Chapitre 2

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La pluie frappait doucement les vitres de l’auberge suspendue lorsque Selen posa finalement la question.

Le feu brûlait faiblement dans la grande salle pendant que les lumières blanches de la capitale traversaient encore la nuit rouge derrière les fenêtres. Kael observait les braises d’un air épuisé. Vaelith gardait les yeux perdus dans les flammes. Et Selen serrait toujours ses bras pierreux contre elle.

Puis sa voix résonna doucement :

— Comment vous m’avez retrouvée… ?

Le silence retomba immédiatement autour du feu.

Le ventre de Lythra se noua lentement.

Parce qu’ils n’avaient encore jamais réellement reparlé du voyage depuis leur sortie des seuils.

Puis Kael souffla difficilement.

— Le premier seuil…
c’était le Collectionneur.

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

les souvenirs du carnaval remontèrent.

Les lumières.
Les musiques.
Les enfants courant entre les attractions.

Puis Kael reprit plus bas :

— Quand on est arrivés…
on croyait presque que le seuil était vivant.

Le feu crépitait doucement.

— Y avait des lanternes partout.
Des stands ouverts.
Des manèges encore en marche.

Le souffle de Selen ralentit légèrement.

Puis Lythra murmura doucement :

— Les enfants jouaient vraiment.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

— Ils riaient.
Couraient.
Se poursuivaient dans les allées.

Le silence sembla devenir plus lourd.

Parce que c’était justement ça qui rendait l’endroit horrible.

Puis Kael eut un rire faible.

Sans joie.

— Au début…
on comprenait pas ce qui clochait.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis Vaelith parla calmement :

— Le Collectionneur maintenait le carnaval en vie.

Le feu projetait des ombres mouvantes contre les murs de l’auberge.

— Les lumières.
La nourriture.
Les jeux.

Sa voix semblait plus lointaine maintenant.

— Tout existait pour garder les enfants près de lui.

Le ventre de Selen se noua lentement.

Puis Kael reprit :

— Et plus on restait…
plus on remarquait certains détails.

Le silence retomba doucement.

— Les enfants étaient pâles.
Fatigués parfois.
Comme s’ils dormaient mal depuis des années.

Le feu crépitait faiblement.

Puis Lythra murmura :

— Certains toussaient constamment.

Le battement vibra encore.

Et immédiatement…

elle revit les visages maigres aperçus près des attractions.

Les cernes.
Les mains tremblantes.
Les regards vides de certains enfants plus âgés.

Puis Kael continua :

— On a fini par trouver les dortoirs.

Le silence explosa immédiatement autour du feu.

Le souffle de Selen ralentit brutalement.

Puis Kael passa lentement une main contre son visage fatigué.

— C’était sous le carnaval.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

— Des dizaines de lits alignés.
Des couvertures.
Des jouets.

Sa gorge bougea difficilement.

— Et certains lits étaient occupés.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis Lythra murmura doucement :

— Des enfants morts.

Le silence devint immense.

Selen baissa lentement les yeux.

Puis Vaelith reprit calmement :

— Le Collectionneur se nourrissait lentement de leur énergie vitale.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Pas assez rapidement pour les tuer jeunes.
Mais suffisamment pour les empêcher de grandir normalement.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Selen.

Puis Kael souffla difficilement :

— Le pire…
c’était que le carnaval continuait quand même au-dessus.

Le feu crépitait doucement.

— Les manèges tournaient.
Les musiques continuaient.
Les enfants jouaient encore.

Sa voix semblait plus faible maintenant.

— Pendant que d’autres mouraient lentement juste en dessous.

Le silence explosa doucement autour du groupe.

Puis Lythra murmura :

— Et certains restaient même après leur mort.

Le souffle de Selen se coupa légèrement.

Le battement vibra encore.

Puis Kael acquiesça lentement.

— On voyait parfois des fantômes d’enfants dans certaines attractions.

Le vent souffla doucement autour de l’auberge suspendue.

— Pas agressifs.
Pas violents.

Sa gorge se serra légèrement.

— Juste…
encore là.

Le feu projetait des ombres rouges sur leurs visages maintenant.

Puis Vaelith murmura calmement :

— Le seuil refusait de les laisser partir entièrement.

Le silence retomba immédiatement.

Puis Lythra ajouta doucement :

— Certains fantômes continuaient même de jouer.

Le ventre de Selen se noua douloureusement.

Parce qu’elle imaginait parfaitement la scène maintenant.

Les lanternes.
Les musiques.
Les enfants vivants.
Et les morts mélangés parmi eux.

Puis Kael souffla difficilement :

— C’est là qu’on a compris qu’on devait sortir vite.

Le feu brûlait faiblement maintenant.

— Parce que plus on restait…
plus le seuil commençait à nous épuiser nous aussi.

Le battement vibra encore une fois sous le monde.

