0.1. La foire des artisans et inventeurs de New York (Sasha, 4 ans)

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« Regarde Babouchka ! Elle bouge ses doigts. Elle sait tenir une tasse de thé. N’est-ce pas fabuleux ? »

« Da, Malenka kvitka, » me répond babouchka Valentina en remettant mon bonnet.

« Elle chante aussi ? »

« Qui chante ? » demande Cyril alors qu’il s’accroupit pour me donner mon chocolat chaud. « Souffle d’abord, c’est chaud. »

« Et un grand souffle sur les gaufres chaudes pour tout le monde, » requiert bunici Louis.

« La poupée ! Regarde : elle est belle. Elle parle même avec son spiriduș. » Je souffle sur le chocolat que Cyril referme et sur les gaufres.

« Encore deux fois, Malenka kvitka, » me demande bunici Louis. Je souffle. « Sont-elles à la bonne température maintenant ? » J’en prends une.

« Souffle avant de le manger. Se bruler une papille n’est pas très agréable, » poursuit Cyril. « Tu vas la demander à Moș Crăciun ? »

« Non. Il ne sait faire que les poupées ennuyeuses qui ne parlent pas. Il n’a pas le temps pour les belles poupées ! Il n’a que treize secondes pour fabriquer un jouet. »

« Mais, il a des ateliers de lutins pour l’aider, » remarque Cyril.

« Il n’en a pas assez. Sinon, on n’aurait pas à monter les Lego, les maisons de poupées, faire les puzzles ou mettre les piles dans les jouets. »

« C’est parfaitement logique, » sourit Cyril. Il verse quelques gouttes de mon chocolat sur son poignet comme papa fait avec mon biberon du dimanche. « C’est bon maintenant. » Il me le donne, s’assure que je le serre bien avant de le lâcher. C’est vrai qu’il est à la bonne température. J’en aspire la moitié d’un coup. « Merci, Cyril ! »

« Je t’en prie, jolie Sasha. » J'aime quand Cyril me dit jolie Sasha.

« Si elle va dans la forêt avec son Spiriduș, un pantalon et une paire de bottes seraient mieux, » je remarque, fascinée par les mouvements de la poupée derrière la vitre. « Elle a de jolis cheveux blonds comme Camille. Je l’aime bien Camille. Preston aussi est drôle et gentil. Meryl dit des choses méchantes et tire les cheveux. »

« Je ne parle plus à Meryl, » me dit Cyril. « On s’est disputé. »

« D’accord, » je réponds en glissant ma main dans celle de Cyril. « Tu es triste ? Tu veux un câlin pour être moins triste ? »

« Vlad a des câlins lorsqu’il est triste ? »

« Parfois. Si je veux. »

« Je suis un peu triste, mais pas si triste. Elle ne me manque pas. Allons voir combien la jolie poupée coute. »

« Y’a sept chiffres. Maman dit que s’il y a plus de trois chiffres, c’est trop cher. Mais, rêver, c’est gratuit. Est-ce qu’il fera assez beau pour regarder les étoiles ce soir ? »

***

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