Serpentard contre Serdaigle
Les gradins du stade de Quidditch étaient pleins à craquer. Une mer d’écharpes vertes et bleues agitait l’air froid du matin, ponctuée de cris, de rires et de paris chuchotés à la sauvette. L’automne mordait les joues, mais l’excitation réchauffait les cœurs.
Louise Potter était déjà dans les vestiaires, sa tenue vert sombre impeccable, ses gants serrés jusqu’aux poignets. Ses cheveux étaient attachés haut, un éclat d’argent dans la tresse : un petit ruban que Narcissa Malefoy lui avait offert "pour porter chance".
Face à elle, Marcus Flint, le capitaine de Serpentard, passait les joueurs en revue avec son air habituellement bourru.
— On ne laisse rien passer. Montrez-leur qu’on domine cette saison dès le premier match. Louise, toi…
Elle releva les yeux.
— Attrape-moi ce Vif. C’est ton terrain maintenant. Fais-les douter. Et surtout, fais-les taire.
Louise hocha la tête. Elle n'avait pas besoin qu’on lui répète à quel point ce match comptait. Elle savait qu’elle était attendue au tournant.
Dans les gradins, Lee Jordan s’éclaircissait la gorge. À sa droite, le professeur McGonagall gardait déjà un œil vigilant sur le micro magique.
— Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenue au premier match de la saison de Quidditch de Poudlard ! Aujourd’hui, Serpentard affronte Serdaigle, et... ouais, je sais, ce n’est pas Gryffondor, mais on a quand même un peu de spectacle prévu.
McGonagall leva un sourcil.
— Je plaisante, prof.
Les équipes firent leur entrée dans le stade sous les cris et les applaudissements. Lorsque Louise apparut, montée sur son balai Éclair de Lune — modèle rare, rapide, élégant — un grondement d’admiration monta des tribunes. Même les élèves de Serdaigle applaudirent brièvement.
— Et voici, en tant qu’attrapeuse de Serpentard, Louise Potter ! Eh oui, vous avez bien entendu. Potter. Comme le Potter. Mais en Serpentard. Et croyez-moi, cette fille vole comme un phénix avec une mission.
Le sifflet retentit. Le match commença.
Les Cognards sifflèrent entre les balais, les poursuiveurs de chaque camp s’affrontèrent avec une intensité brutale. Flint mena la charge côté Serpentard, tandis que la capitaine de Serdaigle, Cho Chang, esquivait avec une grâce féline.
Mais tout le monde avait les yeux fixés sur deux petits points dorés dans le ciel.
Le Vif… et Louise Potter.
Louise se tenait à une trentaine de mètres d’altitude, les yeux plissés contre le vent. Elle tournoyait lentement, analysant, calculant, traquant.
Et soudain, elle plongea.
— Oh ! Et voilà Potter qui pique droit vers le sol, annonce Lee Jordan. Espérons qu’elle a vu le Vif… ou alors elle a perdu une lentille magique. Blague ! Je plaisante !
Mais elle avait bien vu quelque chose. Un éclat. Une illusion ?
Elle frôla la tête d’un poursuiveur de Serdaigle, ignora les cris derrière elle, ignora même le Cognard qui la frôla de quelques centimètres.
Elle zigzagua entre deux balais, remonta à la verticale, puis effectua un virage serré à 180 degrés.
— Par Merlin, mais qu’est-ce que c’était que ça ?! s’écria Lee. Elle vient de faire un renversement-dans-le-renversement ! Vous avez vu ça ?! Miss Potter est une vraie furie ailée !
Le Vif apparut à nouveau, juste au-dessus des anneaux. Mais il était loin, haut, rapide.
Louise remonta, corps presque allongé sur son balai. Les tribunes retinrent leur souffle.
Et tout à coup, elle lâcha les deux mains.
Une seconde. Deux.
Juste assez pour réajuster son angle, plonger en piqué, et refermer ses doigts sur le Vif d’or avec une précision spectaculaire.
— ELLE L’A EU !!! rugit Lee Jordan, débordant de joie malgré ses couleurs Gryffondor. LOUISE POTTER A ATTRAPÉ LE VIF D’OR POUR SERPENTARD !!!
Les gradins explosèrent. Même certains Gryffondor applaudirent, emportés par l’exploit.
Marcus Flint la souleva dans les airs comme une plume en rugissant de fierté. Rogue, depuis la tribune des professeurs, esquissa un mince sourire satisfait.
Et dans un coin, Harry souriait aussi. Il n’y avait aucune jalousie. Juste de la fierté pure.
Louise descendit lentement, le cœur battant, le Vif vibrant encore dans sa main.
Drago l’attendait au bord du terrain. Il ne dit rien. Il n’eut pas besoin.
Ses yeux parlaient pour lui.
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