Et dans le silence de l’auberge suspendue…

Selen comprit enfin que le premier seuil n’était pas construit sur la cruauté.

Mais sur une solitude monstrueuse ayant transformé des enfants en source de vie éternelle pour un être incapable de les laisser partir.

Le feu brûlait beaucoup plus faiblement maintenant.

La pluie avait presque cessé dehors, mais la capitale restait noyée sous cette lumière rouge étrange traversant encore les fissures du ciel. Selen gardait les yeux baissés vers ses mains pierreuses depuis plusieurs minutes déjà.

Personne ne parlait.

Comme si évoquer le Collectionneur avait déjà ramené une partie du seuil dans la pièce.

Puis Kael souffla lentement.

— Le deuxième seuil…
c’était totalement différent.

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

les souvenirs de la cité de verre remontèrent.

Le ciel.
Les chaînes.
Les boulets.

Le froid traversa immédiatement sa gorge.

Puis Kael reprit plus bas :

— On pensait que le carnaval était horrible.

Le feu crépitait doucement.

— Mais la cité…
c’était autre chose.

Le silence sembla devenir plus lourd.

Puis Lythra murmura doucement :

— Là-bas…
tout regardait le ciel.

Le souffle de Selen ralentit légèrement.

Et immédiatement…

elle comprit que quelque chose n’allait pas dans cette phrase.

Puis Vaelith parla calmement :

— Le seuil était construit autour d’une obsession.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Regarder vers le haut.

Le vent souffla doucement contre les vitres de l’auberge.

Et Lythra sentit immédiatement les images revenir avec une netteté terrible.

Les immeubles de verre.
Les passerelles suspendues.
Le ciel immense traversant toute la cité.

Puis Kael continua :

— Les prisonniers étaient partout.

Le feu projetait des ombres mouvantes sur les murs.

— Certains attachés aux murs.
D’autres dans les rues.
D’autres enfermés dans des cages suspendues.

Sa gorge bougea difficilement.

— Et tous avaient des chaînes.

Le ventre de Selen se noua lentement.

Puis Lythra murmura doucement :

— Avec des boulets aux pieds.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Le battement vibra encore.

Puis Kael acquiesça lentement.

— Des énormes boulets.

Sa voix semblait plus faible maintenant.

— Certains pouvaient à peine marcher avec.

Le vent souffla doucement autour de l’auberge suspendue.

Puis Selen fronça légèrement les sourcils.

— Pourquoi… ?

Le silence retomba immédiatement.

Puis Vaelith leva lentement les yeux vers elle.

Et sa voix sembla beaucoup plus lointaine lorsqu’il répondit :

— Parce que regarder le ciel les faisait monter.

Le souffle de Selen se coupa brutalement.

Le feu crépitait faiblement maintenant.

Puis Kael reprit difficilement :

— Au début…
on croyait que les chaînes servaient juste à les empêcher de fuir.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Puis on a vu un homme lever les yeux trop longtemps.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Parce qu’elle revoyait encore parfaitement la scène.

Les rues silencieuses.
Le ciel blanc immense au-dessus des tours de verre.
Et cet homme…

levant lentement la tête.

Puis Lythra murmura doucement :

— Ses pieds ont quitté le sol.

Le silence sembla devenir vivant autour du groupe.

Puis Kael continua :

— Pas d’un coup.

Sa gorge se serra légèrement.

— Lentement.

Le feu projetait des ombres rouges sur leurs visages maintenant.

— Comme si le ciel le tirait doucement vers lui.

Le souffle de Selen ralentit brutalement.

Puis Vaelith reprit calmement :

— Le seuil voulait les absorber.

Le battement vibra encore.

— Plus quelqu’un fixait le ciel…
plus il devenait léger.

Le silence retomba doucement.

Puis Kael souffla difficilement :

— Et les autres prisonniers regardaient même plus vers le haut.

Le ventre de Selen se noua lentement.

Puis Lythra murmura :

— Certains marchaient la tête baissée depuis tellement longtemps…
qu’ils avaient le cou complètement tordu.

Le feu crépitait faiblement.

Et immédiatement…

les souvenirs de la cité revinrent plus fort encore.

Les chaînes traînant dans les rues.
Les boulets cognant contre le verre.
Les silhouettes avançant lentement sans jamais regarder le ciel.

Puis Kael reprit :

— Certains prisonniers rajoutaient eux-mêmes du poids à leurs chaînes.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Selen releva lentement les yeux vers lui.

Puis il ajouta beaucoup plus bas :

— Parce qu’ils avaient peur de monter pendant leur sommeil.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis Vaelith murmura calmement :

— La cité entière était une prison construite contre le ciel.

Le vent souffla doucement contre les fenêtres.

Et Lythra sentit immédiatement le froid revenir sous sa peau.

Parce qu’elle se souvenait encore des corps suspendus là-haut.

Très loin au-dessus des tours.

