Confirmation
Gaillac, samedi 22 février
Keller et Ducros se retrouvèrent le samedi matin pour continuer les recherches sur les portables. Comme prévu, Laura Marque avait approuvé les réquisitions pour les téléphones de Léonard Torrès et de Camille Choiseul. Le maréchal des logis avait pu joindre un contact qui lui avait promis de lui envoyer les résultats rapidement. La réponse arriva vers onze heures. Le couple avait bien effectué le trajet de la rue Monplaisir à Lanta durant la nuit du 11 au 12 janvier. Ils y étaient restés jusqu’au dimanche midi, avant de rejoindre leur domicile de Buzet.
— Tu crois que le procureur acceptera de lancer une perquisition ? demanda Ducros.
— Je ne sais pas, nous avons affaire à des notables de la région, mais nous parlons quand même de quatre personnes disparues sans laisser de traces, dans des circonstances identiques et au même endroit.
— Nous n’avons pas de certitudes sur le lieu pour le couple de Lagrave, remarqua Ducros.
— De toute façon, on va les convoquer pour qu’ils nous parlent un peu de ces soirées roses.
— Et s’ils en profitent pour effacer leurs traces ?
— C’est un risque, en effet. Je vais en parler avec la substitute.
Keller appela Laura Marque à l’heure du déjeuner, il savait qu’elle n’avait rien de prévu pour le week-end. Elle se rangea aux arguments des gendarmes, mais objecta qu’il serait préférable d’attendre le lundi pour en parler avec le procureur.
« Prépare tes hommes pour lundi après-midi, dit-elle à l’adjudant, mais attends mon feu vert pour passer à l’action. »
Keller raccrocha et fit part de sa conversation à Ducros.
— Qu’est-ce que tu espères trouver ? demanda le gendarme, les Martinez ont disparu il y a plus d’un mois, et les Delcasse depuis six mois. Même s’ils les ont tués, ils ont eu largement le temps de faire disparaître les corps.
— Oui, tu as raison, mais je sens qu’on est tout près de quelque chose. Un couple diabolique.
— Pour le moment, nous n’avons pas d’éléments matériels et surtout pas de corps. Il n’est pas illégal d’organiser des soirées libertines, entre adultes consentants.
— On peut les mettre sous surveillance, nous avons repéré deux couples disparus, il y en a peut-être eu d’autres, et s’ils y avaient pris goût ? Ils pourraient recommencer.
— Oui, mais comment le savoir ?
— Ils communiquent au travers de la messagerie. Il nous faut hacker le réseau rose.
— Je doute que le procureur nous l’autorise.
— Laura Marque sait que j’ai créé un profil fictif, je peux essayer de l’exploiter un peu plus, on ne risque pas grand-chose.
— Tu laisses tomber le dentiste et l’avocat ? questionna Ducros.
— Je suis convaincu que c’est du côté de Torrès et Choiseul qu’il faut creuser. Dès lundi, je retournerai voir notre collègue à Albi.

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