6.1. Procédures et règles (I)
Cyril
Je fixe mon réveil à 6h38. Le concile démarrera à 8h30. J’ai le temps d’aller courir un peu. Je demande en cuisine si je peux avoir un plateau petit-déjeuner que je prendrai en revenant. Je précise que Sasha a eu une soirée difficile et ne sera peut-être pas dans les temps pour le petit-déjeuner. Je commande un plateau pour elle.
Á 6h53, je démarre ma course au bas de la rampe d’accès de la cuisine.
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Je croise Stan près du Temple. Je le salue d’un geste de la main, sans m’arrêter. Il est 7h17.
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Il est 7h34. Je déjeune dans le salon de ma suite en regardant la chaîne business.
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Il est 7h52 lorsque j’entre dans la salle de bain.
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8h15. J’ai fini de m’habiller et sors de la salle de bain. J’aperçois Vlad sortir de la suite de maman. Il ne porte plus de plâtre. Il va certainement retrouver son père.
Je ne devrais pas. Pourtant, je franchis la ligne. Je rentre dans sa chambre. Sasha dort toujours à point fermé. Elle respire lentement. Ainsi, elle a grandi. Ses jambes sont devenues longues. Toutefois, leur finesse me rappelle qu’elle est encore une enfant.
Je ne voudrais pas me retrouver dans la même situation dans quelques années, avec l’avenir de notre fille en jeux. Papa avait peut-être raison, en fait. Si elle dort, elle ne stresse pas, ne se demande pas pourquoi douze hommes décident de son avenir sans lui demander son avis, sans lui laisser le droit de l’écouter. Je lui caresse doucement les cheveux et dépose un baiser sur son front. Elle sourit paisiblement.
Que ferais-je avec elle si je dois la sortir une fois tous les 15 jours ? Je devrais demander à Camille si on peut organiser des sorties avec ses frères et leurs copines. Au moins, Sasha aurait la compagnie de jeunes de son âge.
Je décide de lui laisser un petit mot, un verre d’eau et une autre aspirine sur sa table de chevet. Avec ses cheveux en désordre, elle est l’image de l’innocence. Une image que je voudrais préserver encore un peu, tout comme sa joie de vivre. Je sais qu’elle disparaîtra dès qu’elle devra porter des enfants, subira les nausées matinales, les effets secondaires des plantes abortives... Je ne veux rien de cela pour elle. Hélas, il est peu probable qu’elle y échappe.
Il est 8h25. Je sors de ma suite, mon argumentaire en main.
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À 8h27, je me dirige vers la salle de danse. C’était la seule pièce qui n’était ni trop grande, ni trop petite pour installer une table qui laisse suffisamment de place à chacun. Les grandes suites sont toutes occupées. Sasha pourra-t-elle encore aimer cette pièce, y danser, y inventer, sachant ce qui s’y est joué pour sa vie ?
Je salue les neuf personnes déjà présentes. Plusieurs évitent mon regard. Anton est tendu. Son regard rougi par la fatigue m’informe qu’il est encore hésitant. Ilia souhaite ma version des faits d’hier soir. Je lui réponds que ce sont deux choses distinctes et que ce n’est pas le bon moment. Constantin a les traits tirés. Il tente maladroitement de cacher sa nervosité. Vlad ouvre et referme son poing machinalement. Si notre babacool est sur les nerfs, les choses peuvent dégénérer. J’inspire. Il ne manque que Stan et le Comte.
Papa est déjà installé en bout de table. Son visage marque son ennui habituel. Je m’assois à sa droite. Toutefois, je suis loin de me sentir comme le descendant d’un quelconque dieu. Vlad s’assoit à côté de moi. Son poing se serre et se desserre. Il finira dans mon nez si tous les espoirs insufflés sont trahis. Sasha n’est pas là pour le calmer. Ilia est en face de moi. Je doute qu’il ait bien pris la manière avec laquelle je me suis adressé à lui hier. La voix de Vlad me ramène à la réalité. « Stan n’est pas idiot à ce point. Stan n’est pas idiot à ce point, » murmure-t-il en boucle.