Minuscules.

Immobiles.

Puis Kael passa lentement une main contre son visage fatigué.

— Et y avait cet homme.

Le silence sembla devenir plus lourd immédiatement.

Le battement vibra encore.

Puis Lythra murmura doucement :

— Celui avec les chaînes noires.

Kael acquiesça lentement.

— Ouais.

Le feu semblait plus faible maintenant.

— Il vivait dans une vieille tour de verre fissurée.

Sa gorge bougea difficilement.

— Et il était encore capable de regarder le ciel quelques secondes sans monter.

Le souffle de Selen ralentit légèrement.

Puis Vaelith reprit calmement :

— Parce qu’il résistait depuis des années.

Le silence retomba doucement.

Puis Kael eut un rire faible.

— Franchement…
je crois qu’il était devenu fou depuis longtemps.

Le vent souffla autour de l’auberge suspendue.

Puis il continua :

— Il parlait du ciel comme d’un être vivant.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Il disait que la cité écoutait.
Qu’elle attendait.
Qu’elle voulait alléger tout ce qui vivait.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Parce qu’elle se souvenait encore du regard de cet homme.

Épuisé.
Terrifié.
Mais incapable d’abandonner.

Puis Selen murmura très bas :

— Et vous…
vous deviez traverser tout ça pour me retrouver…

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Kael releva lentement les yeux vers elle.

Et cette fois…

il ne plaisanta pas.

— Oui.

Le feu crépitait faiblement maintenant.

Puis il ajouta beaucoup plus bas :

— Et plus on avançait…
plus on avait peur de finir comme eux.

Le silence retomba quelques secondes autour du feu après les paroles de Kael.

La pluie avait presque totalement cessé maintenant. Derrière les vitres de l’auberge suspendue, les lumières du palais brillaient encore sous le ciel rouge fissuré.

Puis Selen murmura faiblement :

— Et après la cité de verre… ?

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

les souvenirs du troisième seuil remontèrent.

La brume.
Les silhouettes.
Les rues impossibles.

Le froid traversa instantanément sa gorge.

Puis Kael souffla difficilement.

— Après ça…
on pensait avoir déjà vu le pire.

Un rire faible lui échappa.

Cassé.

— On était vraiment stupides.

Le feu crépitait doucement.

Puis Lythra murmura :

— La cité hallucinée…

Le silence sembla devenir plus lourd immédiatement.

Même Vaelith releva lentement les yeux vers les flammes.

Puis Kael reprit beaucoup plus bas :

— Cet endroit…
c’était pas un vrai monde.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

— C’était comme marcher dans un rêve malade.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Et immédiatement…

les images revinrent avec une netteté terrible.

Les immeubles déformés.
Les rues changeant de direction.
La brume mouvante traversant les bâtiments.

Puis Lythra murmura doucement :

— Rien restait identique longtemps.

Le souffle de Selen ralentit légèrement.

Puis Kael acquiesça lentement.

— Une rue pouvait disparaître derrière nous.
Une porte apparaissait là où il n’y avait rien avant.

Le feu projetait des ombres mouvantes contre les murs de l’auberge.

— Et la brume…

Sa gorge se serra légèrement.

— La brume faisait voir des choses.

Le silence explosa doucement autour du groupe.

Puis Vaelith parla calmement :

— Le seuil fouillait derrière le regard.

Le battement vibra encore.

Puis il leva lentement les yeux vers Selen.

— Plus quelqu’un fixait les apparitions…
plus le seuil gagnait de contrôle.

Le ventre de Selen se noua lentement.

Puis Kael reprit difficilement :

— Au début…
on voyait juste des silhouettes dans la brume.

Le feu crépitait faiblement maintenant.

— Des formes humaines.
Des gens immobiles au bout des rues.

Le souffle de Lythra ralentit doucement.

Parce qu’elle se souvenait encore de leurs sourires.

Puis elle murmura :

— Elles nous regardaient.

Le silence sembla devenir vivant autour du feu.

Puis Kael acquiesça.

— Toujours.

Le vent souffla doucement contre les fenêtres.

— Et parfois…
elles ressemblaient à des gens qu’on connaissait.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis Selen fronça légèrement les sourcils.

— C’est là que vous avez rencontré Zackel… ?

Le regard de Lythra changea immédiatement.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis elle murmura doucement :

— Oui.

Et malgré elle…

un mélange étrange de tristesse et de colère traversa immédiatement sa poitrine.

Puis Kael souffla difficilement.

— Honnêtement…
au début on croyait qu’il était lui aussi une hallucination.

Le silence retomba doucement.

Puis Lythra sentit immédiatement les souvenirs revenir.

Le jeune homme assis au milieu d’une rue déformée.
Les bâtiments noyés dans la brume.
Et lui…

calme.

Comme s’il appartenait au seuil depuis toujours.

