Chp 33 : Varhun
Je me suis trompée sur Kristie. Je lui ai prêté des intentions qu’elle n’avait pas, incapable – une fois de plus – de discerner ses véritables sentiments. Quel idiot je fais… Urtza comme Rani ont raison : je suis peut-être le meilleur chasseur du clan, mais quand il s’agit de lire le cœur d’une femelle, je suis plus naïf qu’un hennël.
Je me suis trompé sur toute la ligne. Ce n’était pas de l’inquiétude, ce que j’ai vu dans ces yeux à chaque fois qu’elle me regardait… mais du désir.
Car Kristie est comme moi. Elle aussi échouait à lire mon cœur. Et elle aussi dissimulait sa faiblesse sous la fierté.
Sauf qu’elle m’appartient, maintenant. Elle a demandé à se lier à moi, pour toujours… et elle veut que je la ramène au clan. Ce que je fais, la portant dans mes bras, les poignets attachés. C’est la tradition. Je dois la ramener comme une proie pour qu’on officialise ma prise. Sinon, n’importe quel autre chasseur pourra la balancer sur son épaule et la revendiquer comme sienne. Azorth, par exemple. C’est ce que j’explique à Kristie, un peu embarrassé.
— Je suis désolé. Pour moi, tu es bien plus qu’une proie, une captive. Tu le sais.
Kristie presse sa joue contre ma poitrine.
— Je le sais, Varhun. Et je l’accepte. Parce que c’est toi… uniquement parce que c’est toi.
Mon cœur brûle lorsque je l’entends parler comme ça. Elle me fait confiance, malgré tout ce qui s’est passé, et la différence de nos deux cultures… mais il y a encore une chose que je dois lui dire.
— Je te suis reconnaissant d’accepter ainsi nos coutumes, afin qu’on puisse enfin être ensemble, toi et moi, lui dis-je, la voix rendue un peu rauque par l’appréhension. Mais ce n’est que le début… il y a une autre chose que je dois absolument faire avant de te ramener à la grotte.
Kristie relève ses grands yeux noirs sur moi. La façon dont elle me regarde, à la fois confiante et défiante, renforce mon désir.
— Quoi donc, Rhun ?
— Je… je dois t’enduire de mon luith, grogné-je, à la fois gêné et excité.
Mais Kristie me sourit. Et son sourire est charmeur, invitant. Ses lèvres pulpeuses s’entrouvrent, alors qu’elle murmure :
— J’aime ton odeur, Rhun. J’aime ton goût. C’est un très beau cadeau, pour moi.
Quelle plus belle déclaration d’amour peut-on faire à un ædhel que celle-là ? Mon cœur bondit de joie en l’entendant affirmer sa faim de moi. Kristie aime le goût de mon musc, mon odeur. C’est le plus beau des compliments, et une louange qui m’excite terriblement.
Elle veut ma semence partout sur elle… elle va l’avoir. Et tous verront qu’elle m’appartient exclusivement.
Je la pose au sol le plus délicatement possible, tentant de maîtriser ma hâte. Mon instinct me hurle de la baiser sauvagement ici même, puis de la reprendre dans mes bras pour m’envoler avec elle, loin, très loin du clan et des mâles rivaux, et de la garder dans une grotte isolée, rien que pour moi. Mais je parviens à museler la bête. Ma double queue est devenue plus dure que de la pierre, prête à s’enfoncer dans les chairs tendres de ma promise. Ce n’est pas le moment… pas encore.
En voyant mon sexe dressé vers elle, raide et luisant de désir, Kristie rougit. Ses longs cils papillonnent, ses yeux sans cesse attirés par ce qu’elle essaie de ne pas regarder. Je sais que la taille d’une double queue ældienne est impressionnante pour elle. Mais je sais également que cette vue lui plaît. Sa timidité, et aussi son envie, me font sourire. Surtout, elles font écho à mon propre désir.
— Tu peux prendre le luith toi-même, si tu veux, lui proposé-je, la voix de plus en plus rauque.
Mais elle secoue la tête.
— Non, dit-elle en me braquant son regard provoquant sur moi. Je veux que tu me fasses comme tu ferais à une femelle ældienne, que tu aurais capturée dans la forêt.
— Je n’aurais capturé aucune autre femelle que toi, réponds-je dans un souffle. Je t’attendais, Kris. Pendant tout ce temps. Tu es mon as-ellyn, celle qui m’était destiné.
— Alors prouve-le moi. Avec ton corps, dit-elle en écartant les longs cheveux défaits qui cachaient ses seins.
Sa voix profonde, la façon dont ses prunelles de feu me fixent, alors qu’elle se dresse fièrement devant moi, attachée, nue mais toujours insoumise… Je ne me le fais pas dire deux fois.
— À genoux, grogné-je d’un murmure bas, prêt à éjecter mon sperme à tout moment.