« S’il l’est, nous en aurons la preuve, » je murmure à son intention. Il s’arrête et me regarde. Les deux membres manquants entrent l’un à la suite de l’autre, et s’installent à leur siège respectif. Leurs visages sont fermés. Je n’aime pas ça. Depuis la mort d’Elena, Stan s’était éloigné de mon oncle. Je n’aime pas ça. Je dois rester concentré.
Papa ouvre la session en saluant les participants, adresse sa sympathie à Piotr pour la perte du fœtus. Il accueille Vlad pour son premier Concile élargi et en vante la vertu pédagogique. Vlad est initié depuis 10 ans, mais c’est son premier Concile, sans compter que les sujets à l’ordre du jour ne sont pas simples. Pour la vertu pédagogique, il y a mieux ! Il annonce enfin l’ordre du jour.
Il me donne la parole. Je me lève tout en cherchant le regard de chacun. Plusieurs ont le regard fuyant. La bataille va être rude.
« Chers Vodăs,
Je sollicite votre attention afin d’aborder le calendrier de l’Appariement promis entre Alexandra Strasvinsky et moi-même, avec l’accord de son père, Constantin Strasvinsky, ici présent. Je requiers que notre Appariement soit célébré lorsque Alexandra aura achevé ses études supérieures — conformément à l’engagement que j’ai pris. Je n’aime pas revenir sur ma parole. Et je crois ne pas être le seul ici. Tenir ses promesses, s’y tenir malgré la pression, fait partie de nos devoirs nobiliaires. »
Je marque une pause et cherche à accrocher les regards. Le Comte fronce légèrement les sourcils, calculateur, pensant déjà à comment il pourrait revendiquer l’Appariement plus tard. Dimitri et Yuri échangent un regard rapide, chacun évaluant comment les nouvelles alliances pourraient leur profiter. Anton pince son crayon, hésitant, partagé entre raison et émotion. Piotr esquisse un demi-sourire surpris.
« Tout d’abord, plusieurs d’entre vous m’ont fait remarquer que mes absences à nos festivités avaient suscité des inquiétudes. Je m’engage solennellement, devant vous, à être plus présent aux réunions de notre communauté et à leur préparation. Or, si telle est la crainte, alors l’Appariement anticipé de Sasha et moi-même n’est pas la réponse. »
Anton hoche la tête, commence à griffonner un tableau. Le Comte laisse échapper un rictus à peine perceptible tout en se reculant sur sa chaise. Pour lui, cela ne suffira pas. Dimitri tend l’oreille, intrigué, tandis que Yuri écoute avec attention, la tête légèrement penchée. Ilia cligne des yeux rapidement, comme pour se concentrer sur la logique du discours.
« Ma requête peut sembler simple. Elle ne l’est aucunement. Elle n’engage pas seulement deux noms dans un registre. Elle engage nos valeurs morales en raison de la jeunesse de Sasha. Six points soutiennent ma requête. Lorsque l’avenir d’une enfant est en jeu, la concision est-elle encore une vertu ? Peut-on décider sans examiner chaque conséquence ? » Je laisse la question flotter quelques instants, et regarde mon père.
« Premièrement, j’ai entendu certains d’entre vous invoquer la tradition. Mais, quelle tradition protège son peuple en sacrifiant ses enfants ? Quelle culture demeure vivante si elle refuse toute transformation ? Quel sens a une tradition qui perpétue l’injustice ? »
Je marque un silence. Anton garde ses yeux sur son tableau embrouillé. Ilia souffle presque imperceptiblement. Yurí fronce légèrement les sourcils, tout en tournant la tête vers les fenêtres. Mon grand-oncle se penche en avant, cherchant une faille. Dimitri observe avec un mélange de calcul et d’intérêt.
