Affrontements et fanfaronnade
Le froid s’était abattu sur Poudlard comme une malédiction. Les couloirs paraissaient plus sombres que jamais, et chaque élève marchait en silence, jetant des regards nerveux autour de lui.
Depuis l’attaque d’Hermione, plus personne ne doutait que la Chambre des Secrets avait bien été rouverte. Les plus jeunes pleuraient à la moindre porte qui grinçait, les préfets faisaient des rondes, et les professeurs semblaient aux aguets.
Sauf un.
Gilderoy Lockhart.
— Je vous l’ai dit, mes chers amis, clamait-il en traversant la Grande Salle en robe turquoise, j’ai affronté bien pire que ça dans les cryptes d’Akanisha. Un basilic au souffle de soufre, très dangereux ! Mais j’ai triomphé, bien sûr.
Louise, assise à la table des Serpentard, leva les yeux au ciel.
Drago, à côté d’elle, ricana.
— Il est encore pire que les histoires de mon père sur ses années à Poudlard. Et c’est dire.
Louise esquissa un sourire, mais ne répondit pas.
Harry, à la table des Gryffondor, serrait les dents. Il n’avait aucune envie d’écouter Lockhart raconter pour la quatrième fois comment il avait vaincu une goule malaisée avec un simple peigne magique.
Mais le professeur n’avait pas fini.
— Je songe à organiser une expédition personnelle dans les cachots. Si le monstre se terre là-dessous, il ne fera pas long feu. Qui de mieux placé que moi, après tout ? Un auteur à succès et un défenseur du bien !
Fred Weasley souffla à son frère :
— J’espère juste qu’il se perdra en route.
Plus tard, entre deux cours, dans un couloir vide près des escaliers mouvants, Drago Malfoy surgit devant Harry.
Louise n’était pas loin — elle venait de tourner dans un autre couloir, mais les deux garçons ne le savaient pas.
— Potter, gronda Drago, on peut parler ?
Harry leva les yeux, agacé.
— J’ai pas envie de t’écouter, Malfoy.
Mais Drago s’approcha, le regard brûlant d’agacement.
— Tu veux jouer au héros, c’est ça ? Depuis que Granger a été attaquée, tu fais comme si tu étais le seul à comprendre ce qui se passe. T’as pas remarqué que tu n’es pas le seul concerné ?
Harry fronça les sourcils.
— De quoi tu parles ?
— Tu te colles à Louise, tu l’interroges, tu lui tournes autour. Tu crois qu’elle te dit tout, Potter ? Tu crois que tu la connais ?
Harry le fusilla du regard.
— Je la connais mieux que toi.
Drago grimaça, son poing se serrant.
— Ah oui ? C’est drôle, parce que moi je vois surtout qu’elle te ment. Elle t’écoute, elle te sourit… mais elle ne t’a rien dit sur ce qu’elle ressent. Rien sur ce qu’elle entend. Rien sur ce qu’elle cache.
Il s’interrompit, trop tard.
Harry le fixa, glacé.
— Elle t’a parlé des voix, alors.
Drago croisa les bras, sans répondre. Mais son silence confirmait tout.
— Alors c’est ça, souffla Harry. T’es jaloux.
Drago eut un rire sec, sans joie.
— Crois ce que tu veux, Potter. Mais si elle doit choisir… tu risques d’être très déçu.
Et il tourna les talons.
Au loin, dans l’ombre, Louise avait tout entendu.
Elle resta immobile, figée, son cœur battant.
Elle ne savait pas quoi penser. Harry et Drago… Elle les aimait différemment. L’un était son frère, son pilier. L’autre… elle ne savait pas encore ce qu’il était pour elle. Mais elle sentait que le gouffre entre eux s’élargissait. Et qu’un jour… il lui faudrait choisir.
Mais pas encore.
Pas maintenant.
Elle inspira profondément, et sortit de l’ombre.
Le cours suivant l’attendait. Encore un cours de Lockhart — ce qui, étrangement, était presque une distraction face à ce qu’elle portait en elle.
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