CHAPITRE 3

17 minutes de lecture

LAYLA AÏDARA DIAGNE.

Nous sommes jeudi aujourd'hui.

C'est un jour important pour moi, car je dois me rendre à l'université pour la visite médicale, une étape obligatoire avant la finalisation de mon inscription.

Je suis encore profondément endormie lorsque j'entends quelqu'un frapper doucement à la porte de ma chambre.

— Layla...

La voix de Karim traverse la porte.

Je remue légèrement sous les draps, encore à moitié plongée dans le sommeil.

— Réveille-toi, habiba. Il est l'heure de la prière de Fajr.

Sa voix est douce mais ferme, comme toujours lorsqu'il s'agit de la prière.

Je me redresse lentement dans mon lit, les yeux encore lourds, puis je me lève. L'air frais du matin me réveille un peu plus tandis que je me dirige vers la salle de bain.

Je prends rapidement une douche pour me rafraîchir, puis je fais mes ablutions avec soin. L'eau froide sur mon visage finit de chasser les dernières traces de sommeil.

Une fois prête, j'enfile une djellaba confortable et je pose mon voile sur ma tête.

Je rejoins ensuite Karim dans le salon.

Comme à son habitude, il a déjà tout préparé. Les tapis de prière sont soigneusement étalés sur le sol, orientés vers la qibla. La lumière du petit matin traverse légèrement les rideaux, donnant à la pièce une atmosphère calme et paisible.

Nous nous mettons en place.

Karim dirige la prière, et je le suis derrière lui.

La tranquillité de ce moment me fait du bien. Dans le silence du matin, seules nos voix récitant les versets se font entendre.

Après la prière, Karim lève les mains pour faire des douas. Je fais de même, demandant à Allah de bénir cette nouvelle étape de ma vie, de me faciliter mes études et de protéger ma famille restée à Saint-Louis.

Une fois les invocations terminées, Karim replie son tapis.

— Je retourne me reposer un peu.

Il disparaît dans sa chambre.

Moi aussi je retourne dans la mienne, mais je décide de ne pas me rendormir. J'ai trop de choses à faire et je veux arriver tôt à l'université.

Je me prépare donc tranquillement.

Je choisis une belle abaya rose saumon, délicatement décorée de petites perles blanches qui brillent légèrement à la lumière. J'ajoute une ceinture blanche qui souligne élégamment la tenue.

Devant le miroir, je prends le temps de me coiffer. Je brosse mes cheveux soigneusement et les laisse tomber naturellement dans mon dos. Ensuite, je pose un voile blanc sur ma tête.

Pour le maquillage, je reste fidèle à ma simplicité habituelle.

Un peu de poudre pour illuminer le visage.

Un fin trait d'eye-liner pour souligner mon regard.

Et une légère touche de gloss sur les lèvres.

Je me regarde une dernière fois dans le miroir.

Parfait.

Je sors de la chambre et me dirige vers la cuisine.

L'odeur du café me donne déjà envie de prendre un bon petit-déjeuner avant de partir. Je prends du pain de chasse que je tartine généreusement de Nutella. Ensuite, je prépare un café noir pour Karim et un café au lait pour moi.

Je pose le tout sur la table du salon.

Quelques minutes plus tard, Karim me rejoint.

— Sabah el kheir, habiba. Il s'assoit à table.

Je lui souris.

— Sabah an noor, akhy. Répondis-je toute douce

Nous commençons à manger tranquillement.

Après quelques instants, Karim me regarde avec un air pensif.

— Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'accompagne ?

Il prend une gorgée de café avant de continuer.

— L'université n'est pas toujours très sûre... et puis tu viens d'arriver en ville. "Khamo fi dara". Tu ne connais encore rien ici.

Je lève les yeux vers lui avec un petit sourire amusé.

— Mais arrête, frérot.

Je prends une bouchée de mon pain avant de continuer.

—Tu te doutes bien que je sais me débrouiller. Et puis... "sakh borom lamigne dou reer". Tant que j'ai ma bouche pour parler, je ne me perdrai jamais.

Karim secoue la tête en riant.

— Bon... "yalla" d'accord. De toute façon, je fais confiance à ta langue bien pendue.

Je lui tire la langue de manière enfantine.

— Na na na na...

Nous éclatons de rire.

