Irishanina

5 minutes de lecture

Le diable regardait la photo de sa femme. Puis d’un soupir las, il tourna sa tête vers la magicienne, ensuite, il posa délicatement la photo sur l’eau. Kassina versa une potion à base d’herbe à pic et gousses d’ails autour du lac, en récitant des formules. Une fois le rituel termine. Ils se mirent à attendre. L’heure passèrent, les secondes se dépêchèrent, et les nuages noircirent le ciel d’une ombre timide. Deux minutes s’écroulèrent encore. Le lac se colora d’une subite couleur verte, et l’eau se transforma délicatement en nuée sableuse. Une belle femme blonde apparut, vêtue d’une robe rouge.

Elle fit un cri d’étonnement en regarda autour d’elle. Elle vit son mari, à côté des jeunes magiciennes. Au même instant, les enfants de Barkoura apparaissaient, stupéfaits de rencontrer leur père. Père qu’il n’avait pas côtoyé depuis bien longtemps. Irishanina, la femme du diable, était une belle blonde de trente-six ans.

Un beau visage angéliquement ingénu et une voix douce escortait la femme depuis leur rencontre. Elle avait épousé Barkoura à l’âge de dix-huit ans. Barkoura avait actuellement quarante ans. Elle aimait la gentillesse de son mari. Cette bonhomie était l’une des principales raisons de leurs mariages. L’autre raison était la richesse du diable. Barkoura avait un don particulier, celui de déterrer des joyaux, et des pierres précieuses.

Les yeux d’Irishanina se remplirent de rancœur, elle le fixa gravement.

- Après tous ce temps, tu oses me rappeler par un sortilège banal, accompagner de deux magiciennes.

Les enfants heureux et joyeux accoururent vers leur père. Ils l’enlacèrent tendrement puis disparurent subitement d’un écran de sable, sans aucuns entendements des témoins. Irishanina, comprit que son nouveau copain était à l’origine de ce sort, l’informa et lui expliqua d’un ton calme et à la fois cruel. Une boule de remords aux épices de haine restait dans sa gorge.

- C’est mon nouvel ami. Un assassin aux pouvoirs des ténèbres. Il est le meilleur assassin de sa guilde. C’est lui qui à tuer nos enfants.

Ce n’était qu’un mirage.

La déclaration de Irishanina électrocuta de frayeur le cœur de Barkoura. Le corps tétanisé les yeux écarquillés. Il se mit à balbutier dans une onde de larmes des « non ! », « non ! ». Ces « impossible », « Je ne peux pas y croire ! ». Il aurait fort aimé dire des mots positifs, mais la situation avait viré au drame. La nouvelle le plongeait dans un récipient. Il poussa un hurlement. A genoux les mains sur la tête. Il ne se gênait pas de se mettre en spectacle. Irishanina marcha sur le sable. Elle s’avança vers lui.

- Comment as-tu pu me faire une chose pareille ! hurla-t-il Que t’ai-je fait pour mériter tes malheurs ?

Irishanina rit sordidement.

- Si tu ne m’avais pas réduite à une femme-objet, si tu m’avais suivit et écouter, si tu ne m’avais pas abandonné pour rester sur l’île, entourer de tes richesses. On serait parti dans une contrée où nos enfants hybride aurait été accueilli par les autres. Or, je ne pouvais pas assumer seule la responsabilité de nos enfants. Je suis aussi égoïste que toi. Ils sont tous morts.

- Tu mens hurla ! Barkoura

Barkoura ne se contrôlait pas. Il pleurait à n’en plus finir. Ses bras tremblaient, ses mains devenait moites.

- Tu n’as jamais chercher à nous rejoindre après nôtre disparition.

Les deux magiciennes, regardaient la scène, gênée, le silence comme serrure sur leurs lèvres. Irishanina se rapprocha de lui, sourire sadique au visage, et caressa la joue du diable.

