La porte s'ouvre

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Les couloirs du château semblaient retenir leur souffle.

Il faisait sombre, et un silence inquiétant s'étendait entre les murs. Le couvre-feu était passé depuis longtemps, et seuls quelques tableaux assoupis bougonnaient dans leur sommeil alors que trois silhouettes glissaient rapidement le long des murs.

Louise, encapuchonnée, menait la marche. Elle jetait des regards nerveux autour d’elle.
Harry et Ron la suivaient de près.

— Tu es sûre que Mimi a dit que c’était ici ? murmura Harry.
— Oui, répondit Louise. J’ai comparé avec d’anciens plans, et tout indique que les canalisations passent sous ses toilettes. C’est l’endroit.

Ils s’arrêtèrent devant la porte grinçante des toilettes des filles du premier étage. À cette heure-là, personne n’osait s’y aventurer.

Louise poussa lentement la porte.

Un gémissement lugubre s’éleva, suivi d’un petit plouf triste : Mimi Geignarde était perchée au-dessus d’un lavabo, les pieds dans l’air, l’air boudeur.

— Oh, encore vous ? Vous n’avez rien de mieux à faire que de déranger une pauvre âme en peine ?

— On est désolés, dit doucement Louise. Mais c’est important.

Mimi leva les yeux au ciel puis les braqua sur elle.

— Tu veux encore savoir comment je suis morte ?

Louise hocha la tête.

— J’ai entendu un bruit… un garçon… et puis deux grands yeux jaunes, là, dans cette canalisation, dit-elle en pointant le lavabo en dessous d’elle. Et ensuite… je suis morte.

Ron déglutit.

— C’est bien ce que je pensais, souffla Louise. Elle est morte en regardant le Basilic droit dans les yeux.

— Le quoi ? fit Mimi, offusquée.

Mais Louise s’agenouillait déjà devant le lavabo. Elle suivait du doigt les tuyaux, l’émail, et…
— Là, dit-elle. Tu vois ce symbole ? C’est une gravure en forme de serpent.

Harry s’agenouilla à son tour.
— Je crois que je dois parler… comme la dernière fois.

Louise recula.

Harry prit une inspiration. Son regard se fixa sur le symbole, puis, d’une voix sifflante, étrange, inhumaine :
Ouvre-toi.

Le lavabo trembla. Un grondement sourd se fit entendre, les canalisations vibrèrent, et dans un fracas terrifiant, le lavabo s’ouvrit comme un gouffre circulaire.

Ron recula d’un bond.

— Tu es sûr que tu veux y descendre ? demanda-t-il.

Louise s’approcha du bord. L’odeur était nauséabonde, mais elle ne vacilla pas.

— Je suis déjà allée plus bas que ça, murmura-t-elle.

Elle s’assit sur le bord, se laissa glisser, et disparut.

Harry la suivit. Puis Ron, avec un grognement.

Dans le couloir désert, une ombre avait tout vu.

Drago Malefoy, resté à distance, s’approcha lentement du lavabo. Le sol était encore tiède sous ses pas. Il n’aurait pas dû être là. Il ne comprenait pas ce qu’ils faisaient. Il ne comprenait pas pourquoi Louise lui avait menti.

Mais il ne pouvait pas les laisser aller seuls.

Il avança à son tour et observa le gouffre sombre.

— Tu ne fais vraiment pas ça, Drago…, se murmura-t-il.

Et il sauta.

La descente fut longue. Très longue.

Louise atterrit dans une immense canalisation recouverte de boue visqueuse. Elle grimaça.
Harry tomba à côté d’elle. Puis Ron.

Ils se redressèrent avec difficulté, observant les murs ronds, humides, glissants.
— C’est comme un tunnel de serpent géant, murmura Ron.

— Ça l’est probablement, répondit Louise. Il faut suivre les traces… là.

Ils avancèrent dans le silence, baguettes levées, sur leurs gardes. À chaque détour, Louise sentait sa cicatrice palpiter.

Elle ne dit rien.

Drago, tombé quelques minutes plus tard, atterrit à l’écart, hors de leur vue. Il jura doucement, mais il entendait leurs voix. Il se mit à les suivre, prudemment.

— Si je meurs pour cette fille, râla-t-il entre ses dents, ce sera ta faute, Potter.

Un sifflement retentit. Long. Étrange. Glacial.

Louise s’arrêta net. Sa cicatrice la brûlait.
— Il est proche… murmura-t-elle.

Puis, au détour du tunnel, ils virent une forme massive… une immense mue de serpent, longue de six mètres, desséchée. Ron recula, paniqué.

— Je… je commence à regretter cette idée.

Mais Louise marchait déjà devant. Elle sentait le sol vibrer.

Plus loin, ils arrivèrent devant une porte sculptée de serpents de pierre.

Harry s’avança. Il souffla quelque chose en Fourchelangue.

Les serpents s’animèrent, glissèrent lentement, et la porte s’ouvrit avec un grondement de caverne.

Louise déglutit.

La Chambre des Secrets s’ouvrait devant eux.

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