Chapitre 45 - Terre - D’un monde à l’autre
Chapitre 45
Monde 1 : Terre
Amélia, D'un monde à l'autre
Le retour en voiture, en direction du restaurant, se fait dans un étrange silence. Pas un silence gênant… plutôt un silence plein, chargé de ce qui vient de se passer, comme si leurs corps en gardaient encore la trace.
Amélia se laisse emporter. Sans lutter. Elle suit les sensations qui naissent entre eux, cette tension invisible, presque électrique, qui la trouble plus qu’elle ne veut l’admettre.
Jamais elle n’a ressenti ça.
Et pourtant, des hommes, elle en a connu. Des baisers aussi. Certains tendres, d’autres passionnés, d’autres oubliables. Mais celui-ci… ce dernier la frappe en plein cœur avec une intensité inattendue, à la fois douce et violente.
Adam se gare près de la voiture d’Amélia. Ils marchent jusqu’au restaurant et il lui tient la porte. Amélia passe la première, Adam entre juste derrière. À peine a-t-il franchi le seuil qu’un petit garçon blond, les cheveux en bataille, se jette joyeusement dans ses bras.
— Papa !
Amélia le sait : Adam lui a parlé de son fils. Elle a entendu son prénom aussi. Mais le voir, là, en vrai… c’est différent. Plus réel. Plus bouleversant.
Liam se cramponne à lui comme s’il ne l’avait pas vu depuis des jours.
Adam le rattrape au vol, le serre contre lui, et un rire sincère lui échappe. Un rire qui éclaire son visage, qui le rend… simple. Vrai.
Amélia reste une seconde en retrait, surprise par la chaleur de la scène, et observe, muette, avec cette sensation étrange de regarder un tableau auquel elle n’est pas certaine d’avoir sa place.
Une jeune femme blonde s’approche, sourire aux lèvres.
— Ton fils a été au top aujourd’hui ! s’exclame-t-elle. Il m’a aidée à porter des caisses pour la réserve… Il va bientôt être aussi fort que son papa !
Adam repose Liam au sol, puis lui ébouriffe les cheveux avec fierté.
— Bravo, mon chéri.
Amélia sourit, malgré elle. Ce petit geste-là, la main dans les cheveux, le regard tendre, lui serre la gorge. Elle ne sait pas exactement pourquoi.
Une notification sonore provenant de son téléphone l’interpelle.
« Bonsoir, c’est Justine. J’étais sur le point de partir quand je me suis rendu compte que je n’avais pas votre adresse. Pourriez-vous me la donner, s’il vous plaît ? »
Amélia répond aussitôt et la lui envoie.
Derrière eux, la porte se referme et fait sonner le carillon de bois.
Ce tintement semble rappeler à Adam qu’il ne les a pas présentées.
— Maddy… voici Amélia. Elle est en visite en Australie pour quelques semaines et elle a loué la maison voisine à la mienne, une de celles de notre tante. Et Amélia, je te présente Maddy, ma sœur. Responsable de cet établissement.
Les deux femmes échangent une poignée de main.
Le regard pétillant de Maddy suscite aussitôt la sympathie d’Amélia. Elle a une aisance naturelle… et quelque chose dans son sourire évoque Adam : la même étincelle, la même chaleur.
— Enchantée, Amélia. Installez-vous, je reviens vers vous dans un instant.
Maddy les guide vers une table pour quatre personnes, placée au cœur du restaurant.
Liam se met immédiatement à gauche de son père. Amélia s’assoit à son tour, face à Adam, encore un peu rêveuse, comme si une partie d’elle était restée au phare. Ne sachant pas quoi faire de ses mains, elle attrape le menu plié à côté de l’assiette et le parcourt, plus pour se donner une contenance que par faim réelle.
Adam prend la parole avec cette fierté simple qu’elle commence à lui connaître.
