L'appel

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La neige s’était installée sur Poudlard, recouvrant les toits de ses tours d’un silence glacé.
Mais dans l’esprit de Louise, le silence n’existait plus depuis longtemps.

« Viens… viens à moi… »

Au début, elle s’était accrochée. Elle s’était débattue. Elle s’était dit que c’était de la folie.
Mais maintenant…
Maintenant, elle voulait comprendre.

Dans les couloirs, elle ne marchait plus tout à fait comme avant.
Elle glissait. Discrète.
Ses yeux, autrefois brillants de curiosité ou d’ironie, semblaient voilés par une concentration lointaine.

Même Rogue, qui l’observait parfois en silence depuis le fond de la salle de potions, la regardait désormais avec une vigilance silencieuse, presque nerveuse.
Il n’avait rien dit. Mais il savait.

Drago l’avait abordée deux fois cette semaine.
— Tu vas bien ?
Elle avait répondu d’un ton neutre.
— Je suis juste fatiguée.

Mais elle ne l’avait pas regardé dans les yeux.

Harry, de son côté, avait aussi tenté de renouer.
— Louise, écoute, on peut en parler, tu n’as pas à—
— Je ne suis pas une enfant, Harry. J’ai le droit d’avoir mes pensées à moi.

Et elle s’était éloignée, le laissant seul avec sa frustration.

Ron, qui s’était approché timidement pour dire quelque chose, s’était figé sous son regard dur.
Même Hermione, toujours à l’infirmerie, ne recevait plus de lettre.

La nuit, elle sortait.

Sans bruit. Pieds nus sur le froid de la pierre.
Sa baguette à la main.
Guidée par une voix qui semblait de plus en plus familière.

Elle traversait des escaliers, descendait des couloirs sombres, longeait les cachots.
Parfois, elle s’arrêtait. Écoutait.
La voix était plus forte ici. Dans les entrailles du château.

« Tu es prête. Tu es née pour savoir… »

Elle ne comprenait pas les mots, pas encore.
Mais elle comprenait le sens.
Et chaque nuit, l’appel devenait plus clair.

Un soir, elle trouva un couloir vide près d’une statue oubliée de sorcier barbu.
Elle s’arrêta, le cœur battant.

Sa cicatrice la brûla si fort qu’elle mit un genou à terre.

Et là, la voix s’imposa, nette, glacée, presque douce.

« Le sang… ouvre la voie. Le sang ancien… »

Elle ferma les yeux. Sa main toucha le mur.
Un instant, elle crut sentir une vibration sous ses doigts.
Comme un cœur de pierre qui battait lentement.

Et soudain, une fissure légère courut le long de la pierre.

Elle recula, haletante.

Mais ne dit rien.

Le lendemain matin, elle revint à la réalité avec difficulté.
En cours de métamorphose, elle resta silencieuse, le regard vide.
Professeur McGonagall s’approcha d’elle.

— Miss Potter, tout va bien ?

— Oui, professeur, répondit-elle d’une voix calme.

Mais Drago, deux rangées plus loin, ne la croyait pas.
Il ne reconnaissait ni sa voix, ni sa façon de se tenir.
Louise avait toujours été vive, tendue, parfois effrontée.
Mais là…
Elle semblait plus calme qu’elle ne l’avait jamais été.
Et pourtant, jamais elle ne lui avait semblé aussi lointaine.

Cette nuit-là, elle rêva à nouveau.

Pas d’un lieu.
Mais d’un visage.

Pâle, sans nez.
Des yeux rouges flamboyants.
Et un murmure tout près de son oreille :

« Tu me connais déjà, Louise. Tu m’as toujours connu. »

Elle se réveilla, le souffle court, les draps en sueur.

Et cette fois, elle n’était plus effrayée.

Elle était curieuse.

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