3.3. Logistique royale
Sasha
Quand la commande arrive, c’est une invasion. Je ne sais pas si tout va tenir dans le dressing de 5m tellement il y en a. Il y a des tenue et robes pour la journée, des robes de cocktail, des robes de soirée dans différentes couleurs, des tenues d’apparat et blouse brodées. Les miennes commençaient à être usées. Elles avaient servi à tante Eléna, à maman et à Beth avant moi. Je ne vais pas me plaindre du renouveau. Des accessoires, une très belle ceinture en cristal et aqua-marines, des foulards bandeaux, et chouchous en soie, des serre-têtes, des pinces, barrettes, lunettes de soleil, boucles d’oreilles, bracelets, colliers, des broches dont les célèbres camélias de Chanel, des portefeuilles, des porte-monnaie, et petits sacs en veux-tu en voilà, des boites pour les ranger, du maquillage, des produits de soins, des chaussures, des petits miroirs, lacets en soie, cape en soie, des chapeaux.
Sont présents plus d’une vingtaine de marques de coutures françaises, cinq maisons belges, quatorze italiennes, vingt-sept américaines, et sept roumaines.
Vlad ouvre les paquets pendant que j’effectue tous les essayages. Nous commençons par le carton d’Uniqlo qui n’est pas très grand. J’y trouve des t-shirts, débardeurs et un chemisier blanc. Les cartons de Ro&Zo, de Lilysik, d’Everlane, de Gabriel Hearts, Bourdienne Paris, de Saint James, et d’Humanoïd m’apportent des basiques en soie, coton ou en lin. L’un des plus gros cartons est de Ralph Laurens. Nous y trouvons trois tailles. Celle de Cyril, celle de Vlad et la mienne. Nous recevons les classiques pulls colorés, les polos et des pièces de la collection Purple Label. Certains paquets sont emballés avec des rubans et une petite breloque comme ceux de Dior. A l’intérieur, ils ont ajouté des échantillons et/ou miniatures de parfums, des breloques, des miniatures de produits, des barrettes de coiffage, un carnet de note, un livre sur la marque, une étiquette de bagage, un étui à lunettes, ou un blush ; Dior, son étoile dorée, une petite trousse de maquillage remplie d’échantillons, un gloss, une brume pour oreiller, une brosse, un éventail, deux barrettes en forme d’étoile, une petite boite à bijoux de voyage, un tote bag, un vaporisateur de parfum, un paquet de cartes, des disques démaquillants lavables, et d’un bijou pour téléphone ; Hermès, un porte-clé et un bracelet en soie. Le Kelly To Go Wallet de couleur Vert Criquet est sans doute pour les cérémonies. Il semble neuf. Les catalogues des collections ou un magasine sont aussi joints. Je fais des paquets avec les doubles : un pour Beth, un pour maman, un pour Caro, un pour Steph, un pour nos trois babouchkas, un pour Emily. Je prévois d’en donner aussi à la couturière.
Elie Saab, Zuhair Murad, Victoria Beckham, Badgley Mischka, Hermès, Dior, Chanel, Carolina Herrera, Jenny Packham, et bien d’autres ont rangé les vêtements dans des housses. Les chaussures ont aussi des housses et des embauchoirs en cèdre rouge pour conserver la forme des chaussures. Deux chemises en soie sont pour Cyril, une pour Vlad. Dans l’ensemble, les couleurs sont claires et pastels, plusieurs blouses blanches, ivoires ou crèmes, des robes, de beaux tailleurs mais pas de robe blanche ou alors elles sont ornées de fleurs. Les matières regroupent de la soie (taffetas, mousseline, natte, satin, caddy), du coton (supima, popeline, satin), du lin, du bambou, et de l’organza.
La veste courte transparente de pluie de Savoar Fer me fait sourire. Jusqu’à ce que je voie celle en version longue de Tanya Taylor. Je doute d’avoir besoin du manteau long de Giambattista. Les gilets légers en cachemire et soie de Woolrich se retrouvent avec une robe de Stella McCartney. Les escarpins d’Aquazura côtoient trois parapluies de Cherbourg, des lunettes de soleil de Mykita, des parfums de Viktor & Rolf, un bob en raphia de Jaquemus, des bijoux fantaisie d’Oscar de la Renta, des Nereides, de Ginette NY, de David yurman, ou d’Isshi, et une paire de baskets blanches de Common Projects. Maman ne m’aurait jamais acheté 10% tout ça ! Je me sens embarrassée.
