout !

Louise n’eut même pas besoin de parler. Son balai bondit dans sa main comme s’il l’attendait.

Harry, lui aussi, attrapa le sien du premier coup. Drago également.

Mais pour certains, ce fut plus laborieux… et la frustration monta rapidement.

— Bien, bien. On décolle doucement à mon signal. À trois, montez de quelques mètres, puis redescendez prudemment.

Mais bien sûr, quelqu’un ne suivit pas les consignes.

— Tu veux qu’on leur montre ce que c’est qu’un vrai vol ? glissa Drago à Louise.

Elle lui répondit par un demi-sourire.

— Montre-leur, si tu veux. Moi, je vais juste... voler.

Et elle s’élança.

Comme une flèche, son balai fendit l’air, rapide et fluide. Elle monta haut, très haut, effectua une spirale parfaite au-dessus des tribunes, puis plongea en piqué, effleurant presque le sol avant de remonter d’un coup sec. Un murmure admiratif s’éleva depuis les rangs des élèves.

Même Madame Bibine sembla stupéfaite.

Merlin vivant... murmura-t-elle.

Harry souriait. Il n’était pas jaloux — pas de sa sœur. Il était juste impressionné, encore.

Mais Ron, lui…

— Elle essaie de se faire remarquer, grommela-t-il, en retenant à peine sa voix.

Drago, qui venait de descendre, tourna brusquement la tête.

— Tu dis ça parce qu’elle ne s’assoit pas à côté de toi pendant les repas ?

Ron le fusilla du regard.

— Je dis ça parce que tu passes ton temps à lui tourner autour comme un Fléreur en chaleur.

— Je suis surpris que tu saches ce qu’est un Fléreur, Weasley.

Louise venait tout juste d’atterrir quand elle sentit le changement d’ambiance. Elle vit les deux garçons face à face, visiblement prêts à s’emporter.

— Qu’est-ce que vous faites ? lança-t-elle en avançant vers eux.

Ron recula à peine. Drago croisa les bras.

— Rien. Ton ami veut juste me dire comment je dois me comporter avec toi. Je ne savais pas que tu avais besoin d’un chaperon.

— Oh, ça suffit, tous les deux ! coupa-t-elle. On est ici pour apprendre. Pas pour jouer les coqs.

Madame Bibine arriva à cet instant, son sifflet entre les dents.

— Assez parlé ! Miss Potter, retournez dans les airs et montrez-leur le virage des Comètes. Mr Potter, enchaînez ensuite avec une descente rapide. Les autres, observez. Et vous deux, dit-elle en fusillant Ron et Drago du regard, gardez vos pieds au sol ou je vous cloue les balais.

Louise soupira, prit de l’élan, et s’envola de nouveau.

Elle effectua le virage demandé avec une telle aisance que même les Gryffondor applaudirent sans réfléchir. Son balai semblait être le prolongement de son corps.

Elle ne voulait pas impressionner.

Elle voulait voler.

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