Chapitre 13 : Quand tout s'arrête

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Je suis encore assise sur le sol.
Dos contre le mur.
Le cœur dans la gorge.

Et lui, il est là.
Anthony.
Le garçon populaire. Le sourire facile. Le regard qui fait chavirer toutes les filles du collège.

Mais moi, je le regarde autrement maintenant.

Je le vois… vraiment.

Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi avec lui, tout semble plus léger.
Comme si… pendant quelques secondes, je n’étais plus une grande sœur épuisée, une fille invisible, une ado sous pression.
Comme si j’étais juste moi.
Juste Belle.

Quand il me sourit, c’est comme si mes responsabilités s’envolaient.
Comme si j’avais le droit de respirer.

Je me surprends à détailler son visage.
Ses yeux, pas vraiment bleus, pas vraiment verts.
Sa mâchoire un peu tendue. Ses cils longs.
Et ce regard… ce regard qui ne juge pas.

Et soudain, une peur me serre le ventre.

J’ai tout dit.

Je me suis livrée.
J’ai pleuré.
Je lui ai raconté l’accouchement, mes nuits blanches, mes angoisses, mes faiblesses.

Et maintenant… il va avoir pitié.
Il va me regarder comme une fille fragile. Une pauvre petite. Une misérable.

Je baisse les yeux.

— J’aurais pas dû te raconter tout ça, je murmure.
— Quoi ?
— Je veux pas que tu me prennes en pitié.
Je serre les poings.
— Je déteste ça. Être faible. Me plaindre. M’effondrer.

Il se redresse un peu, me fait face.

— Tu veux que je te dise ce que j’ai vu, moi ?
Je relève les yeux, méfiante.

— J’ai vu une fille de quatorze ans faire ce qu’aucun adulte n’a été foutu de faire.
Il marque une pause.
— J’ai vu quelqu’un de fort. De courageux.
Et j’ai vu quelqu’un qui mérite qu’on l’aide.

Mon cœur fait une embardée.

— Je veux t’aider, Belle.
Il me regarde droit dans les yeux.
— Et je vais le faire. Pas parce que je te plains. Mais parce que…
(Il hésite. Il passe une main dans ses cheveux.)
— Parce que t’es quelqu’un de… bien. Et que tu mérites mieux que tout ça.

Je le fixe.
Et là, comme s’il ne s’était pas rendu compte de ce qu’il disait, il ajoute en baissant un peu les yeux :

— Et puis…
(Il sourit.)
— T’es mignonne quand tu t’inquiètes.

Mon cœur explose.

Je sens mes joues rougir.
Mais je souris. Vraiment.

C’est la première fois depuis… longtemps.

Il relève la tête, surpris lui-même par ses mots.
On se regarde.
Et quelque chose se passe.
Un silence. Une tension douce. Un battement entre deux mondes.

Nos visages se rapprochent.
Instinctivement.
Naturellement.

Et puis…

Nos lèvres se touchent.

Doucement.
Un baiser hésitant, tendre, presque irréel.

Mais réel.

Il est là.
Il est vrai.

Et pendant ce baiser, tout s’arrête.

Le monde. Le chaos. Les cris. Les devoirs. La fatigue.

Il ne reste que nous.

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