Nous terminons tranquillement le petit-déjeuner. Ensuite, je retourne dans ma chambre pour prendre mes affaires. J'enfile mes chaussures, attrape mon sac à main et vérifie rapidement que je n'ai rien oublié.

Lorsque je reviens dans le salon, Karim est déjà près de la porte.

— Alors, tu es prête ?

—Oui.

— D'accord... descendons.

Nous sortons de l'appartement et descendons les escaliers de l'immeuble. Une fois dehors, l'air du matin est encore frais et les rues commencent tout juste à s'animer.

Karim arrête un taxi pour moi.

Avant que je monte, il pose une main rassurante sur mon épaule.

— Bonne chance, habiba.

Puis il murmure quelques prières pour moi.

Ses paroles me touchent profondément.

Je lui souris avant d'ouvrir la portière du taxi.

Une nouvelle journée commence.

Durant le trajet, je ne fais que regarder au tour de moi toujours aussi impressionnée par cette ville.

_ "Sama doome aksi negn" . On est arrivé ma fille. Me dit le taximan en me sortant de mes pensées.

_ Merci monsieur. Fis-je d'une petite voix .

Lorsque le taxi s'arrête enfin devant l'entrée, je paie la course et descends lentement.

Je me retrouve face à ce gigantesque établissement.

L'université.

Je reste quelques secondes immobile sur le trottoir, le regard posé sur les grands bâtiments qui s'étendent devant moi. Les murs semblent presque intimidants, comme s'ils portaient en eux des milliers d'histoires, de rêves et de sacrifices.

Autour de moi, des étudiants entrent et sortent dans tous les sens. Certains discutent en riant, d'autres marchent d'un pas pressé, des dossiers serrés contre la poitrine.

Je prends une profonde inspiration.

Pendant un instant, un mélange étrange d'excitation et de trac s'empare de moi.

C'est ici que tout commence.

Je murmure doucement :

— Bismillah.

Puis je franchis le grand portail principal.

À l'intérieur, il y a énormément de monde. La cour est pleine d'étudiants venus pour différentes démarches administratives. Des groupes se forment ici et là, certains cherchent leur chemin, d'autres semblent déjà parfaitement à l'aise dans cet immense espace.

Moi, je reste quelques secondes plantée là.

Je ne sais absolument pas par où commencer.

Je commence à avancer un peu au hasard, essayant de ne pas paraître trop perdue. Mes yeux balayent les bâtiments, les panneaux, les allées. J'observe tout avec curiosité, comme si je voulais mémoriser chaque détail.

Les grands pavillons, les arbres qui bordent certaines allées, les bancs occupés par des étudiants plongés dans leurs discussions...

Tout est nouveau pour moi.

Je marche encore quelques mètres avant de décider qu'il serait plus raisonnable de demander mon chemin.

C'est à ce moment-là que j'entends une voix masculine juste devant moi.

Un jeune homme parle à un passant.

— Excusez-moi, s'il vous plaît... le service médical, c'est par où ?

Le passant lui explique rapidement l'itinéraire, pointant du doigt un bâtiment un peu plus loin.

Je tends discrètement l'oreille.

Service médical.

Exactement ce que je cherche.

Sans réfléchir davantage, je décide de suivre le jeune homme à quelques mètres de distance. Je fais semblant de regarder autour de moi pour ne pas donner l'impression que je le suis, mais en réalité je garde constamment un œil sur lui.

Il marche d'un pas assuré, visiblement pressé.

Moi, je m'efforce de ne pas le perdre de vue.

Nous traversons une allée, puis une autre, avant d'arriver enfin devant un bâtiment où plusieurs étudiants semblent déjà rassemblés.

Et là...

Je comprends immédiatement.

Une immense file d'attente s'étire devant la porte.

Un rang si long qu'on dirait presque qu'il ne finit jamais.

Je soupire intérieurement.

Je m'approche d'une étudiante qui se tient près de l'entrée.

— Excuse-moi... c'est bien ici pour la visite médicale ?

Elle hoche la tête.

— Oui, c'est ici.

Elle me montre une feuille posée sur une petite table.

— Tu dois écrire ton prénom sur la liste.

Je m'avance, prends le stylo et inscris mon prénom sur la feuille.

Puis je rejoins la fin de la file.

Très loin derrière tout le monde.

Je croise les bras et me prépare mentalement à attendre.

...

Les minutes passent...

Puis les heures...

La file d'attente est vraiment interminable.

