Chapitre XXIII : Il est temps d'avancer.

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Mardi 06/12/22, sur l'île

E.Y.

Le soleil était haut dans le ciel quand Etienne se réveilla. Avec d'infinie précautions il se leva, il ne voulait pas réveiller sa princesse. Il comprenait ce qu'il lui avait dit avait dû la secouer, Il aurait aimé en parler hier au soir mais la fatigue le grand air, l'avait balayé d'une manchette. Lui le gros dur, avait reçu un sac de sable dans la figure. Il s'était endormi comme un bébé. Et on dormait bien ici. Il déposa un petit mot sur la table au cas où sa Reeve se réveillerait et s'inquiéterai de ne pas le trouver.

Je suis allé acheter de quoi déjeuner. Pain, beurre, confiture. Paresse au lit, je préparerais le café

Au fait, sais-tu que tu es très belle quand tu dors...

En chemin, il se rappela qu'il n'avait plus d'argent liquide sur lui. Il y avait un distributeur à l'angle de la rue. Il y glissa sa carte, qui fût avalée. Il comprit immédiatement. Il avait prévu cela et ne paniqua pas. Il fit un crochet par la maison de ses nouveaux amis, leur raconta un gros mensonge, et repartit avec une brioche vendéenne, un pain de beurre et de la confiture maison.

Reeve était réveillée, elle était si désirable avec sa liquette à mi-cuisse, la marque du traversin sur le nez et ses cheveux en bataille. Sans croiser ses yeux il s'enfuit dans la cuisine et fit couler un café noir.

*A.R*

Pourquoi Etienne faisait cette petite tête, il était clair qu'il y avait un truc qui clochait. C'était chouette de se lever pour aller acheter le petit déjeuner, une nouvelle attention que la jeune femme appréciait. Pourtant avec sa tenue des plus dénudée, elle n'aurait pas été contre qu'il commence par la dévorer. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait fui son regard, ça ne ressemblait pas à toutes les attentions dont il l'avait gratifié depuis qu'ils avaient déposé les pieds sur l'île. Reeve voulait en avoir le cœur net, savoir ce qui pouvait contrarier son cher et tendre.

  • Étienne, pas de cachoteries, pas maintenant. Je vois bien que tu es soucieux.

Pour réponse, elle eût un baiser sur ses lèvres et une main qui souleva délicatement le tissu qui ne cachait pas grand-chose. La coquine connaissait ce qui lui plaisait, sous le vêtement, sa peau était libre d'accès.

  • Tu vas devoir être patient. Je ne veux pas de mensonges entre nous. Annonce la couleur. Qu'est-ce qu'il s'est passer entre ici et la boulangerie.

Étienne se retourna, se saisit de la cafetière et attrapa deux tasses et ne voulant pas blesser sa moitié lui demanda de la suivre sur la terrasse.

  • Petit déjeuner dans la véranda, ça te dit ?
  • Laisse-moi une minute, je vais chercher une couverture, il fait un peu frais.

Il l'observa s'éclipser dans la chambre, comment allait-il pouvoir lui expliquer.

E.Y

Etienne avait téléphoné à sa banque, c'était plus grave que ce qu'il pensait. Elle ou ils l'avaient dépouillé. Qu'en était-il de Reeve? Qui avait eu l'idée ? Sarah ou Marc, en tout cas c'était clair. Madame Marinez lui avait répondu, les oiseaux s'étaient envolés, ensemble. Il allait devoir faire une déclaration, sans doute porter plainte, il n’aimerait pas en arriver là.

Elle revenait de son allure chaloupée, roulant les hanches comme jamais. Mon dieu que cette fille était belle, comment avait-il pu avec une Sarah qui ne lui arrivait pas à la cheville. Il se confectionna un sourire de compétition. Il n'allait pas lui dire, pas maintenant. Il avait encore un truc à éclaircir. Il le savait, s'il accusait son Marc, il était cuit. Elle détestait Sarah, elle pensait qu'elle était une rivale, alors qu'elle n'était rien. Il était dans la mouise, ne savait comment s'en sortir. Elle l'observait et lui lâcha tout de go !

  • Mince Etienne ! Tu joues franc jeux maintenant, c'est quoi qui va pas ?

Alors qu'il cherchait à temporiser, qu'il réfléchissait à toutes les options, elle s'approchât câline, mutine, lui mordillant l'oreille et susurra :

  • Ne cherche pas, Etienne, tu parles, ou j'ai les moyens de te faire parler ! Je vois bien que...

Alors, elle se leva, ferma sa veste et alors qu'elle était sur le seuil elle s’exprima, visiblement agacée

  • Etienne, je vais faire un tour, je suis en ville, ça me saoule que tu ne me fasses pas confiance !

Alors qu’elle claqua la porte, il entendit juste la fin de sa dernière phrase.