- Ils sont mort. Mort ! Imagine moi vivre avec le regard des autres sur moi. Avec des enfants mi-humains, mi-diables. Ce n’était pas possible. C’était impossible pour nous, et tu le sais. Nous deux, nous avions les moyens de nous installer dans un autre continent. Mais tu as préféré choisir cette île.

- Tu mens ! Tu mens ! beugla-t-il, les larmes au gout aigres. Ne l’écoutez pas. C’est une criminelle.

- Et toi ? Et toi ? Je ne pouvais plus soutenir tes insultes, tes coups, ton comportement arrogant et tes manipulations.

- Tu es une menteuse ! Je ne t’ai jamais fait du mal ! Je t’ai toujours aimé et protégé ! Tu ne manquais de rien avec moi. Ignoble menteuse !

- En quoi suis-je une menteuse ? Tu feins oublier la fois où tu as tenté de me manger alors que tu m’avais toujours dit que tu ne mangeais pas les humains. Dis-moi qui entre toi et moi est la menteuse !

Idrinya et Kassina se demandaient qui disait la vérité, devant ce théâtre à ciel ouvert. Aluna peinait considérablement à identifier qui des deux portait la lampe de l’honnêteté.

Irishanina avait hurler aux oreilles du diable. Sa colère l’avait rendu aussi rouge qu’une pomme.

- Tu sais qui a raison dans tout ce méli-mélo sonore ? Je t’avoue que cette chute me dépasse fit Kassina, interloqué et dépasser pas ce ménage conjugal.

- Ils ne se sont pas parler depuis longtemps répondit Idrinya. Ils ont beaucoup de choses à se dire…

Irishanina sorti un poignard de la poche de sa robe. Et tenta de le planter dans le coup du diable mais, Idrinya, ayant la gâchette rapide, sorti hâtivement son pistolet et tira une balle sur l’épaule de la blonde. Puis elle s’approcha d’elle, tira une seconde dans la tempe. Plusieurs giclées de sang jaillirent de la femme. Kassina, Aluna et Barkoura se mutèrent d’étonnement.

Chacun d’entre eux gardaient les yeux béants, ainsi que la bouche entrouverte, et le souffle coupé. Irishanina s’écroula sur le sol. L’inconcevable geste d’Idrinya avait traumatisé les trois spectateurs. Que c’était -il passé dans la tête de la magicienne ? Ils ne pouvaient en connaître les raisons. Kassina se précipita vers sa compagne, en lui saisissant le poignet.

- T’es devenue complètement folle où quoi ?

Tout le monde la regardait. Idrinya se débattait, en disant :

- Tu voulais que je fasse quoi ? Elle allait le planter !

Le monde du diable croula dans un précipice infernal. Il comprit qu’il n’allait plus connaître la paix comme il espérait au paravent. Pourquoi a-t-il voulu faire revenir sa femme et ses enfants ? Il était finalement mieux loti dans les bras de sa solitude. Sa femme s’était enfuit loin de lui, avec ce qu’il avait de plus chère : Ses enfants. Elle l’avait oublié pour épouser un autre. Naïvement, il pensait que, loin où elle vivait, elle méditait encore sur sa providence. La réalité était différente de ce qu’il s’imaginait. Barkoura essuyant le sang qui se baignait sur son visage, choqué et offusquer, il se leva. Aluna envoya une forte remontrance à Idrinya. La magicienne, essayant tant bien que mal de cacher son malaise, admit son acte. Elle refoula la vague d’émotions qui l’enchaînait. Elle se tenait devant.

- C’est horrible bégaya Aluna, c’est horrible.

Idrinya ne broncha pas. Elle s’expliqua.

- Elle allait le tuer, je lui ai sauver la vie. Nous avons fini la quête qu’il nous a donné. (Elle regarda Kassina). Moi aussi je n’ai pas le temps pour ces histoires. Qu’il nous donne nos trente-mille pièces d’or, avec une prime pour l’avoir épargné de la mort.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Jeremy FABIGNON ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0