1. Cordon ombilical
Le cordon ombilical est le tout premier lien qui nous retient au monde.
Il prend naissance au niveau du nombril, se prolonge et se déploie jusqu’à atteindre la matrice maternelle, dans laquelle il se plante et s’arrime pour les neuf mois qui suivront.
À travers ce canal transitent les nutriments, le dioxygène et les hormones, au même titre que l’alcool et les toxines.
Il s’agit là de matière : du sang, des molécules.
Du concret.
Le premier de nos liens avec le monde est tangible…
Mais pas uniquement.
À l’intérieur, confondu avec le cordon, il existe un mystère que ni l’œil ni aucune machine conçue par l’Homme ne saurait révéler.
C’est le lien d’attachement.
Son diamètre épouse celui de son homologue organique. Sa blancheur immaculée accueille des vagues lumineuses qui courent dans un sens et dans l’autre, au rythme des battements d’un cœur.
Boum boum boum.
Pas de la matière cette fois, mais un invisible courant qu’il convient d’appeler « l’amour ».
Quand, après la naissance, le cordon ombilical est clampé puis coupé, le lien d’attachement, lui, demeure.
Il se déplace un peu, perd son ancrage au placenta maternel – qui a été expulsé, puis jeté sans cérémonie – pour s’accrocher à son plexus solaire, entre ses deux seins. Même si l’enfant et la mère ne le voient pas, ils le perçoivent ; ils se sentent reliés l’un à l’autre, intrinsèquement attachés et dépendants. Ils sont en relation.
Un lien entre une mère et soi, c’est ainsi que tout commence pour n’importe qui.
Pour n’importe qui sauf pour Alia Fontanel.

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