Je suis arrivée avant huit heures du matin, pleine de motivation et persuadée que tout irait vite.

Mais maintenant, je regarde l'heure sur mon téléphone.

Presque dix heures.

Et le rang semble avancer à la vitesse d'un escargot.

Je soupire bruyamment. Je commence sérieusement à m'impatienter. Et comme si ce n'était pas suffisant... mon estomac commence à protester.

La faim se fait sentir. Je grimace légèrement.

Oui, je sais...

Je pense souvent à la nourriture.

Mais franchement, deux heures debout sans manger... c'est une épreuve.

Heureusement, pendant cette longue attente, je fais la connaissance d'une fille qui se trouve juste devant moi dans la file.

Elle s'appelle Khadija Diallo.

Une fille très gentille, avec un visage doux et de grosses joues adorables qui lui donnent un air particulièrement sympathique.

Très vite, nous commençons à discuter.

Comme moi, elle est venue pour la visite médicale... et comme moi, elle va intégrer la faculté de médecine.

La conversation devient rapidement agréable.

Nous parlons de nos villes d'origine, de nos études, de nos inquiétudes face à cette nouvelle vie universitaire.

À force de discuter, le temps semble passer un peu plus vite.

Avant de nous en rendre compte, nous échangeons même nos contacts.

Il y a de fortes chances que nous soyons amenées à nous revoir souvent.

Après tout, nous allons suivre le même parcours.

Aux alentours de midi, alors que je commence vraiment à fatiguer, j'entends enfin une voix appeler mon prénom.

Je sursaute légèrement.

— Layla Aïdara Diagne !

C'est mon tour.

Je salue rapidement Khadija avant de m'avancer vers la porte.

J'entre dans la salle où se déroule la visite médicale.

L'intérieur est simple : un bureau, quelques chaises et du matériel médical.

Une infirmière me fait signe d'approcher.

Tout va très vite.

On me prends d'abord ma taille. Puis mon poids. Ensuite, on prend ma tension artérielle.

Le médecin me pose ensuite quelques questions rapides sur ma santé, mes antécédents médicaux et si je prends des médicaments.

Je réponds tranquillement.

Quelques minutes plus tard...

C'est terminé. Je reste un instant debout, un peu surprise.

C'est fini ?

C'était seulement ça ?

Je cligne des yeux.

— C'est bon, vous pouvez y aller, me dit le médecin.

Je sors de la salle, légèrement amusée.

Après toute cette attente...

La visite n'aura duré que quelques minutes.

Vraiment ?

Je secoue la tête en souriant.

Tout ça pour ça...

Maintenant que la visite médicale est terminée, il est grand temps de m'occuper d'un problème bien plus urgent.

Mon estomac ! Il crie presque famine.

Je sors du bâtiment en me rappelant soudain que, sur le chemin de tout à l'heure, j'avais aperçu une rangée de petites boutiques et de cantines alignées le long de la route.

C'est parfait. Je traverse la cour et me dirige vers la sortie principale.

Quelques minutes plus tard, j'arrive devant les cantines. Plusieurs petites échoppes sont installées côte à côte, chacune avec ses odeurs de friture et ses clients qui attendent leur tour. L'air est rempli de parfums de nourriture chaude qui réveillent encore plus mon appétit.

Je reste quelques instants debout à observer les différentes options.

Je regarde une cantine. Puis une autre. Je compare rapidement les plats proposés.

Finalement, mon regard s'arrête sur ce qui ressemble à un petit fast-food. Une pancarte est accrochée au mur avec le menu et les prix écrits à la main.

Je m'approche. Mes yeux parcourent la liste. Brochettes. Sandwichs. Fatayas.

Mon choix est vite fait.

— Bonjour, je voudrais un fataya complet, dis-je au vendeur.

Il hoche la tête.

— Sept cents francs.

Je passe ma commande et m'écarte légèrement pour attendre. Quelques minutes plus tard, il me tend mon encas soigneusement emballé dans du papier.

Je paie et me retourne aussitôt.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver un endroit tranquille pour manger.

Et là...Mission presque impossible.

Partout où je regarde, il y a du monde. Des étudiants discutent debout, d'autres sont assis en groupes sur les murets, certains marchent en riant à travers la cour.

Mes yeux parcourent les alentours à la recherche d'un coin calme.

Mais rien. Absolument rien.

Je soupire.

Bon...

