Fêlures

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Elle se réveilla en sursaut, haletante.

Le dortoir était plongé dans le noir, mais sa peau était glacée de sueur. La respiration des autres filles de Serpentard rythmait le silence paisible de la nuit.

Sauf qu’en elle, rien n’était paisible.

Elle venait de voir… des murs couverts de sang. Un grondement sourd. Une grande porte de pierre, qui s’ouvrait dans un râle. Une voix qui disait :

« Le sang des traîtres… le sang des indignes… »

Et dans un éclat aveuglant, elle s’était vue elle-même… mais avec les yeux rouges.

Elle s’assit lentement sur son lit.

Puis se leva, prit sa robe de sorcière, sa baguette, et quitta le dortoir sans bruit.

La bibliothèque était vide.

Madame Pince avait fermé les rideaux, mais Louise se glissa dans un coin sombre, alluma sa baguette d’un « Lumos » à peine murmuré, et se mit à chercher.

Livres sur les secrets de Poudlard.

Livres sur les malédictions anciennes.

Sur les langues disparues.

Rien.

Elle feuilletait sans lire. Le texte dansait sous ses yeux. Les lettres semblaient se déformer. Sa cicatrice la picotait sans cesse.

Elle chercha encore. En vain.

Une heure plus tard, elle referma brutalement un épais volume poussiéreux.

C’est inutile.

Elle n’y comprenait rien.

Et pourtant, elle savait que ce qu’elle vivait n’était pas une simple coïncidence.

Elle sentait un lien entre ces voix… et elle-même.

Elle le sentait dans ses os. Dans son sang.

Les jours suivants, les voix se firent plus fortes.

Des chuchotements dans les couloirs. Dans les murs. Parfois même pendant les cours.

« Tue... tue... laisse-moi sortir... »

Elle serrait les dents.

Parlait moins.

Dormait peu.

Et peu à peu… elle s’éloigna.

Un matin, Drago l’observa longuement pendant qu’elle picorait à peine son petit déjeuner.

— T’as mauvaise mine, lui dit-il à voix basse.

— Je vais bien.

— Louise… je te connais. Tu ne vas pas bien. Qu’est-ce qui se passe ?

Elle tourna vers lui un regard froid, presque vide.

— Occupe-toi de tes affaires, Drago.

Il resta figé. Elle s’était rarement montrée aussi sèche. Il baissa les yeux, blessé, sans comprendre.

Harry, lui, vint la voir le soir même, devant les cachots, alors qu’elle sortait seule d’un cours de potions.

— Louise ! Attends-moi deux secondes.

Elle s’arrêta, soupira profondément. Il avait ce regard inquiet qu’elle connaissait trop bien.

— Je sais que t’entends toujours les voix.

— Et alors ?

— Tu t’éloignes de tout le monde, tu parles à peine à Drago, à moi, même Ron…

— J’ai besoin d’être tranquille, Harry.

— Mais tu peux pas faire ça ! On est là, on veut t’aider !

Elle s’arrêta net, se tourna vers lui, et siffla :

Aider ? Tu ne peux pas m’aider, Harry. Tu ne comprends même pas ce que je ressens !

Il recula d’un pas, surpris par la fureur soudaine dans sa voix.

— Mais je suis ton frère…

— Justement ! Et tu n’as pas la moindre idée de ce que c’est d’être moi !

Un silence. Un lourd silence.

Elle le regarda encore un instant, les yeux brillants d’un mélange de colère et de confusion, puis tourna les talons et partit sans se retourner.

Ce soir-là, dans son lit, Louise sentit les larmes lui monter aux yeux… mais elles ne tombèrent pas.

Elle avait trop peur qu’en pleurant… elle craque.

Et si elle craquait, elle ne serait plus capable de se retenir.

Et dans la nuit, les voix revinrent.

Plus proches.

Plus douces.

« Viens… viens… tu sauras enfin… »

Et cette fois, elle ne s’éveilla pas.

Elle sourit… dans son sommeil.

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