Je demande à Vlad de me prendre en photo dans certaines tenues pour les envoyer à Caro. Je mens en disant que j’ai réussis à m’échapper à l’outlet d’Atlanta. Elle me retrouve l’année de la collection. Est-ce que Sofia serait allé dans un outlet ? J’ai du mal à l’imaginer, mais ce n’est pas pour elle, alors qui sait.
*
Je suis sur un petit tabouret avec une nouvelle robe noire sur le dos. Celle-là, c’est juste un bustier et des volants en coton qui tombent droits.
« Longue ou courte, la robe, mademoiselle », demande la couturière.
« Je ne sais pas trop. Vlad, quel est ton avis ? »
« Comment veux-tu que je sache ? La mode n’est pas mon truc non plus. Euh… Attends. Je peux envoyer des photos à Emily et lui demander son opinion, si tu veux. »
« Oui, ça serait super. Merci, Vlad. »
La couturière fait le premier pli. Vlad prend la photo. Idem pour le deuxième pli. Et nous attendons le verdict en plaisantant sur qui va ranger et vider les poubelles.
« Emily pense que t’es superbe dans les deux cas, et demande si tu pourras lui prêter la robe. »
« Pourquoi pas. Fait-elle la même taille ? Alors, on fait quoi ? »
« Je n’sais pas, Sasha. »
« Tu ne sais pas quoi, Vlad », nous surprend la voix de Cyril.
« Tu peux entrer chez nous et pas l'inverse ? » s’indigne Vlad. Mon frère et notre prince se regardent plusieurs secondes dans les yeux. Leur dialogue silencieux m’exaspère. J’ouvre la bouche pour parler. Vlad reprend : « La longueur de la robe pour Sasha. Je te montre les photos. »
Cyril me regarde. Je rougis. Il regarde les photos. Nous examinons son visage pour deviner le verdict. Je suis un peu inquiète. Et s’il ne me trouvait pas jolie ?
« Sasha peut venir dans mes appartements. C’est de toi dont je me méfie, Vlad, » déclare Cyril en examinant les photos. Il lève la tête vers moi. Son visage est neutre lorsqu’il reprend : « Pour la robe, aucune des deux. La robe d’hier t’allait mieux, je trouve. Elle te donnait un côté Audrey Hepburn. Là, tu ne l’habites pas. Ce n’est pas ton style. Passe à la suivante et renvoie celle-là. »
« Pas de sympathie pour la robe ? »
« De sympathie pour la robe ? »
« Oui. Quelqu’un a passé du temps à la concevoir et il faut lui donner sa chance. Et puis c’est un cadeau qui vient de la reine. »
Il lève les yeux au ciel. « C’est un bout de tissu, Sasha. Peut-être conviendra-t-elle mieux à quelqu’un d’autre ? Maman prévoit ça depuis des années. Elle a peut-être un peu exagéré ou c’est dit que tu aurais le choix. Qui t’as dit ce truc ? »
« Maman. »
Il lève les yeux au ciel. « Je crains que nos mères aient deux approches différentes sur ce sujet. Si tu as le choix entre celle d’hier et celle-ci, laquelle tu porteras ? » m’interroge-t-il en me fixant intensément.
« J’ai eu un coup de cœur pour celle d’hier. Je pensais la porter lors de plusieurs soirées. Je n’ai le droit qu’à une seule robe de soirée pour l’été, normalement. » J’essaie d’éviter son regard. Pourquoi suis-je si nerveuse ?
« D’accord. Comment tu choisis LA robe alors ? Celle-là, tu te vois la porter, aller quelque part avec ? »
« Non. Je ne porte pas de robe bustier d’habitude. C’est un peu perturbant. » Merde ! Il va me trouver puéril.
Il s’approche, et dans un sourire, m’empêche de mordre ma lèvre avec son pouce. « Alors, prends-en une autre et je demande le remboursement pour celle-là. »
« Est-ce que tu gardes les dix paires de chaussures et les deux manteaux de Chanel ? » demande mon ainé.
