Le diable !

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- Barkoura

Le self contrôle des filles s’effritait comme de la veille peinture. Où étaient-elles ? Qui habite dans ce donjon ? Elles inspectèrent la chambre. Elle était grande. L’absence de vitre de la fenêtre et les gros barreaux qui remplaçaient inquiétait Kassina et son amie. Elles étaient inévitablement prisonnières de quelqu’un. Mais de qui ? Elles se regardaient. Le visage d’Idrinya se décomposait.

- On est où ? s’éxclama-t-elle, et qu’est-ce qu’on fait habiller comme ça ?

Kassina, les mains sur la tête, respira fort pour éviter de tomber dans les pommes. Son démon poussait d’infâmes hurlement. Elle se dirigea vers la fenêtre, s’aéra. Ensuite, elle lui envoya des pensés afin de lui supplier d’arrêter. Hélas, l’esprit continua à hurler, et ceci, encore plus fort. Elle se cogna la tête de sa main. Idrinya ne comprenait plus rien. Mais qu’elle était le problème se disait-elle.

- Que t’arrive-t-il Kassina ?

- J’ai des atroces hurlements dans ma tête. C’est ce sortilège qui me…

Kassina ne put terminer sa phrase que la porte s’ouvrit. Le diable qui les retenait tenait dans ses mains un plateau. Sur le plateau était posés deux jolies goyaves. Il s’approcha d’elles tout en les rassurants. Il n’avait pas l’intention de leurs faire du mal.

Les filles ne partageaient pas le même avis. Idrinya s’efforçait de puiser l’énergie dans son mana, puis se rendit compte qu’elle ne possédait plus de pouvoirs. Kassina s’alerta de la même façon. Plus de pouvoirs. Plus de magie. Elle se sentait vide. Le diable avait bloqué leurs pouvoirs, grâce à un carré magique composé de mots et des lettres inscris sur une tablette d’argile. La tablette était accrochée sur un mur de la chambre. Si la tablette se cassait, les deux magiciennes retrouvaient immédiatement leurs pouvoirs. De plus, le sortilège était lié à la vie du diable, une fois détruit, le diable pouvait mourir.

- S’il vous plait, pleura le diable, ne vous mettre pas en colère, je vous souhaite aucun mal.

Le diable tremblait de nervosité. Il se retrouva vulnérable face aux femmes qui le regardait, incroyablement étonnés.

- Je…euh, pardonnez-moi…Ma femme ne veux plus vivre avec moi. Alors je souhaite vous offrir…euh…en fait, j’ai envie de vivre avec vous deux. J’ai des bijoux, les femmes aiment les bijoux, non ?

Désirant les toucher, il s’avança plus prêt. Kassina s’écria.

- Libère nous abominable monstre !

Elle voulut se jeter sur lui. Cependant le sort du carré magique protégeait le diable. Kassina heurta quelque chose d’invisible. Une sorte de mur spectrale. Elle tomba par terre. Idrinya kidnappée par sa peur, fit plusieurs pas en arrière et s’assit sur le lit. Le diable, toujours entre l’intimidation et le mutisme, jugea bon de discuter avec elles.

- Je suis le diable de la clairière aux fruits. Vous être sur mon territoire. Généralement personne ne passe par ici. Je vous ai vu vous assoupir sous mes arbres fruitiers. Alors j’ai décidé de vous inviter chez moi.

Kassina s’était mis en rage rapidement en voyant le regard pervers du diable.

Elle lui cria :

- Qu’avez-vous derrière la tête ?

La colère de Kassina lui mettait les larmes aux yeux.

- Je veux que vous soyez mes femmes, le temps que ma femme revienne, comme je vous l’ai dit je ne vous ferai pas de mal. Ma diablesse préfère les humains. Quelle tare !

Idrinya rigola. Elle trouvait la dernière phrase brillante. Elle se leva et se plaça face au diable. Le sourire narquois aux lèvres, l’expression moqueur

- Non mais je rêve ! Monsieur pleure sa dulciné diablesse en se plaignant qu’elle préfère les grosses queues des hommes. Elle ne supporte pas la petite queue du gentil diable. C’est ça ? Alors il veut de la chatte des magiciennes. Alors ?

Frustré, le diable l’énerva, puis répondit.

- ça n’a rien à voir avec ça ! Elle ne me supporte plus !