« Si conclure les alliances matrimoniales à l’adolescence avait réellement assuré notre survie, serions-nous ici, aujourd’hui, à débattre encore, craignant l’extinction ? Nous proclamons l’humanisme, la responsabilité, l’humilité, le sens du service, le progrès — non seulement scientifique, mais aussi social. Ces valeurs s’arrêtent-elles à la porte de ce Concile ? Ces valeurs ne sont-elles applicables qu’à des privilégiés ou à tous et toutes ? »
Anton ajoute deux plus à côté de ce qu’il vient d’écrire. Mon premier argument a fait mouche. Piotr fait une moue qui laisse transparaître son scepticisme. Ilia est aussi figé qu’une statue. Les autres regardent dans des directions opposées. Je dois rester concentré jusqu’à la fin, et m’assurer de capter leur attention.
« Deuxièmement, regardons-nous.
Douze hommes. Nous sommes douze hommes pour décider de l’avenir de cette pétulante adolescente. Douze est un nombre symbolique. Harmonie cosmique chez les Grecs. Douze dieux, douze travaux, douze mois. Chez les monothéistes, il en est de même : douze tribus, douze apôtres. Les douze imams des chiites. Dans les traditions slaves, douze pleines lunes qui rythment le temps et une partie de nos rites. Douze prières lors de nos cérémonies. »
Le regard du Comte est calculateur. Le mien convaincu de son bien-fondé. Dimitri fronce les sourcils. Yuri reste rigide, mais son regard trahit qu’il écoute. Ilia croise ses bras et me regarde des pieds à la tête. Anton hoche la tête discrètement, comme s’il se convainquait lui-même. Piotr pousse un léger soupir, observant la réaction de ses pairs.
« Le douze symbolise également le clan complet, garant de l’équilibre des décisions. Le Concile n’est-il pas le gardien de l’équilibre social et du temps ?
Mais, de quel ordre, de quelle sagesse, parlons-nous lorsque nous statuons sur l’avenir d’une enfant ? Quel ordre protège un peuple en sacrifiant ses enfants ?
Douze est encore celui du nombre de jurés lors d’un procès criminel. Faisons un peu de fiction : Si nous étions un jury criminel, quelle faute jugerions-nous aujourd’hui ? D’avoir grandi trop vite ? D’être né de sexe féminin ? D’entrer en puberté — un processus biologique auquel aucun de nous n’a échappé ? »
Le Comte esquisse un sourire froid. Dimitri serre les mains sur ses genoux. Yuri ferme les yeux quelques secondes. Anton note fébrilement. Piotr pose sa tête sur une main. Ilia fronce les sourcils, pensif.
« Nous avons fait d’elle notre ‘précieuse’. Et, ce faisant, nous nous comportons comme Gollum, incapables de voir comment notre obsession nous déshumanise.
Nous faisons peser sur ses frêles épaules le fardeau de notre survie collective. L’avenir d’un peuple peut-il reposer sur une adolescente dont nous mettons en cause le jugement en raison de son âge ? »
Je les observe un petit temps. Anton serre la mâchoire, troublé par l’image de Sasha portée par ce fardeau. Le Comte calcule ses possibilités. Dimitri et Yuri analysent les conséquences stratégiques. Piotr semble marqué par la gravité de mes mots.
« Et pourtant, nous sommes sur le point de la condamner dès le plus jeune âge à vivre les souffrances de nos mères, de nos épouses, de nos sœurs, ou de nos filles. Si j’étais Sasha aujourd’hui, je prierais d’être née de sexe masculin. Parce que s’il n’y avait eu que des garçons, ce système aurait déjà changé. Pourquoi devrait-elle pâtir de nos résistances à ce propos ?
Marier une enfant. N’y a-t-il pas plus grande injustice que celle-ci ? Soyons honnêtes : cela serait appliquer une solution que l’Histoire a déjà condamnée. »
Anton fixe son tableau, bouche serrée, entre logique et émotion. Le Comte fronce les sourcils. Dimitri et Yuri échangent un regard rapide, chacun calculant son prochain mouvement. Piotr croise ses mains sur la table, silencieux, l’air concentré. Ilia semble troublé.