— Tous les plats sont faits maison. C’est un de mes cousins qui cuisine, et je peux garantir la qualité des repas !
— Oh ! papa ! je pourrais manger une Meat Pie ? s’exclame Liam.
— Évidemment. Tu sais très bien que tante Maddy ne peut rien te refuser.
Amélia les regarde avec tendresse. Le père et le fils ont l’air si complices…
Elle pose son sac sur la chaise vide à côté d’elle et garde son téléphone à portée de vue, par réflexe, au cas où elle reçoive un autre message de Justine. Cette dernière a évoqué des choses troublantes… des vibrations, des signes. Depuis, Amélia attend ce rendez-vous avec impatience.
Maddy revient avec son calepin et les interrompt.
— Alors, vous avez choisi ?
Adam jette un coup d’œil à Amélia, comme pour s’assurer qu’elle est prête.
— Pour Liam, ce sera une Meat Pie (*1), annonce-t-il.
Maddy lève déjà les yeux au ciel, amusée.
— Ça, je m’en doutais.
Adam sourit puis se tourne vers Amélia :
— Et toi ? Tu as repéré quelque chose ?
Amélia hésite une seconde, puis pointe une ligne du menu.
— Le barramundi (*2)… ça a l’air délicieux.
— Parfait, répond Adam. Alors deux barramundis pour nous, et une Meat Pie pour monsieur.
Maddy note rapidement, puis relève la tête, taquine :
— Excellent choix. Je reviens avec ça.
Le petit garçon ne tient plus en place. Son ventre vide réclame déjà son dû avec impatience.
Amélia sourit… mais son attention glisse sans cesse vers Liam.
Ce n’est pas lui qui la met mal à l’aise.
C’est ce qu’il représente : une réalité stable. Une relation entre un père et un fils.
Le baiser du phare lui revient. Sa chaleur. Sa douceur inattendue. La délicatesse des lèvres d’Adam sur les siennes. Pourtant, elle n’osera pas continuer. Il y a là une famille, un lien qui ne lui appartient pas. Elle ne veut surtout pas salir ce moment entre un père et son enfant — des instants qu’elle n’a jamais connus, et qu’elle envie.
— Est-ce que tout va bien, Amélia ?
La voix d’Adam la tire de ses pensées. Il la regarde, inquiet.
— Oui, très bien… Je me disais juste que vous deviez vraiment bien vous entendre, tous les deux.
Adam se tourne vers son fils, et ses lèvres s’étirent en un sourire magnifique.
— Oui !!
— C’est le meilleur papa du monde ! ajoute Liam, avant de repartir dans une explication enthousiaste sur tout ce que son père sait faire.
Amélia hoche la tête au bon moment… puis réalise qu’elle n’a pas vraiment suivi la conversation.
— Pardon… tu peux répéter ? demande-t-elle.
Liam la dévisage, surpris. Amélia sent ses joues chauffer.
Elle se force à revenir au présent, à s’ancrer. Elle jette un coup d’œil à son téléphone, comme pour vérifier qu’aucune notification ne surgit au mauvais moment.
Elle se penche vers la chaise à côté d’elle… et se fige.
Le téléphone n’est plus là.
Elle fouille dans son sac et le retrouve coincé entre son chéquier et son portefeuille. Elle est pourtant persuadée de l’avoir sorti.
Étrange… mais elle n’a pas l’énergie de s’y attarder.
Elle le saisit.
Une notification lumineuse apparaît.Et, à cet instant précis, son sang se glace. Une photo d’elle, accompagnée de deux petites filles souriantes, s’affiche en arrière-plan. Et l’horloge indique 18h18. Ce n’est pas son téléphone.
Il appartient à Emélie.
Amélia relève les yeux trop vite. Elle sent la couleur quitter ses joues.
Adam la scrute.
— Tu es toute blême…
Puis son regard glisse sur l’image.
— Ce sont tes enfants ?