Kassina s’enflammait de cette situation. Les méchantes moqueries d’Idrinya lui faisait perdre du temps. Elle élaborait dans sa tête une astuce pour récupérer ses pouvoirs.

- Vous nous avez voler nos pouvoirs ? demanda Idrinya. En essayant de calmer tout le monde.

- Je les ai « désactivé » grâce au carré magique qui se trouve devant vous dit-il, en montrant de son doigt la tablette d’argile. Je ne vous fais pas confiance ! Je fais confiance à personne.

- C’est bête quand même, railla Idrinya.

Elles firent silence. Kassina lança une négociation.

- Ecoutez, on peut vous aider proposa-t-elle d’une voix sérieuse, seulement on risque de ne pas s’entendre si vous agissez comme ça avec nous. Tous les problèmes ont solution, non ?

- Personne n’a de solution pour moi coupa brutalement le diable, je ne pourrais pas continuer à vivre seul dans un donjon ! J’ai des besoins qu’un diable soit combler !

La solitude du diable le rendait extrême émotif.

- Je propose que vous nous redonniez nos pouvoir, suggéra Kassina, on pourrait alors avec nos talents, faire revenir votre femme.

Idrinya rajouta, toujours avec cet air moqueur dont elle ne voulait pas lâcher.

- Bah oui, et puis, moi je peux vous conseiller en matière de femmes. Uniquement si vous nous rendez nos affaires. Affaires qui contiennent nos joyaux notre or et…

Kassina jeta un regard sombre vers Idrinya. La perte de l’or et de ses joyaux inquiétait bien plus la magicienne, que le chagrin amoureux du diable. Kassina voulant achever le climat malaisant du donjon, demanda le prénom du diable.

- Je m’appelle Barkoura.

Kassina s’approcha de Barkoura, et lui tendit la main. La confiance pouvait s’établir sans débats.

- Kassina, magicienne des pouvoirs de transformation, ma compagne d’aventure, c’est Idrinya, magicienne des pouvoirs toxiques. Nous formons un début de guilde. Nous voulons partir en Uropa afin de retrouver une sorcière du nom de Shauns.

- Et voler les sept médaillions précisa Idrniya.

Le diable serra la main de Kassina, contemplant le bel orange de ses yeux. En guise de remerciement, Barkoura proposa aux femmes de déguster un chaudeau et du gâteau. Il leur proposa de manger chez lui, et leur offrir l’hospitalité, le temps que les magiciennes fassent revenir sa femme.

Idrinya lui rappela qu’il devait avant tout leur rendre leurs pouvoirs et les relâcher. Elle insista qu’elles n’eussent pas l’intention de rester longtemps ici, et que si elles n’arrivaient pas à faire revenir sa femme. Il devait s’engager à les relâcher. Barkoura, qui n’était pas un diable méchant accepta se disant qu’il quittera l’île pour l’étranger. Il ferait de très belle rencontre, un fois loin de son archipel.

Il invita les filles à le rejoindre dans le salon. Avant cela, Il les autorisa à reprendre leurs vêtements. Il ouvrit le placard. Il y avait la robe de Kassina ; ainsi que les vêtements d’Idrinya. Elles se rhabilla, ensuite les trois compères descendirent au salon.

Il y avait une grande table dans le salon. Barkoura cuisinait ; les magiciennes discutaient entre elles. Barkoura revient avec une théière et un gâteau. L’odeur du chaudeau chatouillait le nez.

- Je peux vous faire des accras à la morue si vous le voulez.

Kassina remercia la gentillesse de Barkoura.

- Parler nous de votre femme, demanda Kassina, curieuse.

Le diable soupira en versant du chaudeau dans les tasses, et répondit.

- On s’est rencontré après la guerre. La majorité des diables avaient quitter l’île afin de fuir les persécutions. Je suis le seul diable de l’île qui soit rester.

- Vous avez des enfants ?

Kassina avait entendu parler de la fuite du peuple des diables. Il y a longtemps de cela. Elle ignorait qu’il restait encore des diables sur l’ile.

- Oui, j’ai cinq enfants. Tous sont partis avec ma femme à l’étranger. Seul Zarkun sait où ils peuvent bien être en ce moment.

- La véritable question qu’on voudrait que vous nous répondiez lança Idrinya, en parlant la bouche pleine, c’est de savoir pourquoi vous êtes restée à Karuna ? C’est vrai, personne n’aime les diables ici ?