Puis Vaelith reprit calmement :

— Zackel connaissait les règles de la cité.

Le battement vibra encore.

— Il savait quelles rues éviter.
Quand il fallait baisser les yeux.
Quand il fallait avancer sans réfléchir.

Le ventre de Selen se noua lentement.

Puis Kael eut un rire faible.

— Et il arrêtait pas de nous répéter de pas fixer les silhouettes.

Le feu crépitait doucement.

Puis Lythra murmura :

— “Elles changent le monde derrière le regard.”

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

Parce qu’ils se souvenaient tous parfaitement de cette phrase maintenant.

Puis Kael continua :

— Le pire…
c’était qu’il avait raison.

Le vent souffla doucement autour de l’auberge suspendue.

— Chaque fois qu’on regardait trop longtemps la brume…
quelque chose changeait derrière nous.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis Lythra sentit immédiatement le froid revenir dans sa poitrine.

Parce qu’elle se souvenait encore du moment où ils avaient vu Arich.

Le faux Arich.

Puis Kael passa lentement une main contre son visage fatigué.

— Quand les silhouettes ont commencé à prendre l’apparence des morts…
tout a empiré.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis Vaelith détourna lentement les yeux.

Et le silence autour de lui devint immédiatement plus lourd.

Puis Lythra murmura doucement :

— Selen et Arich marchaient ensemble dans la brume.

Le souffle de Selen se coupa brutalement.

Le battement vibra encore.

Puis Kael reprit beaucoup plus bas :

— Ils nous regardaient comme si on les avait abandonnés.

Le silence sembla devenir vivant autour du groupe.

Puis Lythra continua difficilement :

— Et Arich…
a demandé à Vaelith pourquoi il l’avait laissé mourir.

Le feu crépitait doucement.

Et pendant quelques secondes…

personne ne parla.

Parce qu’ils se souvenaient encore du regard de Vaelith ce soir-là.

Ses mains tremblantes.
Ses yeux humides.
Son silence.

Puis Kael souffla difficilement :

— Sans Zackel…
je crois qu’on serait restés bloqués là-bas.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

Puis il continua :

— C’est lui qui a lancé le caillou sur les silhouettes.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Et quand elles ont disparu…
on a enfin compris qu’il était réel.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Parce qu’elle revoyait encore Zackel.

Fatigué.
Perdu.
Mais encore vivant malgré le seuil.

Puis Selen murmura très bas :

— Pourquoi il est resté… ?

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Lythra répondit immédiatement.

Sans hésiter.

— Parce qu’il avait peur.

Le feu projetait des ombres rouges sur son visage maintenant.

Puis elle reprit doucement :

— Il disait qu’il ne savait plus qui il était ailleurs que dans le seuil.

Le battement vibra encore sous le monde.

— Et qu’après autant de temps…
la cité ne le laisserait probablement jamais partir complètement.

Le silence retomba doucement.

Puis Kael murmura :

— Il avait déjà commencé à parler comme le seuil.

Le ventre de Lythra se serra douloureusement.

Parce qu’elle se souvenait encore de leur dernière nuit là-bas.

Zackel assis près des ruines.
Le ciel déformé au-dessus d’eux.
La brume avançant lentement entre les rues.

Puis Selen releva doucement les yeux vers Lythra.

— Et vous l’avez laissé là-bas…

Le silence explosa immédiatement autour du groupe.

Puis Lythra serra brutalement les mâchoires.

Le feu crépitait faiblement.

Et dans son regard…

quelque chose devint soudain beaucoup plus dur.

Puis elle murmura :

— Pas pour toujours.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis elle releva lentement les yeux vers Vaelith.

Et sa voix sembla beaucoup plus ferme maintenant.

— On retourne le chercher.

Le silence sembla devenir immense autour du feu.

Même Kael releva immédiatement les yeux vers elle.

Puis Lythra continua :

— Je m’en fiche du palais.
Je m’en fiche des cours.
Je m’en fiche des risques.

Le vent souffla doucement contre les fenêtres.

— On ne le laisse pas mourir dans ce seuil.

Le battement vibra encore sous le monde.

Puis Vaelith observa longuement les flammes sans parler.

Et pendant quelques secondes…

le seul bruit dans l’auberge fut celui du feu brûlant lentement sous le ciel rouge du royaume.

Le silence retomba lourdement autour du feu après les paroles de Lythra.

La pluie avait complètement cessé maintenant. Derrière les vitres de l’auberge suspendue, la capitale brillait toujours sous le ciel rouge fissuré, magnifique et malade à la fois.

Lythra gardait les mâchoires serrées.

Le battement vibra faiblement dans sa poitrine.

Puis Vaelith leva finalement lentement les yeux vers elle.

Et contrairement à ce qu’elle attendait…

il ne refusa pas.

Le feu crépitait doucement pendant qu’il observait les flammes quelques secondes supplémentaires.