« Bien sûr, » répond Cyril. « Je venais vous proposer une pause-café. »
« Bonne idée, » répond Vlad. « Un pour moi. Sasha ? »
« Je peux avoir un jus de pomme à la place, s’il te plait ? »
« Bien entendu, » accepte-t-il en souriant.
« Et pour notre couturière ? » J’ajoute.
« Moi ? »
« Oui. »
« Juste de l’eau, je vous remercie, » répond-elle, étonnée.
« Plate ou gazeuse ? » je me renseigne.
« Euh… Plate. »
« Avec du citron et des feuilles de menthe ? »
« S’il vous plait, » hésite-t-elle.
« Vlad, tu as noté la commande ? », l’interroge Cyril.
« C’est toi qui proposes et c’est moi qui y vais ? » se plaint Vlad.
« Oui, le sommet de la chaîne alimentaire ou un truc dans le genre… », explique Cyril de manière blasée.
« Oh, Vlad, tu peux passer à l’espace enfant montrer les photos aux animatrices afin d’obtenir leur avis sur la robe, s’il te plaît. Et puis aussi, il reste des muffins à la myrtille pour le café de Cyril. La cuisine sait où ils sont. »
« Ohrr, t’es un amour », débite spontanément Cyril en levant son visage vers le plafond. Je me sens gênée et rougie. « Désolé, Sasha, ça m’a échappé. C’est une autre manière de remercier quelqu'un. Je serai dans ma suite. Appelle lorsque le café arrive ou avant si tu as besoin. À toute. »
**
Cyril
« T’es un amour. » Pourquoi tu lui as dit un truc pareil, imbécile. « T’es un ange », « T’es adorable », « C’est adorable, je te remercie, Sasha, » elle n’aurait pas pris peur, triple idiot. Ça tourbillonne suffisamment dans sa tête et son corps sans en rajouter… Comment je vais rattraper ça ?
**
Sasha
Pourquoi ai-je réagi ainsi ? Quand papa me dit « t’es un amour », ça me paraît normal. Il est adorable et prévenant avec moi depuis deux jours. Il m’a apporté du soutien lorsque j’en avais besoin. Il me prend dans ses bras. Je n’ai pas à avoir peur de lui. Il a l’air d’avoir flippé face à ma manière de réagir. La couturière me tend une autre robe. C’est une robe courte à col rond en coton de couleur vert émeraude, assez près du corps, comme les robes des années 1960. Je me change. Elle prend des marques. Idem avec une autre en mousseline qui comporte un petit colleté en V sur le devant et un plus ouvert dans le dos. Le tissu comporte un dégradé du bleu clair au gris. Vlad revient avec les boissons. J’attrape le plateau pour Cyril et lui emporte. La couturière me recommande de faire attention avec les épingles.
Cyril est en visio et discute avec un groupe de personnes.
Voix de femme : « Boss, il y a quelqu’un derrière vous ! »
« Je venais juste te déposer une tasse de café et un muffin, » j’indique. « À toute. »
Je m’apprête à reculer aussitôt. C’était ce que j’avais prévu : poser, repartir, disparaître. Toutefois, Cyril attrape ma main avec une des siennes et ma taille de l’autre : « Sasha, je te présente. Tout le monde, voici Sasha Strasvinsky. Approche de la caméra, s’il te plaît, pour que tout le monde te voie, Sasha. » Je n’ai pas vraiment le temps de comprendre ce qui se passe. Son geste est sûr, rapide, comme s’il allait de soi. Il me rapproche de l’écran.
Je suis presque assise sur ses genoux. La position me surprend. Je me fige une fraction de seconde, plus par réflexe que par choix. Je sens la chaleur de son corps, trop proche pour un moment que je n’ai pas anticipé. La position est inconfortable. J’essaie de me tourner un peu. Il lâche ma main, mais pas ma hanche. Je remarque ce détail. Je ne sais pas encore quoi en faire.