Kristie s’exécute, sans jamais me quitter des yeux. Je saisis ma queue raide dans ma main. Je l’ai à peine touchée qu’un premier jet jaillit, droit sur sa poitrine offerte. Puis un deuxième, encore plus puissant, vient couvrir ses cheveux de semence chaude. Enfin, son ventre, ses cuisses… et ses lèvres.
— Ouvre la bouche. Il faut que le luith soit partout sur toi, en toi.
La petite langue rose de Kristie pointe le long de sa lèvre pulpeuse, et elle lèche la crème qui y coule avec gourmandise. La plupart des femelles apprécient le goût du luith. Mais voir Kristie, une humaine, se régaler du mien me conforte dans mon choix.
C’était elle. Et nulle autre. Elle la raison pour laquelle j’ai attendu tout ce temps. Ma plus belle conquête.
Je m’approche d’elle et la relève doucement, avant de la coller contre mon corps. Nos langues se trouvent, se mêlent. Je dévore sa bouche au goût sucré en poussant des grognements de rut. Ma queue se presse contre elle, cherche l’entrée de sa chair tendre et chaude. Et lorsque je la soulève dans mes bras, une main sur ses fesses et l’autre dans son dos pour la soutenir, Kristie réplique en enroulant ses cuisses musclées autour de moi… une poussée de mes hanches, une seule, et je serais à l’intérieur d’elle, dans son sanctuaire pour l’instant inviolé.
— Rhun, gémit-elle. J’en peux plus.
— Patience, réussis-je à gronder dans son cou en me retenant d’y planter mes dents. Je vais te donner ma queue tout à l’heure, dans la grotte, devant tous.
— Les deux, murmure-t-elle, férale. Je veux les deux. En même temps.
— Tu les auras, lui promets-je, la voix étouffée par l’émotion.
J’ai tellement envie de la faire mienne maintenant… mais il faut que les autres mâles assistent à ma prise de femelle. Sans cela, ils considèreront Kristie comme appartenant à tous. Surtout Azorth. Il faut qu’il me voie planter mes crocs dans sa gorge, et déverser mon luith en elle.
Alors, je parviens à me détacher d’elle. Kristie pousse un soupir déchirant. Je sais que le luith met les femelles en chaleur, et leur impose une envie de luxure qui les dévore de l’intérieur, comme un animal affamé. Kris ne sera pas calmée tant qu’elle n’aura pas été comblée plusieurs fois, et vigoureusement.
— Je te ramène au clan, murmuré-je en la balançant à nouveau sur mon épaule.
Ma main se cale sur ses fesses charnues. Ces fesses que j’ai fouettées, rougies de mes griffes… Mes doigts effleurent ses lèvres intimes, gonflées et humides de désir. Elle gémit, grogne, et mords vicieusement la base de mon panache avec ses dents. Une véritable ældienne !
— Du calme, femelle, dis-je en tapotant tendrement son cul. Tu n’as plus longtemps à attendre.
Ma main descend sous ses genoux pour la stabiliser, puis j’ouvre mes ailes et décolle. On sera plus vite arrivés ainsi.
Je retrouve le sol à l’orée de la clairière, à quelques mètres de la caverne. À la vue des chasseurs massés à l’entrée, leurs captives à leurs pieds, un réflexe de possessivité me saisit. Je discerne Sayul, capturée par Turyk, et la cousine de Kristie, contre le corps musclé de Khrorr. Quant à Lira… elle est agenouillée devant l’ard-æl, qui me regarde avec un demi-sourire conquérant, ses yeux bleu glacier braqués sur moi.
Azorth. Il m’a juré en faisant couler son sang qu’il me laissait Kris, mais était-il sincère ? J’ai encore une chance d’éviter le risque que Kristie ne soit saillie par mon frère en premier. Il me suffit de m’envoler dans une caverne inatteignable et de la baiser là, jusqu’à ce qu’elle mette au monde mes petits. Mais je veux que mon as-ellyn soit reconnue par le clan, qu’elle bénéficie de tout le confort possible. Si mon frère ose revendiquer ma femelle, il perdra son titre … et sa vie.
Je dépose délicatement Kristie, la tournant face au clan afin que tous puissent voir ses poignets liés, et surtout, le luith irisé qui tache ses cheveux, ses seins, sa bouche, son ventre et ses cuisses. En voyant les chasseurs renifler et reconnaître mon odeur, une immense fierté m’envahit. J’ai trouvé ma femelle. Je ne suis plus un mâle célibataire. Je vais m’accoupler, produire une descendance. Et surtout… Kristie, la femelle de mes rêves, est ici, dans mes bras, enduite de mon luith, prête à être saillie toute la nuit.
Je fais quelque pas devant elle. Me campe sur mes appuis, bombe le torse et écarte les bras dans une posture guerrière, griffes sorties.
— Ard-æl ! rugis-je d’une voix forte et grave. Je ramène cette humaine que j’ai capturée dans la forêt, mon as-ellyn. Je ferais d’elle ma femelle devant tout le clan, sous les trophées de nos guerriers et le regard de nos ancêtres !