Puis il murmura calmement :

— Une dizaine de jours.

Le souffle de Lythra ralentit légèrement.

Kael fronça immédiatement les sourcils.

— Attends…
quoi ?

Vaelith détourna finalement les yeux vers les fenêtres du royaume.

— Peut-être quinze.

Le silence sembla devenir plus lourd.

Puis il reprit calmement :

— Si Zackel est encore capable de réfléchir clairement…
alors lui imposer un départ immédiatement serait une erreur.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Et immédiatement…

Lythra comprit ce qu’il voulait dire.

Zackel avait peur du monde extérieur maintenant.

Peut-être même davantage que du seuil lui-même.

Puis Vaelith poursuivit :

— Il a vécu trop longtemps dans cette cité.
Le seuil fait déjà partie de lui.

Le feu projetait des ombres rouges sur son visage fatigué.

— Le forcer à partir brutalement…
pourrait le briser complètement.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Parce qu’au fond…
elle savait qu’il avait raison.

Puis Kael souffla difficilement :

— Donc on le laisse là-bas encore deux semaines… ?

Vaelith releva lentement les yeux vers lui.

— Non.

Le silence retomba immédiatement.

Puis il ajouta beaucoup plus calmement :

— On lui laisse le temps d’y penser.

Le battement vibra encore sous le monde.

Puis Vaelith regarda finalement Lythra.

Et son regard sembla beaucoup plus sérieux maintenant.

— Et toi…
tu as besoin de temps aussi.

Le souffle de Lythra ralentit légèrement.

Puis il poursuivit :

— Les cours commencent dans une semaine.
Tu dois apprendre les règles du palais.
Comprendre l’académie.
T’adapter avant de prendre d’autres risques.

Le feu crépitait doucement.

Puis Kael marmonna faiblement :

— Dit comme ça…
ça ressemble presque à une vraie vie normale.

Un rire faible échappa à Lythra malgré elle.

Petit.
Fatigué.

Mais il disparut presque aussitôt.

Parce qu’elle comprenait ce que Vaelith disait réellement.

Dans quelques jours…
elle deviendrait Alba.

Puis Vaelith reprit calmement :

— Pendant ce temps…
Zackel pourra choisir lui-même.

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

elle revit le jeune homme assis dans les ruines de la cité hallucinée.

Son regard perdu.
Sa peur silencieuse.
Sa manière de parler du seuil comme d’un endroit vivant.

Puis Vaelith ajouta beaucoup plus bas :

— Peut-être qu’une partie de lui espère encore partir.
Mais il doit être capable de faire ce choix lui-même.

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

Puis Selen murmura faiblement :

— Et si le seuil ne le laisse pas partir… ?

Le feu sembla devenir plus faible.

Puis Vaelith détourna lentement les yeux vers les fissures rouges visibles derrière les fenêtres.

Et sa voix sembla beaucoup plus lointaine lorsqu’il répondit :

— Alors on trouvera un moyen de l’arracher à cette cité.

Le battement vibra encore sous le monde.

Puis le silence retomba doucement autour du feu.

Et dans les reflets rouges des vitres…

Lythra comprit qu’une partie d’eux était encore restée enfermée dans les seuils malgré leur retour au royaume.

Le silence retomba longtemps autour du feu après les paroles de Vaelith.

La capitale brillait toujours derrière les grandes vitres de l’auberge suspendue, immense et blanche sous le ciel rouge fissuré. Les lanternes des jardins suspendus dérivaient lentement dans la nuit pendant qu’au loin, les arches du palais traversaient encore les nuages comme les os gigantesques d’un royaume malade.

Personne ne parlait.

Le feu crépitait faiblement.
Selen gardait ses bras pierreux serrés contre elle.
Et Lythra voyait encore la cité hallucinée lorsqu’elle fermait les yeux.

Puis Kael releva finalement lentement la tête.

Et cette fois…

sa voix était beaucoup plus douce.

— Et toi… ?

Selen releva légèrement les yeux vers lui.

Le silence sembla devenir plus lourd immédiatement.

Puis Kael reprit :

— Qu’est-ce qui t’est arrivé là-bas… ?

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

elle sentit Selen se crisper légèrement.

Comme si le simple fait d’y repenser suffisait déjà à faire revenir une partie du sanctuaire dans la pièce.

Le feu projetait des ombres mouvantes sur son visage fatigué maintenant.

Puis Selen détourna lentement les yeux vers les flammes.

Et pendant quelques secondes…

elle ne répondit pas.

Le vent souffla doucement contre les vitres de l’auberge suspendue.

Puis finalement…

sa voix résonna très bas :

— Au début…
je pensais pouvoir ressortir seule.

Le silence explosa doucement autour du groupe.

Puis elle reprit :

— Quand je suis tombée dans les fondations…
je croyais encore que c’était juste un autre seuil.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Et immédiatement…

les souvenirs remontèrent dans son regard.