« Troisièmement, allons-nous lui imposer nos choix ? La faire basculer dans le monde des adultes trois ans plus tôt est-il raisonnable ?
Qui, ici, était prêt à quinze ans ? À fonder un foyer ? À élever un enfant ? Elle ne l’est pas plus que nous l’étions. Et c’est tout à fait normal !
Quatrièmement, nous sommes au XXIᵉ siècle et son point de vue n’est même pas entendu par ce Concile. C’est là une négation de ses droits fondamentaux d’être humain, et probablement aussi de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Pensez-vous que si nous étions toujours un État de plein droit, nous aurions refusé de signer cette convention ? Je fais de la politique-fiction, mais je ne le pense pas. En effet, nous nous réclamons à la fois de l’humanisme et du progressisme. Notre humanisme affiché, nos grands mots sur la dignité et le progrès ne deviennent-ils pas dérisoires si nous refusons à une enfant le droit élémentaire de se prononcer sur son propre avenir ? Nous aimons à nous dire humanistes — alors soyons-le vraiment. De plus, l’ensemble des pays européens ont adopté ce texte. »
Yuri laisse échapper un souffle de frustration. Le Comte penche légèrement la tête, toujours calculateur. Dimitri garde un masque impassible, mais son poing se serre sur sa chaise. Anton hoche la tête lentement, marqué par le raisonnement. Ilia reste immobile, mais ses yeux trahissent une réflexion intense. Piotr semble endormi. Ce n’est pas la première fois.
« Nonobstant, Sasha n’a ni voix, ni défense, ni droit d’appel. Or, ces éléments sont ceux qui garantissent une justice équitable, ceux qui ont été adoptés au cours du XVIIIᵉ siècle, ce qui nous fait dire que Napoléon était un tyran et refuser sa loi.
Aucune soi-disant urgence ne devrait nous pousser à déroger à ces principes fondamentaux du droit démocratique ou nous en détourner.
Décidons-nous par peur ? Parce que nous craignons la disparition de notre culture ?
Mais, que se passe-t-il si Sasha n’a jamais de fille ? Ma mère n’a jamais eu cette chance, Kalinka pas plus. Beth ne l’aura peut-être jamais. Milenka, si elle se remet de la terrible tragédie qui l’a touchée il y a quelques jours, probablement non plus. Nous condamnons Sasha sur une probabilité. Or, la statistique ne nous a jamais été favorable. Alors, que signifierait la conclusion de ce rituel ? »
Anton pince les lèvres, les yeux brillants d’émotion. Dimitri et Yuri évaluent les scénarios. Le Comte reste impassible, mais ses yeux calculent chaque détail. Piotr est marqué par l’inquiétude. Stan me regarde en secouant la tête.
« Première hypothèse : pour l’espoir ? Je veux bien admettre que notre gracieuse Sasha personnifierait bien la Spes des Romains, une fleur à peine éclose en main. Pourtant, si tel est le cas, alors l’espoir prend une drôle de forme pour Sasha elle-même. Il n’est pas de même nature pour nous que pour elle. Soyons réalistes. Notre courage et notre morale sont mis à l’épreuve par l’espoir que représente une jeune fille de 15 ans. L’espoir est un concept vague et subjectif. Ne devrions-nous pas prendre nos décisions sur des critères plus objectifs ?
Permettez-moi d’invoquer un sage que j’aime citer : Sénèque. Il nous rappelait que l’espoir et la crainte sont deux sœurs jumelles, filles de l’incertitude. Espérer comme craindre, c’est rester prisonnier d’un futur qui n’a pas encore été écrit. Je vous propose de cesser d’espérer — et de commencer à agir lucidement. Écoutons ce sage, au risque de voir notre espoir déçu. N’est-il pas temps d’ouvrir une porte à la réflexion et de chercher d’autres solutions ? Je suggère la réforme des alliances.
