Silences sous la surface

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Le matin suivant fut d’un calme presque pesant.

Louise ouvrit les yeux dans le dortoir des filles de Serpentard, baigné d’une lumière verte pâle qui filtrait depuis le lac. La surface de l’eau dansait paresseusement au plafond, projetant des ombres mouvantes sur la pierre.

Elle resta allongée quelques instants.

Pas à cause de la fatigue, mais à cause de ce qu’elle ressentait dans sa poitrine : un nœud. Comme une inquiétude sourde qu’elle ne pouvait ni nommer ni ignorer.

Mais elle ne dit rien.

Elle se leva avec sa grâce habituelle, prit soin de nouer ses cheveux, s’habilla sans bruit, et rejoignit la salle commune avec un visage parfaitement lisse.

— Bien dormi ? lui lança Daphné Greengrass.

— Oui, répondit-elle sans hésitation.

Elle s’installa dans un fauteuil, croisa les jambes, ouvrit un livre. De l’extérieur, elle était inchangée. Impressionnante de calme.

Même Drago, en l’apercevant, ne remarqua rien d’inhabituel. Il la salua d’un simple regard, plus long que d’habitude, peut-être — mais il ne dit rien.

La journée reprit son cours.

Cours de soins aux créatures magiques, puis étude des runes anciennes. Louise répondit brillamment à toutes les questions, sans jamais donner l’impression qu’elle réfléchissait trop. Sa voix était claire, assurée. Comme d’habitude.

Même Hermione, qui l’observait de loin pendant le cours de runes, chuchota à Harry :

— Elle est impressionnante. Elle ne semble jamais fatiguée.

Harry acquiesça sans répondre. Il avait remarqué, lui aussi, à quel point Louise paraissait… en contrôle.

Au déjeuner, dans la Grande Salle, elle plaisanta avec quelques premières années de Serpentard venus lui demander des conseils de vol. Drago lui lança un regard en coin en la voyant rire doucement avec eux.

Ron, de loin, l’observait aussi.

Mais personne — personne — ne devina qu’elle n’avait presque pas dormi, et que son rêve de la nuit précédente la hantait à chaque battement de cœur.

À chaque fois qu’elle croisait Ron, ou Drago, ou Harry, une partie d’elle se revoyait dans ce couloir brumeux. Cette main tendue. Ce choix muet. Et derrière tout cela, l’éclat rouge des yeux de Voldemort, toujours là, tapi dans un coin de son esprit.

Mais elle se l’interdisait.

Penser à tout cela, c’était risquer de céder. De laisser transparaître quelque chose.

Et Louise Potter ne cédait pas.

Le soir, dans le silence de la salle commune, elle écrivit quelques lignes dans un carnet fermé par sort. Ce n’était ni un journal intime ni un carnet d’émotions — juste quelques mots, griffonnés pour ne pas exploser.

"Si je choisis… est-ce que je perds l’autre ?
Et s’il est déjà trop tard… pourquoi ai-je si peur de dormir à nouveau ?"

Elle referma le carnet, murmura un sort de protection, et le rangea.

Puis elle éteignit la lumière.

Et, dans le noir, elle se força à respirer lentement, très lentement.

Le silence, sous la surface, tenait toujours.

Mais pour combien de temps encore ?

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