Lythra le voyait.

L’eau noire.
Les couloirs humides.
Les profondeurs.

Puis Selen continua difficilement :

— Les premières salles semblaient abandonnées.

Le feu crépitait doucement.

— Il y avait des statues partout.
Des arches fissurées.
Et cette odeur…

Sa gorge bougea légèrement.

— Cette odeur d’eau stagnante.

Le ventre de Lythra se noua immédiatement.

Parce qu’elle aussi s’en souvenait.

Puis Selen reprit :

— Au début…
j’entendais juste des bruits dans les profondeurs.

Le silence sembla devenir plus lourd.

— Des respirations.
Des craquements.
Des choses qui bougeaient très loin sous le sanctuaire.

Le battement vibra encore.

Puis Kael murmura faiblement :

— Le dormeur…

Selen acquiesça lentement.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis elle continua :

— Je pensais encore pouvoir retrouver une sortie.
Alors j’avançais.

Le vent souffla doucement contre les fenêtres.

— Mais plus je descendais…
plus le sanctuaire changeait.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Lythra fronça légèrement les sourcils.

— Changeait comment… ?

Le regard de Selen se perdit légèrement dans les flammes.

Et sa voix sembla beaucoup plus lointaine lorsqu’elle répondit :

— Certaines salles n’étaient plus là quand je revenais.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Des couloirs se déplaçaient.
Des arches apparaissaient ailleurs.
Parfois…
des escaliers descendaient plus profondément qu’avant.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Puis Selen murmura :

— Comme si le sanctuaire était vivant.

Le feu crépitait doucement maintenant.

Et personne ne répondit.

Parce qu’après tout ce qu’ils avaient vu…

plus personne ne trouvait cette idée impossible.

Puis Selen reprit difficilement :

— Et après…
j’ai commencé à entendre les rêves.

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

Kael releva immédiatement les yeux vers elle.

— Les rêves… ?

Le battement vibra encore.

Puis Selen acquiesça lentement.

— Pas des mots.
Pas des phrases.

Sa gorge se serra légèrement.

— Des émotions.

Le feu projetait des ombres rouges sur son visage maintenant.

— Une faim immense.
Une solitude…
tellement grande qu’elle me donnait envie de pleurer sans raison.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Parce qu’elle connaissait déjà cette sensation maintenant.

Puis Selen continua :

— Et parfois…
une colère.

Le silence explosa doucement autour du feu.

— Pas une colère humaine.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Quelque chose de beaucoup plus ancien.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis Vaelith murmura calmement :

— Le dormeur rêvait à travers le sanctuaire.

Selen releva lentement les yeux vers lui.

Et pendant une seconde…

quelque chose traversa son regard.

Comme si entendre quelqu’un enfin mettre des mots sur ce qu’elle avait vécu la soulageait légèrement.

Puis elle reprit :

— Au bout d’un moment…
je savais même plus depuis combien de temps j’étais là-dessous.

Le vent souffla doucement autour de l’auberge suspendue.

— Le sanctuaire n’avait plus vraiment de jours ou de nuits.
Seulement l’eau.
Les pierres.
Les respirations.

Le silence retomba doucement.

Puis Kael demanda très bas :

— Et Leomio… ?

Le battement vibra encore sous le monde.

Et immédiatement…

le regard de Selen changea légèrement.

Le feu crépitait doucement.

Puis elle murmura :

— Je pensais qu’il était une hallucination la première fois.

Le ventre de Lythra se noua.

Parce qu’elle revoyait parfaitement le vieil homme aveugle maintenant.

Ses vêtements humides.
Son calme étrange.
Sa manière de marcher dans le sanctuaire.

Puis Selen continua :

— Il était assis au milieu des statues.
Comme s’il les attendait.

Le silence sembla devenir plus lourd.

— Et il m’a immédiatement appelée par mon nom.

Le souffle de Kael ralentit légèrement.

Puis Selen reprit :

— Je lui ai demandé comment il pouvait me voir.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis elle eut un rire faible.

Fatigué.

— Et il a juste répondu que le sanctuaire voyait pour lui.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Puis Selen continua beaucoup plus bas :

— J’aurais dû partir immédiatement.

Le feu projetait des ombres mouvantes autour du groupe maintenant.

— Mais il connaissait les seuils.
Les fondations.
Le dormeur.

Sa gorge se serra légèrement.

— Et surtout…
il semblait réellement vouloir comprendre ce qui se passait.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Kael fronça légèrement les sourcils.

— Il voulait pas te tuer… ?

Selen hésita longtemps avant de répondre.

Puis finalement :

— Non.

Le battement vibra encore.

Et immédiatement…

tout le groupe resta silencieux.

Puis elle reprit difficilement :

— C’est ça le problème.

Le feu semblait plus faible maintenant.

— Leomio n’était pas cruel.
Pas vraiment.