Je prends une grande inspiration. À ce stade, mon estomac est prêt à déclarer la guerre.

Je décide donc de prendre mon courage à deux mains et de m'asseoir quelque part avant de tomber dans les pommes.

Je repère finalement un banc en face des pavillons. Sans réfléchir davantage, je m'y installe. J'ouvre mon encas et prends la première bouchée. Le goût chaud et épicé du fataya envahit ma bouche. Je mâche lentement, appréciant enfin ce moment.

Un petit sourire apparaît sur mes lèvres.

Ce n'est pas mal, deh...

Après avoir terminé, je me lève et achète une bouteille d'eau dans une petite boutique à côté. Je bois plusieurs gorgées, sentant enfin mon énergie revenir.

Maintenant que mon estomac est satisfait, je décide de profiter de l'occasion pour explorer un peu les lieux. Je veux voir à quoi ressemble ma faculté.

Après tout, c'est ici que je vais passer les prochaines années de ma vie.

Je me mets donc en route.

Cette fois-ci, je demande mon chemin à un étudiant qui passe près de moi.

Il m'indique la direction de la faculté.

Je le remercie et suis les indications qu'il m'a données.

Après quelques minutes de marche, j'arrive devant un joli jardin. Des arbres et des plantes entourent l'entrée, donnant à l'endroit une atmosphère calme et agréable.

Un panneau se dresse juste devant.

Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontologie.

Je reste quelques secondes à lire les mots.

Mon cœur bat légèrement plus vite.

Ça y est...

Je franchis l'entrée du jardin.

Je marche lentement, observant les bâtiments autour de moi. L'endroit est vaste, avec un couloirs qui mènent vers les amphithéâtres et les salles de classe.

À travers les portes ouvertes, j'aperçois de grands amphithéâtres avec des rangées de sièges qui descendent vers l'estrade du professeur.

Je continue à avancer, curieuse, regardant partout autour de moi comme une enfant qui découvre un nouvel univers.

Tout est nouveau. Tout est impressionnant.

Je marche encore, les yeux occupés à observer les bâtiments et les étudiants qui passent.

Tellement occupée à regarder autour de moi que...

Je ne vois pas ce qui se trouve juste devant.

Et soudain...

Je percute quelque chose.

Ou plutôt...Quelqu'un.

Le choc est assez brusque pour me faire perdre l'équilibre.

Je sens mon corps basculer vers l'arrière et, pendant une fraction de seconde, je suis persuadée que je vais m'étaler par terre.

Mais au moment même où je vacille, deux mains fermes se referment autour de ma taille.

Elles me retiennent juste à temps.

Mon cœur rate un battement.

Je relève lentement les yeux.

— Eh bien dis donc...

Sa voix est amusée.

— On dirait que mademoiselle m'a rendu la monnaie. Maintenant, on est quitte.

Cette voix...

Elle me semble étrangement familière.

Je me redresse aussitôt, encore un peu surprise, et je lève les yeux vers celui qui me tient toujours.

Et là...

Je le reconnais immédiatement. Lui !

Le garçon du marché.

Le même sourire tranquille, le même regard confiant.

— Cette fois-ci, ajoute-t-il en souriant, c'est toi qui m'es rentrée dedans.

Je cligne des yeux, un peu gênée.

— Quoi ? Toi ? Je me redresse complètement. Excuse-moi... je n'ai vraiment pas fait attention.

Il laisse échapper un petit rire.

Un rire chaleureux, presque contagieux.

— Oui, moi. Il retire enfin ses mains de ma taille mais reste devant moi.

Au fait, pour information... je m'appelle Ismaïla Malick Fall.

Il incline légèrement la tête.

— Et ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave.

Je le regarde quelques secondes avant de poser la question qui me vient spontanément.

— Tu fais quoi ici ?

Il lève un sourcil, amusé.

— Tu pourrais te présenter d'abord quand même.

Je réalise aussitôt mon manque de politesse.

— Oh... oui, désolée.

Je me redresse légèrement.

— Je m'appelle Layla Aïdara Diagne.

Un sourire apparaît immédiatement sur son visage.

— Layla...Il répète mon prénom doucement. Quel charmant prénom... comme celle qui le porte.

Je sens mes joues chauffer légèrement.

— Merci beaucoup, dis-je d'une petite voix.

Je me ressaisis rapidement.

— Alors... tu fais quoi ici ?

Il croise les bras tranquillement.

