Étincelles et baguettes

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Le soleil passait à travers les vitraux du troisième étage, dessinant des motifs bleutés sur les murs de pierre de la salle de sortilèges. Les élèves de Gryffondor et de Serpentard s’étaient regroupés de chaque côté, leurs baguettes en main, le regard piquant.

Le professeur Flitwick, juché sur sa pile de livres habituelle, souriait avec l’énergie fébrile d’un chef d’orchestre sur le point de déclencher un concert explosif.

— Aujourd’hui, nous aurons droit à une séance un peu particulière ! grésilla-t-il. En raison de l’arrivée de nos invités spéciaux, M. Ollivander en personne est venu leur offrir une baguette adaptée à leur… nature.

Des murmures excités fusèrent. L’ancien fabricant de baguettes, fin et pâle comme un parchemin usé, s’avança d’un pas fluide. Il tenait une petite malle gravée de runes mouvantes.

— Ces jeunes gens viennent d’un monde sans baguette, dit-il, un peu solennel. Leur magie s’exprime autrement. Mais j’ai senti… une compatibilité rare.

Il ouvrit la malle. À l’intérieur, cinq baguettes brillaient doucement.

Sophie fut la première à s’approcher.

— Bois d’if, 11 pouces et demi, cœur en écaille de dragon des brumes. Une baguette puissante, exigeante, qui choisit rarement. Mais elle t’a sentie.

Quand elle la toucha, une onde de lumière bleue scintilla autour de ses doigts. Même Ollivander plissa les yeux.

— Intéressant…

Fitz, Keefe, Biana et Dex reçurent aussi leurs baguettes — mais aucune ne réagit aussi vivement que celle de Sophie.

— Bien, dit Flitwick, après quelques tests. Formez des duos : un Serpentard, un Gryffondor. Échauffement : sortilège de désarmement.

Les paires se formèrent vite. Un grondement de tension parcourut la salle.

Harry se retrouva face à Fitz, presque naturellement.

— Prêt ? dit Fitz froidement.

Harry hocha la tête. Il leva sa baguette. Mais son cœur battait trop vite, trop fort. Il venait de voir Sophie désarmer Dean Thomas avec une vitesse surnaturelle. Même Flitwick avait applaudi, impressionné.

Fitz lança le premier sort.

Expelliarmus !

Harry leva sa baguette trop tard. Son bras fut projeté en arrière et il tomba d’un genou.

Fitz abaissa sa baguette lentement, les yeux vides de triomphe. Il fixait Sophie, qui ne l’avait pas regardé une seule fois.

À quelques mètres, Keefe battait des paupières.

— Sérieusement, elle arrive à désarmer tout le monde, même ici ? Elle est genre… magique même quand elle est étrangère ?

Il marmonna :

— On peut pas lui donner une faiblesse, genre "panique à la vue des grenouilles" ou "pleure devant les gâteaux d'anniversaire" ?

Puis, ce fut au tour de Draco Malefoy, face à Sophie.

Il s’avança d’un pas nonchalant, mais tout le monde vit qu’il se redressait un peu plus. Qu’il rajustait sa cape.

— Essayons de ne pas t’abîmer, Foster, dit-il avec un sourire en coin. Tu commences à devenir précieuse.

Sophie haussa un sourcil, impassible.

— Je te rends la pareille, Malefoy.

Flitwick donna le signal.

Draco leva sa baguette :

Expel—

Mais Sophie était plus rapide.

Expelliarmus !

Sa baguette vola à travers la pièce. Draco, lui, tomba en arrière sur les fesses avec un bruit sourd.

Silence.

Puis… un éclat de rire du côté des Poufsouffle.

Keefe applaudit lentement.

— Note artistique : 10. Et la chute ? 11.

Draco se redressa lentement, une lueur étrange dans les yeux. Il récupéra sa baguette… puis regarda Sophie comme on regarde une énigme qu’on veut résoudre, ou un feu auquel on veut se brûler.

— Tu m’impressionnes, Foster, souffla-t-il. Franchement. Et crois-moi, c’est rare.

Elle répondit sans sourire :

— Je ne suis pas là pour impressionner. Juste pour apprendre.

Mais Harry vit son regard vaciller une fraction de seconde.
Et Draco, lui, souriait maintenant franchement.

De son côté, Fitz avait observé toute la scène. Son visage était fermé. Même Dex à côté de lui murmura :

— Ça devient chaud.

Fitz n’eut pas le temps de répondre. Sa baguette vibra dans sa main.

Harry s’était relevé.

— Revanche ? proposa-t-il.

Fitz leva son arme.

— Avec plaisir.

Les deux garçons s’avancèrent. Autour d’eux, les autres s’étaient arrêtés. Un cercle se forma, presque naturellement. Même Flitwick semblait hésiter à intervenir.

Expelliarmus ! lança Fitz.

Harry para. Un éclair jaillit, leur baguette vibrèrent. Les sorts se croisèrent, un souffle de magie parcourut la pièce.

Mais c’était Sophie que tout le monde regardait.

Assise sur un banc, calme. Un halo bleu très léger brillait toujours autour de sa baguette.

Et dans ses yeux… une certitude glaciale.

Elle contrôlait cette magie. Elle ne l’imitait pas.

Et cela, dans un monde qui la refuse…
était plus que de la puissance.

C’était du danger.

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