  • Gâche pas tout Etienne !

Il allait la rattraper, parler avec elle, mais avant il avait encore un coup de fil à passer.

*A.R*

Reeve avançait dans le chemin, le vent se leva. Une gifle de la nature venait de lui remettre les idées en place. Après tout Etienne avait dit tant de choses hier et avait été si soucieux de son confort. L'homme qu'elle venait de planter dans la cuisine, avait ouvert son cœur sans hésiter. Elle s'en voulait, après tout de quel droit pouvait-elle exiger quoi que ce soit ? L'océan commençait à s'énerver, les vagues gonflaient l'horizon, tout autant capricieuses que ses propres pensées qui l'agitaient. Un courant d'air glacé s'engouffra sous son manteau, des frissons remontèrent le long de ses hanches. Son départ précipité, avec cet ultimatum n'avait aucun sens et déjà elle le regrettait.

Elle marchait en direction de la maison, ce petit coin de paradis où enfant elle avait toujours trouvé du réconfort. Ce week-end, elle avait ouvert un petit bout de son monde, ce qu'elle faisait rarement. Reeve avait confiance en cet homme qui partageait sa vie. Il était différent, elle se sentait si forte à ses côtés. Pour l'heure, le laisser ainsi planté là dans la cuisine était stupide. Oui elle aussi était prête à aller de l'avant et loin de Paris, loin de ce monde qu'elle ne supportait plus. Elle poussa délicatement la porte, il se tenait de dos, le téléphone à la main. Lentement, sans faire de bruit, elle vint se coller dans son dos, l'enlaçant et ses mains glissèrent sous sa chemise recherchant la chaleur de sa peau.

- Tu n'as rien à me dire. Pardon. Et oui, emmène-moi loin de Paris. Je te fais confiance, apprend moi à découvrir ton monde.

E.Y

  • Bon, Reeve, je ne sais par où commencer. Ce matin j'ai eu ma carte bancaire avalée. Je m'y attendais, un peu, vu les énergumènes qu'on héberge. Sarah a dû manipuler Marc ou le contraire, toujours est-il que tous mes moyens de paiement ont été bloqués. Il faudra vérifier que les tiens ne le sont pas aussi. Il ne faut pas que cela t'inquiète outre mesure. Ma famille, mon oncle va m'envoyer de l'argent, Nous devrons juste attendre l'ouverture de la banque demain matin. Désolé de te décevoir, madame Marinez qui est une employée de ma famille, puisque tout l'immeuble appartient à ma famille, a vu passer ma voiture, conduite par Marc, Sarah était à côté, le chien bavait sur le siège arrière. Ce qui m'embête le plus, c'est que je ne comptais pas porter plainte. J’y serais sans doute contraint. Il faut juste espérer qu'à l'heure qu'il est le couple n'ait pas quitté l'espace Schengen ... !

Il fut interrompu par la sonnerie du téléphone de Reeve, il sourit, la sonnerie, The Wonderful Life ressemblait à la jeune fille, merveilleusement mièvre. Alors qu'elle ne réagissait pas les bras ballants, il lui conseilla de répondre !

  • Tu devrais répondre, C'est mon oncle, je lui ai donné ton numéro, ça a raccroché, c'est pas grave, c'était prévu que tu ne répondes pas immédiatement, il doit rappeler, jusqu'à ce que tu répondes !

Le téléphone hurla à nouveau...

Here i go out to sea again

The sunshine fills my hair

Elle décrocha !

  • Allo, mademoiselle Reeve, on a intercepté Marc et Sarah, tout le monde va bien, dites à Etienne de ne pas porter plainte, je vous attends, tous les trois, mercredi à Montolieu. Quand je dis tous les trois, je parle aussi de Mr Henry votre grand-père, une infirmière s'occupera de lui, il sera bien chez nous, vous verrez ! J'ai laissé un peu d'argent à votre disposition, vous n'avez qu'à attendre l'ouverture de la Banque Lundi ! En attendant, passez un bon dimanche ! Ah oui, j'ai failli oublier, j'ai tout prévu, l'Hépad est au courant, ils ont été payés pour le mois prochain. Et votre employeur a été prévenu, vous n'avez qu'à passer au comptable, il a un petit chèque pour vous, c'était ça, ou un procès, et pas aux prudhommes... Je vous attends, Mercredi ou jeudi, prenez votre temps ! À bientôt Mlle Reeve !

Abasourdie, elle n'eut que le temps de s'asseoir, les yeux hagards, elle n'avait pas pu placer un mot, elle ne savait pas, ne comprenait rien et éclata en sanglot. Il tenta de la prendre dans ses bras. Elle le repoussa gentiment.

  • Je t'en prie, Laisse-moi reprendre mes esprits...Je n'ai pas dit oui, il faudra que tu m'expliques...Je suis complétement Perdue !

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