Sous les projecteurs
Le tunnel de pierre s’effondrait derrière eux.
Louise, encore affaiblie par l’impact du sort de Jedusor, était soutenue de chaque côté par Ron et Drago, chacun tenant un de ses bras. Harry, portant Ginny sur son dos, ouvrait la marche, guidé par la lumière vacillante de sa baguette.
Le retour fut plus long qu’à l’aller. Les couloirs humides semblaient s’étirer, comme pour les retenir. Mais ils avançaient, poussés par l’adrénaline et le soulagement d’être tous en vie.
Louise peinait à garder les yeux ouverts. Sa cicatrice lui brûlait encore légèrement, mais elle n’avait pas la force d’y penser.
— T’inquiète pas, souffla Ron en la tenant plus fermement, tu vas aller à l’infirmerie. Madame Pomfresh va te remettre sur pied.
— Elle peut pas tout soigner, grogna Drago à voix basse, mais elle peut au moins la laisser se reposer.
Louise voulut protester, dire qu’elle pouvait marcher seule, mais ses jambes flageolaient sous elle. Alors, pour une fois, elle accepta le soutien.
Quand ils débouchèrent enfin dans les toilettes de Mimi Geignarde, la lumière du château leur parut irréelle.
Le chaos les attendait au pied des escaliers menant à l’infirmerie.
Des professeurs accouraient de toutes parts — McGonagall, Filius Flitwick, Chourave, même Lockhart (qui, étrangement, semblait très confus sur qui il était).
Et surtout, Dumbledore, droit, grave, mais le regard empli d’un soulagement discret en voyant Harry, Louise, Ron, Drago et Ginny en vie.
— Amenez-la immédiatement à l’infirmerie, ordonna-t-il.
Et Ron et Drago, sans un mot, transportèrent Louise à travers les couloirs, soutenue comme une princesse blessée entre les bras de deux garçons que tout opposait… sauf elle.
À l’infirmerie, Madame Pomfresh s’activa immédiatement. Elle installa Ginny et Louise sur deux lits séparés, leur donna des potions brûlantes et enveloppa Louise d’un drap chaud jusqu’au menton.
Harry, Ron et Drago furent priés de sortir. Drago protesta, mais Madame Pomfresh ne céda pas.
— Elle a besoin de repos. Et toi aussi, jeune homme.
Louise entendit sa voix résonner faiblement dans la pièce :
— Je veux juste m’assurer qu’elle va bien.
— Elle va bien. Va boire une potion de sommeil. Ou dix.
Louise dormit profondément.
Elle rêva de serpents, de miroirs, de cicatrices, de voix sombres et de deux mains différentes qui l’avaient soutenue sans jamais la lâcher.
Le lendemain matin, elle se réveilla doucement, les muscles encore tendus, mais la douleur plus supportable. Ginny, dans le lit voisin, dormait encore.
Quand elle se leva pour sortir, vêtue d’une chemise de nuit propre, elle ouvrit la porte de l’infirmerie… et fut aussitôt aveuglée par des flashs.
— LOUISE ! Une photo ! Par ici !
— Est-il vrai que vous avez affronté Vous-Savez-Qui ?
— Un mot pour La Gazette du Sorcier ?
— Comment vous sentez-vous ?
— Étiez-vous seule ou avec Harry ?
— Le Basilic ! Avez-vous vu le Basilic ?
— Est-ce vrai que vous êtes tombée inconsciente dans les bras de Drago Malefoy ?
— Est-il vrai que vous êtes ensemble ?
Louise recula d’un pas, abasourdie. Une dizaine de journalistes étaient là, accompagnés de photographes en furie, des plumes à papote frémissantes en main.
Elle leva la main pour calmer le tumulte, tentant de garder contenance malgré la panique montante.
— Euh… Je… merci à tous, mais je ne donnerai aucune déclaration officielle pour le moment.
— Juste une question ! supplia une journaliste à lunettes rondes. Avez-vous un petit ami ?!
La question tomba comme un sort dans la pièce.
Tous les regards se braquèrent sur elle.
Louise sentit le rouge lui monter aux joues. Elle jeta un coup d’œil furtif derrière elle. Pas de Harry. Pas de Ron. Pas de Drago.
Alors elle inspira profondément… et dit d’un ton clair, mais fuyant :
— Oui. J’ai… un petit ami.
Un murmure s’éleva. Les plumes s’agitèrent.
— Qui est-ce ? s’écrièrent plusieurs voix.
Mais Louise recula, esquissa un sourire presque espiègle, et répondit calmement :
— Je préfère garder ça… pour moi.
Et sur ces mots, elle referma doucement la porte de l’infirmerie derrière elle, le cœur battant à tout rompre.
Annotations