Le commencement
En 2007, une fillette de trois ans assista pour la première fois à un spectacle de danse classique. Depuis ce jour, elle découvrit une passion et par dessus tout, l’envie de devenir danseuse étoile.
Cette petite fille c’est moi, je m’appelle Anaïs. J’ai les cheveux longs, lisses et bruns ainsi que les yeux marrons. Je suis timide, têtue et j’avais peu confiance en moi à l’époque. Avec le temps et les épreuves de la vie, je me suis forgée un caractère.
- Maman, papa, je veux faire de la danse classique ! S’il-vous-plaît !
- Attend, deux secondes ma chérie.
Au bout d’un peu plus d’un an, à leur demander constamment, ils ont fini par m’y inscrire. Eh oui, je suis aussi le genre de fille qui, quand elle a une idée en tête, ne l’abandonne pas avant de l’avoir obtenue, et ce, depuis mon plus jeune âge.
Mes parents m’ont inscrite à l’association sportive de mon village, pour faire de la danse classique. À cause de ma timidité, ils avaient peur que je n’accroche pas avec la professeure de danse qui, au premier abord, paraissait froide et stricte. Mais, finalement, tout s’est très bien passé car elle était d’une grande bienveillance. À la fin de l’année, un spectacle est organisé sur scène, devant tous les parents. Ma professeure de danse avait peur que ma timidité prenne le dessus et que je sois incapable de monter sur scène, d’autant plus que je n’avais que cinq ans. Mais contre toute attente, j’ai foncé sur scène et j’ai pris énormément de plaisir. Ça a donc été ma toute première scène. Je m’en souviens comme si c’était hier, c’était le conte de Cendrillon et j’étais une des princesses du bal. Depuis ce jour, je me réinscris chaque année et au bout de treize ans, je suis toujours aussi passionnée. La danse classique a été un sport sur lequel je me suis accrochée directement et pourtant, j’aime le changement. J’ai donc pris l’initiative d’essayer différents sports, en plus de la danse. Le handball, j’en ai fait durant un an car après j’ai commencé à m’en lasser. Je ne recevais jamais la balle, et quand je l’avais, je me la prenais toujours dans la figure. Il faut aussi avouer que les sports d’équipes ne me passionnent pas vraiment…
Ensuite, j’ai fait un an de twirling bâton, je m’en suis également lassée. Moins que le handball, mais à l’époque j’étais jeune, je n’avais que huit ans, et avec du recul, je sais que j’aimais ce sport. J’avais juste peur des compétitions, car elles commencent dès la deuxième année. J’ai donc également arrêté. J’ai encore certaines bases de ce sport, donc de temps en temps je fais tourner mon stylo sur mon doigt. Mais, la danse classique c’est différent. Je ne saurais pas comment vous le dire, mais, pour moi, c’est magique. Il y a quelque chose qui fait que je m’y sens bien. Être entourée de tutus majestueux, de collants, de chaussons, de pointes, ça me donne des étoiles dans les yeux. J’ai pu assister à des ballets, le premier a été « La Belle au bois dormant », c’était juste magique, j’étais tellement heureuse et impatiente d’y être.
Le deuxième était « Le lac des cygnes », je ne saurais pas dire pourquoi, mais, quand les rideaux se sont ouverts, j’ai eu les larmes aux yeux. C’était si beau, j’avais l’impression de rêver. J’ai pleuré tout le long du spectacle tellement j’étais émue. J’ai l’impression que c’était hier, ça m’a vraiment marqué. Pendant ces années de ma vie, j’ai pu jouer plein de rôles. Quand j’étais plus jeune, je faisais des petits rôles, mais plus je grandissais, plus mes rôles étaient importants. J’ai toujours refusé de faire des solos, j’avais trop peur de me tromper, jusqu’à l’année dernière. Ma professeure nous fait faire tous les deux ans un conte, et l’année dernière, il se nommait « Hansel et Gretel ». J’ai été dans l’obligation de faire des solos car il ne restait plus que deux grandes, moi et une autre fille. Avant de démarrer le conte, il y a toujours des variations, afin que le spectacle soit plus long. Avec cette fille, nous avions fait deux variations ensemble, une en classique et une classique-jazz. J’ai ensuite interprété mon premier solo « La mort du cygne », j’étais très stressée et j’avoue que je ne sais pas ce qui s’est passé. En plein milieu de la danse, j’ai levé mon bras au ciel et j’ai eu l’impression que le monde s’arrêtait, que c’était un rêve. C’était la première fois que je réussissais à me mettre dans ma bulle, et quand je suis arrivée à la fin de la danse, c’est comme si je venais de reprendre conscience de ce qui venait de se passer. Ça a été la plus belle danse que j’ai pu faire jusqu’à présent, j’en rêve encore très souvent. Même si ça a été énormément de travail, de courbatures et de bleus. J’aimerais juste pouvoir la refaire une fois.
Dans ce conte, j’ai pu interpréter deux rôles qui ne me ressemblent pas du tout ! La méchante sorcière et la belle-mère. Ça représente beaucoup de danses difficiles à mémoriser, mais franchement, ce spectacle était inoubliable.
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