Aussitôt, Amélia repose l’appareil, face retournée sur la chaise. Tout s’emballe.
— Heu… non… ce sont mes nièces. De… de ma sœur jumelle.
Elle déteste mentir, mais comment lui expliquer ?
Cette image vient d’arracher en elle une rémanence : le portail, l’après-midi, cette déchirure au milieu du salon… et Emélie, enfin, en vrai. La sensation de ses bras autour d’elle. Le vertige au retour, comme si quelque chose en elle s’était vidé d’un coup.
Rien qu’y penser lui serre le bas-ventre d’une douleur fine.
Maddy arrive avec les plats et coupe net le fil de ses pensées.
— Alors… une Meat Pie pour mon neveu préféré, et deux barramundis.
Liam se jette sur son plat avec appétit tandis qu’Adam se lève pour aller chercher les bières.
Amélia se retrouve seule une poignée de secondes. Juste ce qu’il faut. Elle saisit le téléphone d’Emélie, le déverrouille avec sa date de naissance, qui s’avère être le même mot de passe que le sien, puis ouvre l’application Notes et écrit vite, avant qu’Adam ne revienne :
« Si tu cherches ton téléphone, c’est moi, Amélia, qui l’ai. Je ne sais pas comment il m’est apparu ici. J’ai l’impression que notre connexion est de plus en plus forte… c’est irréel. »
Son cœur bat beaucoup trop fort.
Adam est de retour avec deux chopes de bière remplies à ras bord. Amélia repose l’appareil, murmure un merci, puis boit une grande gorgée comme si elle devait avaler autre chose que sa peur. Une fois la moitié du verre descendue, elle jette un coup d’œil furtif à la chaise.
Il a de nouveau disparu. Il a dû retourner dans son monde d’origine.
Le tintement du carillon extérieur retentit. Et une brise fraîche traverse la salle. Le vent se lève.
Amélia le remarque immédiatement. Son estomac se noue.
Le carillon sonne encore une fois. Amélia relève la tête d’un mouvement sec. Son corps reconnaît ce langage avant son esprit : d’abord le souffle qui se glisse sous les portes, puis, si la nuit s’entête, la pluie, les éclairs. Elle ne bouge plus, attendant la suite.
Elle tente de se reprendre.
De se convaincre que tout va bien.
Maddy s’approche de leur table, calepin en main, et pose une main sur l’épaule de son frère, comme si elle venait vérifier d’un coup d’œil que tout est en ordre.
— Au fait, tu en es où pour l’ouverture de ta boutique ? demande-t-elle en arquant un sourcil. Ne me dis pas que tu es encore en retard.
Adam soupire, amusé, mais son sourire le trahit : derrière la légèreté, il y a ce stress qu’il essaie de cacher.
— J’avance, Maddy. Mais tu sais comment c’est… il y a toujours un imprévu.
Maddy secoue la tête, mi-agacée, mi-fière.
— Oui, eh bien, ton “imprévu”, dit-elle en mimant des guillemets avec les doigts, risque surtout de te faire fuir des clients. Tu as une date, tu t’y tiens.
Liam, qui mâchonne déjà avec application, intervient sans lever les yeux :
— Papa travaille beaucoup. Il dit que c’est pour que ce soit parfait.
Maddy s’adoucit immédiatement. Elle caresse les cheveux de son neveu, attendrie.
— Je sais, mon cœur. Ton père est têtu, mais il fait ça bien.
Elle se redresse, adresse à Adam un dernier regard qui ressemble à une menace affectueuse, puis s’éloigne vers une autre table.
Amélia s’accroche à cette parenthèse comme à une rambarde.
— Alors comme ça tu ouvres ta propre boutique ? demande-t-elle à Adam. C’est… dans quel domaine ?
Amélia essaie de se focaliser sur lui, en dépit de tout : le téléphone, le vent, cette question muette qui tourne en boucle… qu’est-ce qui va se passer ensuite ?