Le vent souffla doucement contre les fenêtres.

— Il était obsédé.

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

Puis Selen continua :

— Il voulait comprendre les seuils.
Comprendre le dormeur.
Comprendre comment stabiliser les fondations.

Sa voix devenait plus basse maintenant.

— Et quand il a vu mes fissures…
tout a changé.

Le ventre de Lythra se noua brutalement.

Puis Selen regarda lentement ses mains pierreuses.

Le feu éclairait les craquelures blanches courant sous sa peau maintenant.

Puis elle murmura :

— Il disait que j’étais différente.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Que le sanctuaire me rejetait pas complètement.

Le silence retomba doucement.

Puis Vaelith demanda calmement :

— Il voulait créer un lien stable avec le dormeur.

Selen acquiesça lentement.

Le feu crépitait doucement.

Puis elle reprit :

— Il pensait que si quelqu’un survivait assez longtemps à la connexion…
les seuils pourraient devenir contrôlables.

Le souffle de Kael ralentit brutalement.

— Contrôlables… ?

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Puis Selen murmura :

— Il croyait réellement pouvoir empêcher les seuils de détruire le royaume.

Le silence sembla devenir vivant autour du groupe.

Et c’était ça le pire.

Parce qu’au fond…

Leomio ne pensait pas être un monstre.

Puis Selen continua difficilement :

— Il m’a montré les anciennes recherches.
Les statues.
Les fondations.

Le battement vibra encore sous le monde.

— Et plus je restais…
plus je sentais le dormeur dans ma tête.

Le feu semblait plus faible maintenant.

Puis elle leva lentement les yeux vers le groupe.

Et cette fois…

la peur dans son regard semblait beaucoup plus réelle.

— À un moment…
j’ai commencé à avoir peur d’oublier qui j’étais.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Selen ajouta beaucoup plus bas :

— Parce qu’une partie de moi…
commençait à comprendre le sanctuaire aussi.

Le silence resta longtemps suspendu autour du feu après les paroles de Selen.

La capitale brillait encore derrière les grandes vitres de l’auberge suspendue, mais personne ne regardait réellement les lumières du royaume maintenant.

Le feu crépitait faiblement.
Le vent soufflait contre les fenêtres.
Et les fissures blanches sur les bras de Selen pulsaient parfois sous la lumière rouge du ciel.

Puis Kael murmura finalement :

— Les statues…
c’était quoi exactement… ?

Le battement vibra faiblement dans la poitrine de Lythra.

Et immédiatement…

le regard de Selen changea.

Le feu projetait des ombres mouvantes sur son visage fatigué maintenant.

Puis elle répondit très bas :

— Au début…
je pensais vraiment que c’étaient juste des sculptures.

Le silence sembla devenir plus lourd.

Puis elle reprit :

— Elles étaient partout.
Dans les couloirs.
Dans les salles.
Même dans l’eau parfois.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

— Certaines semblaient anciennes.
Érodées.
D’autres…

Sa gorge se serra légèrement.

— D’autres avaient l’air presque vivantes.

Le ventre de Lythra se noua immédiatement.

Parce qu’elle se souvenait encore des fissures.
Des visages.
Des mains.

Puis Selen continua difficilement :

— Certaines pleuraient.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Kael releva brutalement les yeux vers elle.

— Quoi… ?

Le battement vibra encore sous le monde.

Puis Selen acquiesça lentement.

— Pas des vraies larmes.
Une sorte de liquide noir épais.

Le feu semblait plus faible maintenant.

— Et parfois…
j’entendais des bruits dans certaines statues.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Puis Selen murmura :

— Comme des respirations.

Le silence retomba lourdement.

Puis Vaelith demanda calmement :

— Tu as trouvé les salles des transformés.

Le regard de Selen glissa immédiatement vers lui.

Et pendant une seconde…

quelque chose dans son expression confirma qu’elle ne voulait pas revoir ces images non plus.

Puis elle reprit :

— Leomio m’y a conduite après plusieurs jours.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

— Il disait que je devais comprendre ce que les seuils faisaient réellement aux gens.

Le feu crépitait doucement.

Et immédiatement…

les souvenirs revinrent dans son regard.

Les arches humides.
Les salles noyées dans l’eau noire.
Et ces silhouettes alignées dans l’obscurité.

Puis Selen murmura difficilement :

— Il y avait des centaines de statues.

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

— Certaines attachées.
D’autres enfermées derrière des grilles.
Certaines…
encore conscientes.

Le souffle de Kael ralentit brutalement.

Puis Selen continua :

— Une femme m’a regardée bouger les yeux pendant plusieurs secondes.

Le feu projetait des ombres rouges sur les murs maintenant.

— Sa bouche pouvait plus bouger correctement.
Mais elle essayait encore de parler.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Puis Selen murmura :

— Je crois qu’elle savait qu’elle allait mourir.