- Avant que l’empire Rakran colonisent l’île. Les diables vivaient avec les hommes et les magiciens pacifiquement. Nous avions nos terres et notre roi. Après la chute du royaume d’Eenia, le royaume où la majorité des diables vivaient, les Rakran nous ont persécutés.

Barkoura ferma les yeux et s’assit sur son fauteuil.

- Je suis resté sur l’île car j’y ai toute ma vie, mon patrimoine. Je ne suis pas parti chercher ma femme, car je pensais qu’un jour qu’elle reviendrait. J’ai attendu pendant longtemps. Et j’attends toujours son retour. Elle me manque. Et mes enfants encore plus.

Les magiciennes se regardèrent. Les paroles du diable s’enveloppaient de mélancolies.

- Vous ne vous êtes jamais poser la question s’ils étaient encore vivants ?

Barkoura s’était déjà poser la question énormément de fois. Il aimait toutefois ne pas y songer. Idrinya avait repris son sérieux. Elle se redressa correctement et lui dit.

- Si vous voulez qu’on fasse quelque chose pour vous. Je pense que vous devez nous dire qu’elles ont été les raisons de la fuite de vous femme.

Barkoura émit un nouveau soupire ; Il hésite fortement avant de répondre ; Enfin il reprit après une courte inspiration.

- Elle voulait partir. Moi je voulais rester.

Idrinya sourit et dit :

- C’était logique. Elle savait très bien que continuer de vivre sur une île à peine sortie de la guerre n’était pas le choix le plus logique qu’il fallait faire.

Kassina buvait son chaudeau doucement afin de ne pas se bruler les lèvres. Elle posa sa tasse et demanda d’un ton curieux et ferme.

- Vous pratiquer la magie ? Pourquoi n’avez-vous pas recherché un sort dans un livre ? Afin de faire revenir votre femme où vos enfants.

Idrinya ajouta, avec sarcasmes.

- Au final vous nous garder dans votre donjon pour votre plaisir personnel. Je n’ose même pas imaginer pour quel genre de plaisir.

La cœur Barkoura sursauta. Une chaleur de honte réchauffait son corps. Il eut un instant de bégaiement.

Idrinya s’amusait. Envoyer des piques et des remarques blessantes était un passetemps qu’elle aimait exercer sans modérations.

Barkoura s’avoua vaincu contre la perspicacité d’Idrinya.

- Euh…non jamais…, écoutez mettons nous au travail dès demain. Si vous arriver à faire revenir ma femme et mes enfants, je vous offre une récompense de trente mille pièces d’or, à la fin de votre quête.

Idrinya eu un grand sourire. Elle se rapprocha de Barkoura. Sournoise, elle le sera dans ses bras en lui disant.

- Je pense que je vais commencer à t’aimer.

Idrinya se voyait acheter tous ce qu’il lui aurait passé par la tête lors de séjours sur les terres d’Uropa.

Kassina, blasée par le comportement immature d’Idrinya lâcha un soupire d’énervement. Cependant, elle ne se laissa pas perturber puisque Barkoura semblait être un diable honnête. Le ton de sa voix, sa douceur, et sa bienveillance réconfortait l’angoisse qui l’avait saisi. Elle repensa à Shauns, cette sorcière qui restait coller dans ses pensées comme une étiquette sur une bouteille. Remettre Idrinya sur l’objectif de sa quête était une priorité. Surtout qu’elle avait insisté pour la rejoindre.

Ils finirent de goûter. Ensuite, ils dinèrent. Barkoura prépara un gâteau renversé au carambole. Le plat de résistance était un dombré aux crevettes. Kassina en redemandait beaucoup : Elle appréciait manger les spécialités de Karuka. Idrinya mangeait tout aussi vite. Elle n’avait pas autant manger depuis sa sortie de Fordmire. Barkoura, avait préparer des bananes frit aux poulets au miel, comme deuxième plat. Il pressa les jeunes femmes à y manger. Idrinya sentait son ventre éclater. Par politesse, elle mangea encore. Elle chuchota à Kassina.

- J’ai le bide qui va exploser ! demanda lui où sont les toilettes.

- T’es vraiment conne ! dit Kassina, en rigolant discrètement.

Le diable qui avait l’ouïe fine, leur montra en se trouvait les toilettes.

Une fois le diner fini. Les magiciennes rentrèrent dans leurs chambres. Kassina, épuisé par sa grasse digestion, se laissa tomber sur le lit. Idrinya prit sa lime à l’ongle. Assise par terre elle se lima les ongles.

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