Passage à l’acte

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Toulouse & Lanta, dimanche 18 août

La soirée touchait à sa fin. Les participants étaient tous revenus dans le salon et les bouteilles circulaient de main en main. Franck Delcasse avait pris quelque distance, un peu à l’écart dans un fauteuil, il semblait somnoler. Stéphanie, par contre, continuait de profiter des caresses de Camille, pour le plaisir des yeux des autres convives. Dans cette nuit d’été, la climatisation discrète peinait à maintenir la fraicheur et les femmes avaient renoncé à se rhabiller après l’épisode précédent. Ce furent Sophie et Francis qui donnèrent le signal du départ.

« Franck semble fatigué, glissa Camille à l’oreille de sa voisine, il vaudrait mieux que vous ne fassiez pas la route tout de suite. Si tu veux, nous pouvons aller chez moi. J’ai quelque chose que j’aimerais te montrer, je crois que tu vas apprécier.

— Ah oui ? C’est loin d’ici ? demanda la jeune artiste.

— C’est à Lanta, il n’y en a que pour quelques minutes, nous vous ramènerons ensuite pour récupérer votre véhicule.

— C’est vrai que Franck n’a pas l’air très en forme et je n’aime pas trop conduire sa voiture, surtout en ville. »

Quelques minutes plus tard, Léonard stoppait devant un grand portail de bois sombre. Le temps de son ouverture, Stéphanie put découvrir une propriété un peu similaire à la leur, sans doute une ancienne maison de maître, de la fin du XIXe, construite en briques rouges. Léonard ne se dirigea pas vers le bâtiment d’habitation mais vers une grande dépendance, un peu à l’écart.

Franck se réveilla à l’arrêt du véhicule.

« Où sommes-nous ? demanda-t-il d’une voix un peu pâteuse.

— Bienvenue chez moi, annonça Camille, cette propriété appartient à ma famille depuis quatre générations. J’y ai juste apporté quelques aménagements, venez ! »

Stéphanie eut un peu de difficultés à franchir les quelques mètres gravillonnés juchée sur ses hauts talons, mais Léonard lui vint en aide. Seule une faible lumière guidait les arrivants. La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était plongée dans la pénombre. Cependant, quelques meubles recouverts de tissu rouge vif se distinguèrent dans les premiers instants, puis quelques détails finirent par apparaitre. Léonard alluma une très discrète lampe éclairant un bar bien fourni.

« On continue au champagne ? proposa le médecin en sortant une bouteille sans attendre de réponse. »

Il remplit quatre flutes et en tendit une à chaque femme. Franck s’était laissé tomber sur un banc, dans un angle de la pièce.

« Où sommes-nous ? demanda la photographe.

— Dans mon refuge, répondit Camille, j’aime bien terminer mes soirées ici. Il y a de quoi s’amuser, tu vas voir. »

Stéphanie, dont les yeux percevaient maintenant les détails, parcourut la pièce du regard. Le local était spacieux, sur le mur le plus éloigné de la porte, elle reconnut une croix de Saint-André. Des souvenirs lui revinrent en mémoire. Elle avait déjà visité un tel endroit, sauf que c’était une cave voutée, dans le vieux Montmartre, un club privé où elle avait accompagné un ami, adepte du Shibari[1], pour une soirée très spéciale. Ce soir là, elle s’était contentée de regarder. Elle comprit que cette nuit, elle serait au centre de l’action.

« Mets-toi à l’aise, il fait chaud, déclara Camille, moi je reviens dans un instant. »

Léonard en profita pour faire glisser la robe de la jeune femme, elle ne portait rien dessous.

« Buvons à cette nouvelle aventure, lança-t-il en levant sa flute. »

Stéphanie fut la seule à réagir, Franck avait de nouveau sombré dans le sommeil.

Lorsque Camille réapparut, elle avait troqué sa robe de soirée pour une guêpière de cuir noir. La coupe faisait remonter les seins, dégageant le sommet de l’aréole brune, le pubis était laissé libre.

« Je te plais comme ça ? demanda Camille en venant se frotter dans le dos de son invitée. »

Camille ne sut quoi répondre, elle se contenta de boire quelques gouttes de champagne.

« Ne me dis pas que ça te trouble, tu as dû en voir d’autres. Tu nous as montré tes photos, tu te souviens ?

— Oui, c’est vrai, balbutia Stéphanie, mais là…

— Oui, là ce n’est pas une mise en scène, et c’est toi qui es au centre du jeu. N’aie pas peur, je ne vais pas abîmer un si joli corps, une peau si douce. Pas de fouet ni de cordes pour toi. Regarde, ces attaches sont doublées de fourrure. Tu n’auras aucune trace. »

Léonard sortit deux bracelets de cuir, auxquels étaient fixés des anneaux métalliques, et les passa aux poignets de la jeune femme. Il procéda de même pour ses chevilles. Un bandeau noir compléta les préparatifs.




[1] Art japonais du liage érotique ou esthétique, utilisant des cordes pour créer des nœuds, des motifs et des suspensions

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