Je commence à m’habituer à ses gestes, à être contre lui, sentir sa chaleur et son odeur. Cette pensée me traverse et me déstabilise aussitôt : m’habituer n’est pas décider. « Sasha est une des descendantes des membres fondateurs. » Il me regarde tout en parlant, se tourne vers la caméra, puis reviens vers moi. Je comprends qu’il est concentré sur son rôle, sur ce qu’il dit, sur ce que cela signifie pour eux. Pas sur ce que je ressens, là, maintenant. « Elle va être intégrée à partir de maintenant aux événements organisés par la compagnie, comme cela avait été le cas pour moi il y a une douzaine d’années, Vladimir, il y a dix ans, si ma mémoire est bonne, et Grigori, il y a deux ans. Cela sera annoncé dans la prochaine lettre interne. » Il tourne sa tête vers moi : « Sasha, de l’autre côté de l’écran, à New York, c’est une partie de l’équipe marketing. » Je réalise que je suis devenue une information. Une annonce. Une transition.
« Hum, Cyril, » je commence un peu embarrassée, « je connais Sarah. Papa m’a parfois déposé dans son bureau. Xavier et papa travaillent souvent ensemble aussi. Peter et Natalia ne sont pas non plus des inconnus. La fille de Natalia est dans la même classe qu’Antoine. Et Gwen était dans la même classe que Vlad. Ils ont dû travailler plusieurs fois sur des projets ensemble. Je pense avoir déjà vu tout le monde. »
« Ah bon ! » Cyril regarde l’écran et sourit : « Je crois que Sasha connaît mieux mon personnel que moi ! », ironise-t-il. Des rires se font entendre de l’autre côté.
Je rougis. « Je vous laisse travailler. Bonne fin de réunion ! » Je m’exclame. Cette fois, je me dégage franchement, avant que quelqu’un d’autre ne décide pour moi de la durée de ma présence.
Cyril sourit : « Nous avions terminé, Sasha. J’attends les story-boards. Bonne fin de journée à tout le monde. » Il rabat l’écran de son ordinateur portable. Le silence qui suit est plus dense que le bruit de la réunion. « Sasha, je suis désolé de t’avoir mise mal à l’aise tout à l’heure. » Son beau visage est à quelques centimètres du mien. Il recule. Il est volontaire. Ça compte. « Savais-tu que les amours sont des petits angelots pour les chrétiens ? »
Je me relève doucement et lui demande timidement : « Pourquoi est-ce que ce n’est pas pareil que quand papa me le dit ? »
Il prend une grande respiration, me fait signe de m’asseoir sur le fauteuil à côté de son bureau. Il attend que je m’installe. Il met ses mains sur ses genoux et se penche légèrement afin d’être à hauteur de mes yeux : « Probablement parce que nous commençons à nous attacher l’un à l’autre, que tout cela est nouveau et un peu déroutant, mais un peu bien aussi, non ? » Il prend mes mains dans les siennes et cherche mon regard.
« Humm... Je me suis sentie apaisée quand tu m’as pris dans tes bras tout à l’heure, tout comme ce matin. Mercredi soir, c’était… » Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase.
« Je crois que moi aussi ça me rassure et m’apaise lorsque tu es dans mes bras. Et je n’ai jamais été trop câlin... » Son visage est rempli de sincérité et de bienveillance. Il lâche mes mains et m’entoure de ses bras quelques instants avant de m’embrasser délicatement sur le front.
« Est-ce que c’est pour ça que tu m’as prise sur tes genoux tout de suite ? » Je demande timidement.
Il fronce les sourcils. « Non. » Il examine mon visage comme si la solution y était. Il ne semble pas comprendre.