Adam répond avec fierté :
— Ah oui, c’est vrai… je ne te l’ai pas dit. J’ouvre un magasin d’accessoires cent pour cent écologique pour le surf. Il y aura de la récupération, de la remise à neuf, des produits végans… enfin, tout un tas de choses pour apprécier ce sport sans abîmer la nature.
Amélia sourit, sincèrement cette fois.
— J’imagine que ça doit être stressant, à l’aube de l’ouverture.
Adam passe une main dans ses cheveux.
— Effectivement… tout n’est pas encore prêt. Et tant que ça ne l’est pas, il y a toujours un risque de retard.
La suite du repas se déroule dans une ambiance chaleureuse… et surtout sans interférence. Et cela ravit Amélia. Elle découvre un homme passionné par ce qu’il fait. Un père aimant. Et pendant un long moment… pas une seule fois, elle ne pense à Emélie, à Justine ou même à Ethan.
Une vraie bulle d’air, faisant abstraction de l’orage qui sévit dehors. Jusqu’à ce qu’elle se lève pour aller aux toilettes.
Devant le miroir, Amélia sort son rouge à lèvres et ajuste la couleur sur sa bouche. Elle sait pertinemment que cette simple retouche peut faire tomber les hommes, lorsque celui-ci a la bonne teinte. La femme fatale en elle reprend de l’assurance.
Elle se regarde, se recoiffe et sourit.
Le stick posé sur le rebord du lavabo se met soudain à trembler légèrement. Amélia fronce les sourcils, stupéfaite. Et lorsqu’elle relève les yeux vers le miroir…
Émelie est là.
Le choc la traverse de part en part.
— Émelie ?
Amélia ramasse son maquillage tombé au sol et remarque que ce n’est pas le sien.
De l’autre côté, Émelie fait exactement la même chose : l’objet qu’elle tient dans la main a lui aussi une teinte différente. Elles se regardent, stupéfaites. Amélia sent le danger. Tout à l’heure le téléphone… et maintenant le rouge à lèvres ? Rien ne va. Que faire face à ces événements interdimensionnels ?
Emélie disparaît pour laisser place à son propre visage. Perturbée, Amélia sort des toilettes.
Liam se précipite vers elle et la percute.
— Oh pardon ! J’ai une envie urgente !!
Et malgré sa course, il s’arrête net et la fixe.
— Pourquoi tu as changé de robe, Émelie ?
Amélia se fige.
Émelie ?
— Et tu t’es recoiffée ?
— Liam, mais qu’est-ce que… ?
Amélia comprend. D’un coup. Brutalement.
— Excuse-moi un instant…
Elle retourne dans les toilettes et se regarde dans le miroir et constate avec surprise : elle est dans le monde d’Emélie.
Elle a pris sa place.
Elle s’enferme dans une cabine, verrouille la porte, baisse le battant de la cuvette et s’assoit, les genoux remontés contre elle.
Son souffle est haché.
Dehors, le vent augmente en puissance. Il est impératif de rentrer chez elle, au plus vite. Elle n’a pas envie de revivre les tremblements de terre comme ceux qu’elle subit lorsqu’elle était avec Emélie, quand elle avait traversé le portail de son salon.
Mais cette fois-ci, c’est différent, la sensation n'est pas la même.
Il n’y a pas eu de portail. Il n’y a pas eu de miroir. Elle n’a pas traversé.
Elle a remplacé.
Sans aucun seuil visible.
Elle ferme les yeux, inspire et expire pour se calmer. Au fil des minutes, l’orage à l’extérieur semble s’affaiblir.
Serait-ce un signe ?
Comment savoir si elle est bien revenue dans son monde ?
On frappe à la porte.
— Amélia ? Est-ce que tout va bien ?
Elle souffle de soulagement. Son prénom a été prononcé : elle est de nouveau sur Terre.
Elle sort son téléphone et ouvre.
