Chapitre 18 : Rien

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Je ne suis pas allé au collège aujourd’hui.
Ni hier.
Et sûrement pas demain non plus.

Je suis resté là, dans ma chambre, à regarder le plafond.
À ne rien faire.

J’ai même pas fermé l’œil cette nuit.
Je me suis repassé la scène encore et encore.
Sa voix.
Ses cris.
Ses insultes.

"Je te déteste."

Ces trois mots me hantent.
Comme un poison dans le sang.

Mon téléphone vibre en continu.
Snap, messages, appels, mails, vocales.
Des dizaines et des dizaines de notifications.

Côme, surtout.
Il comprend pas pourquoi je réponds pas.
Il dit qu’il s’inquiète. Qu’il s’excuse. Qu’il pensait pas que le "défi" irait aussi loin.

Je m’en fous.

Je leur réponds pas.
Je peux pas.

Je veux juste qu’on me laisse tranquille.
Qu’on m’oublie.

Je n’ai pas ouvert mes volets depuis trois jours.
Je ne mange pas.
Je bois à peine.
Je suis là. Étendu.
Éteint.

Je pense à Belle.

Tout le temps.
Chaque minute.

Je pense à son visage, quand elle m’a hurlé dessus.
À ses yeux gonflés.
À sa voix brisée par la colère.
Et surtout, à ce qu’elle pensait de moi.

Je me suis dégoûté.
Je me suis trahi moi-même.

J’ai pas eu le courage de lui dire la vérité plus tôt.
J’ai pas eu le cran de refuser ce putain de défi dès le début.

Et maintenant ?

Maintenant, j’ai tout perdu.
Elle.
Sa confiance.
Son sourire.

Et le pire, c’est que je mérite sa haine.

Je mérite qu’elle me crache à la figure.
Je mérite chaque mot qu’elle m’a lancé.

Mais ce que je ne mérite pas, c’est de continuer à penser à elle.
Et pourtant…

Je la vois partout.
Je la revois endormie sur le canapé, Simon contre elle.
Je revois ses cheveux décoiffés, sa voix fatiguée, son rire rare mais sincère.

Je pense à ce baiser.

Mon Dieu, ce baiser…

C’était pas un défi.
Pas pour moi.
C’était… tout.

Et je l’ai tout foutu en l’air.

J’ai envie de dormir pour ne plus penser.
Mais je n’y arrive pas.

J’ai envie de pleurer mais j’ai plus rien à pleurer.

Je veux… disparaître.
Pas mourir. Juste… ne plus exister pendant un moment.
Faire pause.
Sortir de cette vie que j’ai salie.

Je me tourne sur le côté, serre mon oreiller contre moi.
J’ai mal à la tête.
J’ai mal au cœur.

Et j’ai tellement envie de la voir.
Juste la voir.
Lui dire que je suis désolé, même si ça change rien.
Même si elle ne veut plus jamais me revoir.

Je veux…
Je veux que ça s’arrête.

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