« J’étais assise de manière tordue, ce n’était pas confortable. Je cherche mes mots. Les yeux de Cyril se fixent sur mes mains que je suis en train de tortiller nerveusement entre elles. « J’aime bien quand tu me prends dans tes bras… c’est juste que… c’est allé un peu vite. »
Il ferme les yeux. Son expression marque la réalisation et le regret. « Ok. Deux boulettes pour moi ce matin. » Je suppose que c’est une manière de s’excuser. « Je vais faire attention à ne pas... C’est quoi l’expression ? Mâle-mener ? Apparemment, je n’ai pas intégré ce point de la formation sur le sexisme. Je vais essayer de faire attention, » s’engage-t-il. « J’aurai le droit à une amande pour chaque boulette. Que veux-tu pour compenser mes boulettes de ce matin ? »
« Cyril, dans les tenues d’apparat, y’a des bijoux de grandes marques. Les sautoirs et broches camélia en tissus de Chanel… »
« Babouchka Valentina t’a légué ses bijoux. Ç’en est une partie. Plusieurs trucs en soie et des livres aussi. Les livres sont à la résidence des Catskills avec la majorité de ses sacs. Certes, tu étais jeune à la lecture de son testament, mais tu sais qu’elle t’a légué des trucs. »
« J’ai plus de chaussures qu’il n’y a de couleurs dans l’arc-en-ciel ! »
« Tu es parée pour toutes les situations, alors. »
« C’est plus… Ai-je vraiment besoin de tout cela ? »
« Sans doute. »
« Sans doute ? »
« Patrick et maman se sont chargée de ta garde-robe de départ. »
« Ton assistant personnel ? »
« Oui. Il aurait aimé… La mode le passionne. Renvoie ce qui ne te va pas ou qui ne te plait pas. »
« Y’a pas beaucoup de tenues dans cette situation, » je soupire. « Faire le tri n’est pas mon fort. »
« Garde tout. Tu les mettras un jour où l’autre. »
« Y’a plus de vêtements que de nombre de jour dans l’été. »
« Avec tous nos événements, tu vas avoir besoin de change. Je suis vraiment désolé pour mes boulettes. Je retournerai à la formation sur le sexisme avec les nouveau arrivant mi-septembre et je te dois deux cadeaux. Ça va aller ? »
« Ouai, ça va aller », dis-je doucement. « Pas besoin de cadeau. J’ai assez avec tout ce qui est arrivé ce matin. Je préférerai que… » Son téléphone sonne. Il émet un grognement de frustration. « Il faut que je termine les essayages de toute façon. La couturière attend. »
« Sasha, cette couleur fait ressortir tes yeux, » lance-t-il avant de décrocher. Ce compliment me laisse pantoise. Est-ce parce que personne ne me fait de compliments ou parce que ce compliment vient de Cyril ? Sans trouver de réponse, je retourne à mes essayages.
Ça nous aura pris jusqu’à l’heure du repas pour vérifier les tailles et préparer les ajustements. Et encore, pour les pantalons, elle a pris des marques sur trois premiers, les a comparées et nous avons fait une pille avec les pantalons à raccourcir. Vlad m’aide à trouver les pièces qui se ressemblent trop. Je n’ai pas besoin de deux pantalons roses. Je compare les compositions.
*
Á midi, Cyril m’envoie un SMS pour prévenir que sa réunion se prolonge et qu’il nous rejoindra plus tard. Je suis un peu déçue… Pourquoi ?
Lors du déjeuner, je raconte mes essayages à grand-père. Ça ne le passionne pas plus que Vlad. Je me sens un peu seule. Essayer sans Carolina qui commente tout était très ennuyeux. Carolina veut faire des études d’art appliquer et monter sa marque de vêtements et chaussures de danseuses, l’équivalent américain de Repetto.
Papi nous annonce que le camp fait le plein cette année. C’est pourquoi il vérifie le fonctionnement de tous les cottages qui appartiennent à la SCI, ce qui lui prend du temps. « L’annonce de l’Appariement a réjoui toute la communauté, » commente-t-il. « C’est un événement fédérateur. » Je suis certaine que la nouvelle piscine qui comporte des toboggans aquatiques, des jets d’eau, une cascade, une plus grande pataugeoire avec des jeux aquatiques, un bassin pour les enfants et un jacuzzi, en plus de celle existante, qui n’est qu’un bassin de 25m, a participé au rassemblement des troupes.
Papi Stan nous indique également que le maire, et le shérif Tekoa viennent dîner ce soir. En général, c’est le moment où il négocie les feux d’artifice ou les feux de joie. En raison de notre comportement d’il y a deux ans, nous sommes priés de rester dans nos quartiers. Vlad, Antoine et moi avions réalisé une bataille d’eau qui s’était étendue de l’espace enfant au reste du rez-de-chaussée. Cela m’embête que grand-père ne me fasse pas confiance. J’ai appris beaucoup de choses depuis deux ans et je ne suis plus une enfant !
Je remercie toute l’équipe cuisine pour le déjeuner, puis demande un plateau-repas pour Cyril. J’y ajoute un café que prépare Vlad, et lui apporte. J'espère qu'il va aimer. Il a pourtant affirmé deux fois que je n'étais pas une servante, mais me voici à faire exactement cela !
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