Avant le départ
Le Poudlard Express soufflait doucement sur le quai. Les locomotives rouge et or étaient prêtes à emmener les élèves loin du château, vers l'été, vers leurs familles.
La plupart des élèves riaient, saluaient les professeurs ou échangeaient des derniers biscuits de Bertie Crochue.
Louise referma lentement sa malle, le cœur un peu serré. Elle savait qu’elle reverrait Poudlard, évidemment. Mais cette année-là, si pleine de mystères, de peur, de liens nouveaux… avait laissé une empreinte indélébile.
Elle entendit un toussotement maladroit dans son dos.
— Euh… Louise ?
Elle se retourna. C'était Ron, mains dans les poches, l'air un peu plus grand que d'habitude, comme s’il voulait avoir l’air sérieux.
— Tu voulais me parler ? demanda-t-elle gentiment.
Il hocha la tête, mal à l’aise.
— Ouais. Enfin. Rien d’important. Juste… je voulais pas partir comme ça, sans rien te dire.
Un silence. Puis il reprit, plus vite :
— Cette année a été dingue. Et je crois que j’ai pas vraiment su comment… gérer tout ça. Tu sais, tout ce que t’as fait. Le Basilic. Tom Jedusor. Et puis, les… trucs avec Drago.
Louise baissa les yeux, touchée.
— Je sais que c’était étrange pour toi.
— Non, c’est pas ça. Enfin si. Un peu. Mais je voulais surtout te dire que… bah, même si c’est pas toujours facile, t’es toujours mon amie.
Louise leva les yeux vers lui, surprise.
— Ton amie ?
Ron rougit jusqu’à la racine des cheveux.
— Ouais. Bon. T’es aussi la sœur de mon meilleur ami, et t’es… t’es spéciale. Pas juste célèbre, tu vois ? Tu fais partie de ces gens qu’on oublie pas. Même si parfois j’aurais préféré que tu me regardes un peu plus...
Il se mordit la lèvre. Un rire s’échappa doucement de Louise.
— Ron Weasley, tu es bien plus direct que tu ne veux le montrer.
— Je t’aime bien, voilà, lâcha-t-il, les oreilles cramoisies. Même si tu préfères quelqu’un d’autre.
Elle s’approcha, déposa un petit baiser sur sa joue, ce qui le figea net.
— Moi aussi je t’aime bien, Ron. Tu es loyal, drôle, et bien plus courageux que tu ne le crois. J’espère qu’on restera proches.
— Ouais... ouais, moi aussi.
Elle lui sourit, attrapa sa malle et commença à la rouler vers le train. Il la suivit sans un mot, encore un peu rouge.
Quand ils arrivèrent près de la porte du compartiment, Drago Malefoy descendit à ce moment-là, sûrement pour l’aider. Son regard croisa celui de Ron, et quelque chose d’indéfinissable passa entre eux.
Pas de haine, pas de provocation. Juste une acceptation silencieuse.
Louise se tourna une dernière fois vers Ron.
— Passe de bonnes vacances, Ron. On se revoit bientôt, d’accord ?
Il hocha la tête, les mains toujours dans les poches.
— Ouais… À bientôt, Louise.
Elle monta dans le train.
Ron resta là un instant, puis regarda la locomotive s’éloigner lentement dans la lumière dorée de l’été.
Un sourire un peu triste se dessina sur ses lèvres.
— C’est pas pour cette année... mais peut-être un jour, murmura-t-il pour lui-même.
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