Le serpent sous les pierres
Le vent soufflait fort sur les vitres de la tour où Louise s’était réfugiée. Ses mains tremblaient légèrement tandis qu’elle relisait pour la cinquième fois le même paragraphe, griffonné à la hâte sur un vieux parchemin.
« Le Basilic, roi des serpents, tue d’un simple regard. Il se déplace dans les ombres, se cache dans les murs. Seul un Fourchelangue peut l’appeler. »
Ses pensées fusaient. Tout collait : les attaques, les yeux figés, la peur qui grandissait dans le château. Les voix qu’elle entendait…
C’était un serpent. Un gigantesque, ancien, terrifiant serpent.
Un basilic.
Elle rassembla ses affaires, serra le parchemin dans sa poche et descendit les escaliers en courant. Le château semblait plus sombre que d’habitude, comme si les pierres elles-mêmes frissonnaient sous la menace qui rampait en leur cœur.
Elle trouva Harry près de la salle commune des Gryffondor, seul, les bras croisés, l’air tendu. Il leva les yeux lorsqu’il la vit.
— Louise ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle ne répondit pas tout de suite. Elle regarda autour d’eux, puis l’entraîna un peu à l’écart, dans un coin calme.
— Je sais ce que c’est, Harry. Le monstre. Celui de la Chambre des Secrets.
Il fronça les sourcils.
— Tu es sûre ?
— Oui. C’est un basilic. Ça explique tout. Les regards figés, la voix en Fourchelangue… Et surtout, pourquoi toi et moi sommes les seuls à entendre la voix. Parce qu’on comprend sa langue.
Harry parut choqué, mais pas surpris. Il hocha lentement la tête.
— Ça… ça a du sens. Mais alors… il est où ? Comment il se déplace ?
— Dans les canalisations. C’est pour ça que personne ne l’a vu. Mais on peut le trouver. Si on descend là-dedans… on peut le trouver.
— Attends… descendre dans les canalisations ?
— C’est risqué, je sais. Mais on n’a pas le choix. Ginny a disparu. Les attaques se rapprochent. On ne peut pas attendre que quelqu’un d’autre le fasse à notre place.
Harry inspira profondément, le visage plus sérieux que jamais.
— D’accord. Mais on n’y va pas seuls. Ron doit venir. C’est sa sœur.
Louise acquiesça et partit immédiatement le chercher. Elle le trouva dans la grande salle, assis seul à une table, un sandwich entamé à la main.
— Ron.
Il releva les yeux, aussitôt en alerte. Il vit l’intensité dans son regard et posa son repas.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as trouvé quelque chose ?
Louise s’approcha, baissant un peu la voix.
— On pense avoir compris. C’est un basilic. Il se déplace dans les canalisations. Harry et moi voulons descendre… voir si on peut retrouver la Chambre. On veut que tu viennes avec nous.
Ron cligna plusieurs fois des yeux.
— Tu… tu veux que je vienne ?
Elle hocha la tête.
— Ginny est ta sœur. Tu devrais être là.
Ron se leva aussitôt.
— Je viens. Évidemment que je viens.
Un sourire naquit sur le visage de Louise, fugitif, mais sincère.
— Ce soir. On se retrouve à minuit près des toilettes de Mimi Geignarde.
Ils ne remarquèrent pas l’ombre dans l’embrasure de la porte. Drago, immobile, silencieux, avait tout entendu.
Le cœur battant, il recula lentement dans l’obscurité du couloir.
Louise.
Elle allait faire quelque chose de dangereux. Très dangereux.
Et elle ne lui avait rien dit.
Il sentit une chaleur familière naître dans sa poitrine : de la jalousie, oui — mais surtout, de l’inquiétude. Il ne pouvait pas la laisser y aller seule avec Potter et Weasley.
Alors, sans un mot, il disparut dans l’ombre du couloir.
Il serait là, ce soir.
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