Retour au Malefoy
Le Poudlard Express sifflait à pleins poumons alors qu’il s’immobilisait lentement dans un nuage de vapeur sur le quai neuf trois-quarts. Les élèves se bousculaient pour attraper leurs valises, les hiboux hululaient depuis les cages bringuebalantes, et les familles appelaient les prénoms avec excitation.
Louise descendit du train aux côtés de Drago, sa malle flottant juste derrière eux, guidée d’un petit coup de baguette discret.
L’air tiède et lourd de Londres contrastait avec la fraîcheur du compartiment, mais cela n’empêcha pas la jeune fille de respirer profondément. L’odeur de la ville mêlée à celle du métal et du charbon — le début des vacances.
— On y est, dit-elle doucement.
— Et on s’en va déjà, répondit Drago avec un demi-sourire.
Leur complicité s’était renforcée au fil de l’année, même si elle était parfois entrecoupée de silences, de non-dits, de jalousies à demi masquées. Mais là, à ce moment précis, ils semblaient en paix.
Louise repéra aussitôt les silhouettes élégantes de Lucius et Narcissa Malefoy, debout à l’écart, comme toujours. Leur présence n'était plus impressionnante pour elle — elle avait passé tout un été dans leur manoir, l’an passé. Elle connaissait les règles, les silences, les regards.
Narcissa eut un sourire lorsqu’elle vit son fils et Louise approcher.
— Bonjour, Louise, dit-elle simplement. Tu as l’air en bonne santé.
— Merci, Madame Malefoy. Je suis ravie de vous revoir.
Lucius, lui, se contenta d’un hochement de tête respectueux, mais poli. Drago échangea quelques mots avec lui à voix basse — des banalités, sans doute, ou des instructions pour les jours à venir.
— Les elfes ont préparé ta chambre comme tu l’aimes, Louise, ajouta Narcissa. Et j’ai demandé à ce qu’on vous laisse de l’intimité. Vous êtes grands, maintenant.
Louise la remercia d’un regard. Ce n’était pas une autorisation officielle, mais c’en était une, à sa manière.
Ils se dirigèrent vers la sortie du quai, où un portoloin les attendait, dissimulé derrière une pile de caisses magiques. Avant de le prendre, Louise regarda une dernière fois en arrière, à la recherche de Harry — mais toujours pas de trace de lui.
— Il arrivera bientôt, murmura-t-elle plus pour elle-même.
— Tu lui manques, dit Drago sans la regarder.
Elle tourna la tête vers lui, surprise.
— Comment tu sais ça ?
Il haussa les épaules.
— Je le vois dans ses yeux. Mais il sait que tu as choisi. Même si ça le ronge un peu.
Louise ne répondit pas. Elle saisit le portoloin, aux côtés de Drago et de ses parents. En un battement de cœur, le quai disparut dans une lumière étincelante.
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