Le battement vibra encore sous le monde.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Puis Selen continua beaucoup plus bas :

— Et après…
j’ai rencontré l’homme attaché.

Immédiatement…

Lythra sentit le froid revenir dans sa poitrine.

Parce qu’elle revoyait parfaitement cette salle maintenant.

Les chaînes.
L’eau noire.
Le corps fissuré.

Puis Selen reprit difficilement :

— Il était attaché contre un mur de pierre.
Avec des chaînes partout sur les bras.

Le feu semblait plus faible maintenant.

— Sa peau était déjà presque entièrement grise.

Le vent souffla doucement contre les vitres.

Puis Kael murmura faiblement :

— Celui qui disait que ça prenait quelques heures à quelques jours…

Selen acquiesça lentement.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis elle continua :

— Il détestait Leomio.

Le silence sembla devenir plus lourd.

— Il disait qu’il mentait.
Qu’il prétendait aider les gens…
mais qu’il les transformait lentement en statues.

Le feu crépitait doucement.

Puis Selen regarda lentement ses propres bras.

Et sa voix trembla légèrement :

— C’est lui qui m’a expliqué que les fissures monteraient jusqu’à mon cœur.

Le ventre de Lythra se noua brutalement.

Puis Selen reprit :

— Et plus je restais…
plus elles progressaient.

Le silence explosa doucement autour du groupe.

Puis Kael demanda très bas :

— Pourquoi t’es pas partie immédiatement alors… ?

Le battement vibra encore.

Et Selen ferma doucement les yeux quelques secondes.

Puis elle répondit :

— Parce que je croyais encore pouvoir comprendre ce qu’était le dormeur.

Le feu sembla devenir plus faible.

Le vent souffla doucement autour de l’auberge suspendue.

Puis elle continua :

— Et parce qu’une partie de moi…
commençait réellement à entendre ses rêves.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Puis Selen murmura difficilement :

— Au bout d’un moment…
je pouvais presque sentir quand il bougeait sous le sanctuaire.

Le silence sembla devenir vivant autour du groupe.

Puis Vaelith demanda calmement :

— Les carnets.

Le regard de Selen changea immédiatement.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Puis elle acquiesça lentement.

— Oui.

Le feu crépitait doucement maintenant.

— C’est dans les salles inférieures que je les ai trouvés.

Le ventre de Lythra se noua immédiatement.

Parce qu’elle connaissait déjà les noms maintenant.

Puis Selen continua :

— Celui d’Arich d’abord.

Le silence explosa doucement autour du feu.

Vaelith ne bougea pas.

Mais Lythra vit immédiatement ses mains se crisper légèrement contre ses jambes.

Puis Selen reprit plus bas :

— Il écrivait sur les expériences menées dans les fondations.

Le battement vibra encore.

— Les tentatives pour comprendre les seuils.
Les connexions avec le dormeur.
Les recherches pour fermer les failles.

Le feu projetait des ombres rouges sur leurs visages maintenant.

Puis Selen murmura :

— Et plus les pages avançaient…
plus il semblait terrifié.

Le silence retomba doucement.

Puis elle continua :

— Il parlait d’arrêter les expériences.
De quitter les fondations.
De quelque chose qui grandissait sous le sanctuaire.

Le ventre de Lythra se noua douloureusement.

Puis Selen releva lentement les yeux vers Vaelith.

Et cette fois…

sa voix sembla beaucoup plus douce.

— À la fin du carnet…
il avait écrit un poème pour toi.

Le feu sembla devenir plus faible immédiatement.

Le battement vibra faiblement sous le monde.

Et Vaelith resta totalement immobile.

Puis Selen reprit difficilement :

— Il disait qu’il espérait qu’un jour…
tu tomberais dessus.

Le silence explosa doucement autour du groupe.

Même Kael baissa légèrement les yeux maintenant.

Puis Selen murmura :

— Mais personne ne l’avait jamais trouvé avant moi.

Le vent souffla doucement contre les vitres de l’auberge suspendue.

Et pendant quelques secondes…

le seul bruit dans la pièce fut celui du feu brûlant lentement sous le ciel rouge du royaume.

Puis Selen reprit finalement beaucoup plus bas :

— Et après…
la statue a parlé.

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Parce qu’elle se souvenait parfaitement de ce moment maintenant.

Le silence.
Les fissures.
La voix.

Puis Selen murmura difficilement :

— Elle a dit :
“Je veux pas mourir…”

Le battement vibra encore sous le monde.

Le feu crépitait faiblement.

Puis sa gorge se serra légèrement.

— Et quelques secondes plus tard…
elle s’est fissurée entièrement.

Le silence sembla devenir immense autour du groupe.

Puis Selen baissa lentement les yeux vers ses mains pierreuses.

Et sa voix trembla finalement :

— Je crois que le sanctuaire transforme lentement les gens en souvenirs vivants.

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