— Je suis étudiant ici. Département de Pharmacologie en Master 1. Dit-il en désignant les bâtiments autour de nous.

Puis il me regarde.

— Et toi ?

— Je viens d'arriver... je suis étudiante en médecine.

Son sourire s'élargit.

— Ah... intéressant.

Il hoche la tête.

— Alors on sera sûrement amenés à se voir souvent.

— J'imagine que oui..., dis-je légèrement gênée.

Je n'arrive pas vraiment à soutenir son regard.

Quelque chose dans sa présence me déstabilise.

Je prends enfin le temps de vraiment l'observer.

Et là...Je comprends immédiatement pourquoi il attire l'attention.

Ismaïla est grand. Très grand. Presque la même taille que mon frère Karim. Sa posture est droite, assurée, comme quelqu'un qui sait exactement où il va.

Sa peau noire a un éclat particulier sous la lumière, un teint profond et lumineux qui met encore plus en valeur les traits parfaitement dessinés de son visage.

Son corps est solide, bien bâti. Sous son t-shirt blanc légèrement ajusté, on devine une carrure athlétique. Il porte un pantalon à pince noir simple, mais ce qui attire surtout l'attention, c'est la blouse blanche qu'il a jetée sur ses épaules.

On dirait qu'il sort tout droit d'un laboratoire.

Son visage est... impressionnant.

Une mâchoire bien dessinée. Des yeux sombres, calmes mais incroyablement expressifs. Lorsqu'il sourit, une rangée de dents parfaitement alignées apparaît, éclatante.

Et ses lèvres...

Naturellement rosées.

Un sourire chaleureux, presque irrésistible.

Le genre d'homme qui incarne parfaitement l'image du Sénégalais charismatique.

Le genre d'homme que les gens remarquent immédiatement lorsqu'il entre dans une pièce.

— Tu viens ?

Sa voix me sort brutalement de mes pensées.

— Je peux te faire visiter la faculté.

Il jette un coup d'œil à sa montre.

— J'ai un peu de temps libre.

Je hoche la tête.

— D'accord... je te suis.

Et c'est ainsi que commence la visite.

Nous parcourons les différents bâtiments de la faculté. Les amphithéâtres, les salles de cours, les laboratoires... Ismaïla me montre tout avec une aisance naturelle, comme s'il connaissait chaque recoin de l'endroit.

Mais très vite, je remarque autre chose.

Partout où nous passons, les gens le saluent. Certains étudiants lui serrent la main avec respect.

D'autres lui adressent simplement un signe de tête admiratif.

Même quelques professeurs semblent le reconnaître.

— Ismaïla !

— Salam Malick !

— Comment ça va ?

Il répond à chacun avec le même sourire calme.

Et moi...Je marche à côté de lui en essayant de comprendre.

Il a l'air d'être connu de tout le monde. Respecté. Admiré.

Mais il reste simple. Accessible.

Et pendant ce temps...Je remarque aussi les regards.

Les regards des filles. Certaines me dévisagent ouvertement. D'autres murmurent entre elles.

Je ne comprends pas vraiment pourquoi.

Mais je préfère ne pas y penser.

Après avoir exploré presque tous les coins de la faculté, Ismaïla me raccompagne finalement devant le jardin par lequel j'étais entrée.

Il s'arrête et croise les bras.

— Alors ?

Il me regarde avec curiosité.

— Ça t'a plu ?

Il désigne les bâtiments derrière nous.

— Comment trouves-tu ton futur lieu de connaissances ?

Je souris, enthousiaste.

— Très bien, j'ai vraiment très hâte de commencer.

Je regarde autour de moi.

Il laisse échapper un petit rire.

— Hum...

Il me regarde avec un air taquin.

— On verra quand les cours commenceront vraiment. Il secoue légèrement la tête. Tu auras peut-être envie de fuir.

Je redresse la tête avec assurance.

— Tu seras surpris.

Je souris.

— Parce qu'il en faut beaucoup pour me décourager.

Je pointe les bâtiments.

— Je serai au taquet.

Il me regarde quelques secondes, visiblement amusé.

— D'accord... Incha Allah.

Il incline légèrement la tête.

— J'ai hâte de voir comment tu vas progresser.

— Incha Allah, dis-je avec un sourire.

Je regarde l'heure.

— Bon... je crois que je vais y aller maintenant.

Je le regarde.

