Un Noël pour deux
La salle commune des Serpentard était vide.
Plus de rires, plus de regards en coin, plus d’élèves bavards ou prétentieux.
Le silence n’était brisé que par le crépitement paresseux du feu dans la cheminée verte.
Louise descendit les escaliers de pierre d’un pas lent, emmitouflée dans un large pull vert sombre, les cheveux encore un peu en bataille.
Elle s’attendait à ne trouver personne.
Mais Drago était là.
Assis sur l’un des canapés en cuir vert foncé, un plaid posé sur les genoux, il tenait une boîte brillante dans ses mains, l’air aussi nerveux que concentré.
Quand il la vit, il redressa un peu les épaules.
— Joyeux Noël, dit-il simplement.
Elle resta un instant immobile, surprise.
— Joyeux Noël, répondit-elle doucement, touchée par sa présence.
— J’ai attendu que tu descendes pour ouvrir les cadeaux. Je me suis dit… que ce serait plus sympa à deux.
Elle sourit, sincèrement, pour la première fois depuis plusieurs jours.
— Merci. C’est… gentil.
Elle s’approcha, s’assit à côté de lui. Les paquets étaient là, soigneusement empilés.
Il y en avait plus qu’elle ne l’avait imaginé.
Un paquet rectangulaire au papier froissé portait l’écriture appliquée de Hermione.
Un petit coffret orné de rubans maladroits, sûrement de Ron.
Un paquet qui brillait de mille couleurs, signé Fred et George.
Un autre, lourd, de Lee Jordan, accompagné d’une carte griffonnée :
« T’as battu notre équipe mais t’es quand même super cool. »
Et puis, un paquet très carré, ordinaire, brun, sans carte, qu’elle reconnut aussitôt :
Les Dursley.
Elle soupira. Ils lui avaient envoyé… une vieille paire de chaussettes trouées. Classique.
Mais ce n’était rien comparé à ce qui se trouvait sous tous les autres.
Un petit paquet soigneusement emballé, noué avec un ruban vert et argent.
— C’est de moi, dit Drago sans la regarder.
Louise resta un instant à l’observer, puis prit délicatement le paquet et l’ouvrit.
À l’intérieur, il y avait un collier fin, argenté, dont le pendentif représentait un petit serpent aux yeux d’émeraude, enroulé autour d’une pierre noire lisse.
Elle resta figée.
— C’est une obsidienne, dit-il, un peu vite. C’est censé protéger des cauchemars… et des influences extérieures. Ma mère en portait une, quand elle était à Poudlard.
Louise leva les yeux vers lui. Il ne la regardait toujours pas, les doigts noués devant lui, comme s’il regrettait déjà ce geste.
— Merci, Drago. Il est magnifique.
Elle accrocha doucement le collier à son cou. Le serpent brillait légèrement sous la lumière verte.
Il la regarda alors, brièvement, et haussa les épaules.
— Je savais pas si t’allais aimer… Tu n’es pas toujours facile à cerner.
Elle eut un petit rire discret.
— C’est pour ça que tu m’aimes bien, non ?
Il détourna le regard, esquissant un sourire.
Un silence s’installa, doux, mais pas gênant.
Elle ouvrit le paquet d’Hermione – un livre évidemment.
Celui de Ron contenait des Chocogrenouilles… et une carte où il avait griffonné :
« Joyeux Noël, j’espère que t’as pas tout mangé avant de lire ça ! »
Fred et George lui avaient offert… une poudre de farces avec un mot :
« À utiliser contre ton frère. Ou Rogue. À ta discrétion. »
Elle rit malgré elle.
Le colis de Lee Jordan contenait un petit set miniature de balais de Quidditch… avec des figurines animées.
Et celui d’Harry, enfin, était simple, mais touchant : une écharpe tricotée, rouge et or.
Elle la serra doucement contre elle, sans rien dire.
Quand tous les paquets furent ouverts, Drago la regarda longuement.
— T’as pas demandé pourquoi j’ai vraiment pas voulu rentrer chez moi.
Elle tourna la tête vers lui.
— Tu me le diras si tu veux. Pas parce que je te pose la question.
Il parut soulagé.
— Je te le dirai un jour.
Puis il se leva.
— Viens, on va marcher un peu dans le parc. Il n’y aura personne. Et… j’ai besoin d’air.
Louise attrapa son manteau.
— J’arrive.
Mais avant de le suivre, elle effleura le pendentif autour de son cou.
Et, pour la première fois depuis plusieurs semaines, la voix dans sa tête se tut.
Juste pour un instant.
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