Cette formule consacrée prend le clan à témoin, affirmant devant tous ma volonté d’initier Kristie moi-même, en lieu et place de l’ard-æl. Ce dernier doit accepter ma requête… ou la refuser.
Tous attendent, tournés vers mon frère.
Azorth ouvre la bouche, montrant ses crocs aiguisés dans une parodie de sourire. Puis son cri de victoire s’élève, s’élevant dans la nuit comme un défi.
— Prends ta femelle, mon frère, devant nous tous, en premier ! Puis nous procéderons à l’initiation des autres.
Je me tourne vers Kristie, qui me regarde attentivement.
— Viens, dis-je en la poussant avec douceur devant moi. Mon frère a officialisé notre union. C’est nous qui allons ouvrir le rituel de l’initiation.
— L’initiation ? murmure Kris en posant ses grands yeux bruns vers moi. Tu veux dire…
— Oui. Le moment est venu.
Urtza fend le rang des chasseurs et m’apporte le masque le plus sacré du clan, porté uniquement lors des initiations. Celui de notre mon père… un crâne de wyrm aux crocs féroces et aux cornes élaborées, qui, selon la légende, n’est personne d’autre que notre ancêtre, le dragon qui a enlevé et sailli l’ældienne qui a donné naissance à notre lignée, les urulædhil.
J’incline la tête devant cette extraordinaire marque de prestige et laisse Urtza poser le masque sur moi. Immédiatement, une puissance ancienne et terrible enflamme mes veines… accompagnée d’une soif de sexe comme j’en ai rarement connu. Je pousse un rugissement viril et féroce, puis saisit ma femelle dans mes bras.
Autour de moi, les mâles poussent des rugissements excités, impatients de me voir ouvrir le rituel, et de pouvoir s’accoupler à leur tour. Ils nous escortent jusqu’au nemed, au centre duquel Urtza a préparé une large plateforme garnie de fourrures. C’est là que l’ard-æl prend la virginité des femelles nouvellement intronisées du clan, une à une. Mais aujourd’hui, c’est moi qui vais passer le premier… avec Kristie. Un honneur rare, pour tous les deux.
Je pose le pied dans le cercle délimité par des pierres luminescentes et couche Kristie dans les fourrures, les mains toujours liées dans le dos. Autour de nous, les chasseurs se rassemblent, soudain silencieux.
À travers les yeux du masque, je la vois trembler.
— Tu as peur ?
Elle secoue la tête, courageuse.
— Non. Et toi ?
Un rictus conquérant apparait sous mon masque.
— C’est la plus belle nuit de ma vie, la consécration de ma vie de mâle. Je n’ai qu’une hâte : baiser enfin ce petit cul qui me rend fou depuis des semaines !
Kristie me regarde, les prunelles enflammées. Puis elle écarte lentement les cuisses, terriblement provocante. Elle sait qu’ils peuvent tous la voir, se repaître de sa beauté. Mais elle ne regarde que moi. C’est pour moi, et moi seul, qu’elle fait cela. Jamais aucune autre queue d’ædhel ne viendra souiller ce temple sacré qui est mien.
— Alors vas-y, chuinte-t-elle. Tu m’as promis deux très grosses queues, et la meilleure baise de ma vie… tu te souviens ? Il est temps de tenir ta parole, Rhun.
Quelle femelle… je n’ai jamais été aussi fier, aussi excité.
— Je te l’ai promis, ma beauté, et je vais t’offrir tout ça. Mais je dois te prendre par derrière. C’est la coutume. Tu te souviens de la position d’accouplement… réponds-je dans un murmure rauque.
Kristie me regarde, puis elle se retourne lentement, m’offrant son cul magnifique. J’ai l’impression que je vais exploser, tant le désir comprime mes deux verges et mes bourses.
Il faut que je la prenne. Maintenant. Tout le monde attend. Les fioritures, ce sera pour plus tard.
— Je vais te pénétrer, parvins-je à dire entre deux halètements. Tu es prête ?
Kristie répond en tendant encore plus sa croupe vers moi. Elle est parfaite, vraiment. Parfaite.
— Ça risque d’être douloureux au début. Prends une grande inspiration, et n’hésite pas à crier.
Elle ne répond rien. Mais je vois sa fente palpiter, prête à m’accueillir. Elle est minuscule, et promet des délices que bien des mâles vont m’envier. Mais seule ma queue va desceller cet antre tendre. Tout comme son autre porte ne s’ouvrira que pour moi.
Mon gland glisse le long de sa fente humide… et s’y enfonce lentement, alors que je perds toute conscience, laissant échapper un grondement de satisfaction bestial qui couvre le gémissement de Kristie.
Enfin. Elle est à moi. Et sa chatte serrée est meilleure que toutes celles que je n’ai jamais baisées.

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