Adam se tient juste derrière, le visage tendu.
— Désolée… j’avais un appel, improvise-t-elle.
Le regard d’Adam s’assombrit un instant. Amélia fait comme si elle n’a rien remarqué et regagne la salle.
— Ah bah tu as remis ta robe, Amélia ! Elle est où l’autre ? s’exclame Liam.
Amélia ignore la remarque.
Ils terminent le repas dans la joie. Le dessert est apporté, Amélia prend une bouchée et découvre une texture douce et moielleuse, un délice… Cependant, son esprit n'est pas là et n’en profite pas vraiment, et tente de garder bonne figure.
— Il commence à se faire tard, dit-elle. je vais devoir rentrer. Et dans moins d'une heure je reçois un invité à la maison. Je suis désolée.
Une fois devant la porte du restaurant, Adam ajoute, hésitant :
— J’espère que ce n’est pas ce type que tu va rejoindre… celui qui…c cette apres midi...
— Non, non. Ne t'inquiète pas, ce n’est pas lui. C’est juste une collègue de travail. Et encore merci pour ce repas. Pour tous ces instants magiques passé avec toi. J'ai vraiment aprécié.
Une notification sonore la coupe. Amélia sort son téléphone et regarde.
"J'arrive dans une heure. Justine"
Message reçu à 20h20.
Cette indication l’interpelle.
Tout à l’heure, lorsqu’elle avait pris le téléphone d’Emélie, il avait affiché 18h18. Sur le moment, elle n’y avait pas prêté pas attention… mais là…
Deux occurrences.
Deux heures inversées.
Des chiffres jumeaux, comme des heures miroirs.
Et si elle n’avait pas vécu ces tranges échanges avec Emélie à travers cette paroi translucide, dans sa salle de bain, jamais son esprit n’aurait emprunté ce chemin.
Est-ce que cela a un lien avec ce qui se déroule ? Avec le miroir, justement ? Avec ces glissements qui la déplacent sans prévenir ?
À force de réfléchir, elle ne se rend pas compte qu’Adam s’est rapproché.
Amélia relève la tête et croise ce regard émeraude qui lui coupe le souffle. À cet instant, toutes ses pensées nuisibles s’évanouissent.
Adam ne tente pas de l’embrasser. À la place, de sa main large et ferme, il saisit la sienne. Il la lève lentement tout en la fixant droit dans les yeux… puis y dépose un doux un baiser.
Un frisson la traverse, de la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne. Une tendre chaleur envahit ses joues. Pourquoi ressent t'elle cette sensation si intense de la part de cet homme qu'elle ne connait que depuis quelques jours.
— Papa… je suis fatigué… il est quelle heure ? Interrompt Liam en soupirant.
Adam s'excuse et emmène son fils là l'intérieur du restaurant, mais juste avant de fermé la porte il ajoute.
— A très bientôt Amélia, j'ai également passé une superbe soirée en ta compagnie.
Une fois seule, en direction de sa voiture repense au moment où Liam avait posé sa question — il est quelle heure ? — et, à cet instant, l’esprit d’Amélia s’illumine.
Les mots prennent forme, comme une évidence : Monde miroir…
C’est comme si Émelie et moi vivions en même temps tel un reflet l’une de l’autre.
Son esprit est en ébulition. Tant de questions se bousculent. L'envoe de rencontrer Justine s'agrandit. Cette femme détient probablement des réponses à tous ces étranges phénomènes.
Avec empressement, Amélia sort les clés de sa voiture.
Quand, Juste avant d’ouvrir la portière, une voix qu'elle ne connait pas, l’interpelle :
— Amélia…
****
(*1) : Meat Pie : Tourte à la viande, plat typique australien
(*2) : Barramundi : Servi dans toute l'Australie, le barramundi tire son nom du mot aborigène signifiant « poisson de rivière à grandes écailles » et est un plat classique australien.

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