Deuxième hypothèse : pour consolider la confiance collective ? Si la confiance était acquise pour toujours grâce à une seule action, cela se saurait. La confiance se renouvelle constamment. La fonder sur un seul Appariement est non seulement vain, mais aussi dangereux.
Troisième et dernière hypothèse : parce que le collectif est plus important que l’individu ? »
Je fixe Stan avant de secouer la tête et de croiser les bras. Yuri fait pareil. Anton secoue légèrement la tête, perturbé mais inspiré. Dimitri hoche subtilement la tête en silence, calculant toujours. Le Comte a l’air irrité. Piotr laisse échapper un souffle. Ilia plisse les yeux.
« Sasha est appréciée parce qu’elle donne déjà au collectif. Elle participe à de nombreuses manifestations, remplace des personnes malades à des fonctions officielles, fait attention à chacun, contribue au bon fonctionnement de ce camp depuis plusieurs années en faisant un peu de management de proximité ou en aidant les employés. Elle incarne notre fabuleux soleil. Elle participe déjà à la vie du collectif. Laissons là encore grandir, découvrir, expérimenter avant de lui imposer un plus grand sacrifice. » Je les laisse méditer cela.
« Cinquièmement, la société a évolué. On ne se marie plus aussi jeune qu’avant. Ces pratiques vont à l’encontre des évolutions sociales récentes. Le mariage des mineurs est aujourd’hui mal vu. S’il venait à être révélé, l’impact sur Novsky Corporation serait désastreux.
Pensons-nous vraiment que nos partenaires jugeront cela comme de la fidélité aux anciens — ou comme une régression ?
Autorisons-la à devenir forte. Prête.
Une grossesse précoce fragilise les corps, les esprits, les liens.
Une femme accomplie donne naissance à des enfants plus robustes — la science l’a montré.
Si nous la brisons avant qu’elle soit une adulte, nous perdrons plus que notre héritage. Nous perdrons notre âme.
Messieurs, accordons à Alexandra le temps de devenir adulte, de s’accomplir, afin que, le moment venu, son Appariement soit un acte de force, et non de contrainte. Ce choix ne serait pas un recul, mais une victoire. Une preuve que notre peuple sait concilier tradition et sagesse, héritage et humanité. Je vous pose une ultime question, chers Vodă : si l’avenir de notre culture dépend d’une seule jeune fille, n’est-ce pas la protéger — et non la précipiter — que de lui accorder quelques années de plus ?
Sixièmement, enfin. »
Anton relâche un peu la tension. Le Comte se renfrogne, mais reste attentif. Dimitri et Yuri échangent un regard significatif. Piotr semble soulagé. Ilia est pensif. Stan tapote légèrement ses doigts sur la table.
« Il est temps d’assumer nos responsabilités : décidons que plus jamais une enfant ne portera seule le salut de notre peuple. Assumons les conséquences de nos choix, soyons à la hauteur de notre morale et de nos valeurs en affirmant, aujourd’hui, que nous n’accepterons plus les mariages de mineurs au sein de notre communauté. Il en va de notre crédibilité. Nous ne pouvons pas attendre des autres quelque chose que nous ne nous appliquons pas à nous-même.
Le changement ne nous tuera pas. Au contraire, la peur nous fige.
Je demande donc que l’Appariement entre Alexandra Strasvinsky et moi-même soit célébré l’été de ses vingt-deux ans, comme ce fut le cas pour Beth. Et surtout, je demande que nous ayons le courage de revoir nos règles.
Chers Vodăs, si l’avenir de notre culture dépend d’une seule jeune fille, n’est-ce pas la protéger — et non la précipiter — que de lui accorder du temps ?
Je vous remercie de votre attention. Je suis, bien entendu, prêt à discuter chacun de ces points avec vous. »
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