Le mystère de la tante
Lorsque je me réveillais le lendemain, je me sentais reposé et dispos.
Nul besoin de demander un jour de repos à Raphael, me disais-je en me savonant. Je comptais mes muscles, mes membres, tout était en place ! Je ressortis des douches vêtu, l'esprit en éveil et le corps près à affronter la journée. Je me dirigeais d'un pas décidé vers le réfectoire et quand j'y entrais, il y eut une acclamation et tout ceux qui étaient attablés se levèrent pour m'accueillis avec des applaudissements... J'arrivais bon dernier, mais heureux d'être avec eux. Ariston m'avais préparé un plateau copieux : du pain, du beure végétal, un verre de lait avec les compliments de biquette", un énorme steack de soja, un gruau de blé tendre édulcoré à la compote d'un agrume encore inconus pour moi, un bol remplis de fruits au sirop, du fromage aux champignons bleu-vert, des noix décortiquées et un verre de jus de raisin... Je me dirigeais vers ma tablée habituelle et Raphael, au milieux des ovations qui n'en finissaient pas. Raphael, tout sourire, vint à ma rencontre avec Aminata. Elle me pris le plateau des mains pendant que le ministre m'entoura de ses bras pour me serrer sur son coeur.
C'est un peu étourdis par l'émotion que je fus accompagné par Raphael jusqu'à mon plateau où je m'asseyai, affamé. Le calme revint peu à peu et je me sustentais au milieu des conversations enthousiastes sur laquelle je ne me concentrais pas. Je mangeais de bon coeur, encore un peu surpris des regards que je croisais. Daphné me souriait au milieux de larmes et j'en fus troublé...
— J'ai râté quelque chose ?
— oui, me dit elle en riant et en s'essuyant les yeux : Tu as dormis plus de 24h.
Je ne sais quelle expression se colla à mon visage, mais toute la tablée explosa de rire. Aminata aussi s'essuyait les yeux, ainsi que les tablées voisines. J'avais perdu 24 h dans ma conscience et je pris leur hilarité pour ce qu'elle était : un soulagement. Une fois restauré, tous se dirigèrent vers la salle commune pour la distribution des tâches... sauf moi. Je savais quelle tâche m'attendait.
Je montai au second étage et me dirigeai vers la chambre du Maître-du-jeu. Il m'accueilli avec un sourire aussi soulager que mes collègues au réfectoire.
— Tu m'as manqué, jeune homme, me dit-il de sa voix aiguë mais ferme. Mais rassures toi, personne ne t'as remplacé. Je ne veux personne d'autre que mon régénérateur attitré.
— Bonjour Ludovic, lui dis-je en l'aidant à se mettre debout.
Et tandis qu'il s'appuyait sur mon épaule pour se déplacer, je le menais en salle de soin en m'excusant :
— En me levant ce matin, j'étais sûr de n'avoir dormi qu'une nuit.
— J'ai déjà eut la visite de Michel. Il m'a raconté comment tu as sauvé les âmes animales de ta maison. Tu es un héros, mon petit, et tu relèves à toi seul, toute ta maisonnée. Tu es sûr que tu n'as pas été adopté ?
Encore cette plaisanterie ? J'étais trop d'humeur enjoué pour me sentir troublé.
— Il faudrait posé la question à ma mère ! dis je sur le même ton.
Ce moment de légèreté succédait à tant d'heure d'angoisse que j'étais euphorique. Mais quand vint le moment des soins, je pris le temps de me calmer. Une erreur n'aurait pas eut l'euphorie pour excuse. La séance se fit dans le calme et la même confiance. J'étais surpris à chaque fin de séance de voir la peau du vieil homme de moins en moins flétrie. Ses organes internes aussi se régénéraient dans un bon rythme. Il était venu à 96 ans, il en avait à présent 90. J'avais donc en trois jours, rendu 5 années de sa vie incarnée. Le processus suivant son cours, je découvrais un nouvel homme à chaque fin de séance.
Pendant que je le racompagnais, il me fit mention de ma mère.
— J'aimerais bien une visite de sa part lorsqu'elle sera remise. J'aimerais qu'elle me raconte son histoire.
— Son histoire ?
— Oui, comment une femme, visiblement bien constitué en esprit et en sens pratique est pu se retrouver avec un homme et le reste de son clan, au milieu de la sauvagerie la plus barbare. Si tu as des cousins, tu as forcément une tante... où est elle ?
Cette question me laissa perplexe. Je ne me connaissais pas de tante.
— Écoutes moi, jeune homme, me dit-il en s'asseyant dans son fauteuil dès qu'il fut de retour dans sa chambre. Tu as été particulièrement efficace aujourd'hui. Ton énergie du jour y est pour beaucoup. Je souhaiterais que tu me laisses ta confiance pour gérer cette affaire. Reposes toi sur moi, afin que le tourment ne t'habites pas d'avantage. Aussi ne te tourmentes pas au sujet de ta tante, ou plutôt de ton absence de tante. Il y a forcément un explication. Et comme cela touche ta famille, l'implication sentimentale t'empêchera de mettre le doigt sur la vraie raison du problème. C'est pour cela que pour savoir les tenants et les aboutissant d'une telle situation, il faut une personne qui ne soit pas impactée. Je serais cette personne et je mènerais mon enquête. Pour ta tranquilité d'esprit, ne t'en mêles plus. Prends le temps de vivre, mon enfant. Tu mérites un peu de sérénité.
Je le remerciais, m'inclinais et pris congé du Maître-du-jeu, le cœur reconnaissant. J'avais un peu de temps devant moi avant que ne sonne la mésembria. Je rejoignis dans les jardins les animaux. J'y trouvais quelques humains, membres de différents ministères qui venaient brosser les mouflons. Ils me virent et se présentèrent : Aristoclès, Théobule, Thrasymaque et Castor.
— Tu es le frère Adelphos ? dit ce dernier. Nous avons entendu parler de toi. Tu as de la laine à troquer contre des fruits sec ? Nous avons des abricots, des figues, et Théobule a même des dattes : il revient de la sphère Nord-Afrique où il a pris quelques jours de vacances.
Je leur désignais les mouflons.
— Il ne sont pas à moi, vous pouvez vous servir dans me demander la permission. Ils ne s'en porteront que mieux.
— C'est vrai pour les mouflons, il suffit de les brosser, mais on est pas très doué pour la tonte des moutons et il paraît que tu est doué à cet exercice.
J'allais chercher les ciseaux que je laissais dans le creux du chêne pleureur et appela à la cantonade en faisant claquer les lames. Trois moutons guillerets se présentèrent au galop. Ils me saluaient en remuant la queue dans leur joie de me voir. Je m'installais et le premier mouton se câla contre moi. Je le tondis avec le calme paisible qui m'habitait alors pendant que les deux autres attendaient leur tour en broutant quelques touffes d'herbes au passage. Je lorgnais de temps à autre les quémandeurs et ils m'observaient bouche-bée. Sans doutes avaient ils entendu dire qu'il fallait attacher les pattes d'un mouton pour qu'il se tienne tranquille. Je leur donnais sans même parler une leçon de savoir vivre avec la gente animale.
Ils repartirent avec de la toison de bonne qualité et je retournais dans ma chambre avec mon pactole de fruits séchés que je remisai dans mon armoire.

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