— Merci pour la visite, c'était vraiment sympa.

Il hésite un instant.

Puis il se gratte légèrement la nuque.

— Euh... je...

Il sort son téléphone.

— Je peux prendre ton numéro ?

Il ajoute rapidement :

— Si tu es d'accord bien sûr. Comme ça, si tu reviens et que tu as besoin d'aide... je serai à ta disposition.

Je souris.

— Oui, bien sûr. Pas de problème.

Je prends son téléphone et tape mon numéro avant d'enregistrer mon contact.

Je lui rends l'appareil.

Je regarde l'écran du mien qui s'allume laissant paraître un appel entrant...

— Voilà le mien. Enregistre-le aussi.

Ce que je fais !

— Bon... j'y vais maintenant.

Je lui adresse un dernier sourire.

— Ravie de t'avoir revu, et merci encore.

Il hoche la tête.

— De rien, c'est gratuit. Puis il ajoute avec un petit sourire :

—Bon retour chez toi.

Je ris légèrement.

Je tourne finalement les talons et me dirige vers la sortie de l'université.

Lorsque je franchis le portail, je regarde l'heure.

Il est presque quinze heures.

La journée est passée beaucoup plus vite que je ne l'avais imaginé.

Je prends un taxi et rentre à l'appartement.

Dès mon arrivée, je me dirige directement vers la salle de bain pour prendre une douche. L'eau fraîche me détend immédiatement.

Je fais ensuite mes ablutions et rattrape mes prières.

La fatigue finit par me rattraper.

À peine allongée sur le lit...

Mes yeux se ferment presque aussitôt.

Et je m'endors profondément.

Vers dix huit heures je me réveille, je fais mes ablutions et rattrape la prière de Asr.

Ensuite je me dirige vers la cuisine pour préparer le dîner.

J'opte pour un poulet au four et des pommes de terre sautées avec un peu de sauce et de la mayonnaise.

Après une heure et quelques minutes, je termine de préparer le dîner.

Je m'installe au salon devant la télévision, je mets Nickelodéon et regarde la famille Loud .

Vers vingt et une heure j'entends la porte s'ouvrir, je saute sur mon frère qui vient de passer le seuil.

_ Tu m'as manqué aussi oukhty . Dit-il sur un ton câlin.

_ Pas plus qu'à moi frérot d'amour.

Je lui apporte un verre d'eau qu'il bu d'un trait

_ Moi: Allez vas te rafraîchir en attendant que je serve le dîner

_ Quoi ? Mais tu ne me racontes même pas ton aventure d'abord ? Fit-il sur un ton taquin.

_ Quoi quelle aventure ? Il n'y a rien à raconter c'était super ennuyeux.

Allez maintenant vas-y sinon je vais dîner sans toi

_ Gourmande va ! Dit-il avant de se lever.

Une trentaine de minutes plus tard, je le vois revenir tout frais . Je mets le dîner à chauffer en attendant que je prie mes dernières heures de prière ensuite je mets la table et sert .

Nous dînons comme toujours dans une bonne ambiance. Il a finalement réussit à me faire raconter ma journée, il fait de même et son travail est vraiment fascinant.

Après être rassasié, il retourne dans sa chambre en marmottant qu'il est très fatigué, il me souhaite une bonne nuit avant d'y aller.

Je débarrasse la table et je fais la vaisselle...

Je m'en vais dans ma chambre, je défait mon lit et m'apprête à me coucher quand je reçois un message Whatsapp

<< COUCOU TOI, J'ESPÈRE QUE TU VAS BIEN ?J'AI PAS EU LE TEMPS DE TE DEMANDER SI T'ÉTAIS BIEN RENTRÉE >>

Effectivement il est un peu tard. Il est zarbi lui !

<< OUI SALUT ISMAÏLA, JE VAIS BIEN ALHAMDOULILAH JE N'AI PAS EU DE PROBLÈME SUR LA ROUTE SANTE ALLAH ! T'EN FAIS PAS MERCI DE T'INQUIÉTER >>

Je trouve ça gentil de sa part alors ça ne coute rien de répondre.

<<ALHAMDOULILAH ALORS JE T'EN PRIE ALLEZ BONNE NUIT JE NE TE DÉRANGE PAS PLUS LONGTEMPS >>

<< MERCI PAREILLEMENT BISOU >>

Je mets mon téléphone à charger et m'endors rapidement.

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