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Quand Axel arriva sur l’emplacement du rapport, lundi matin, la lieutenante l’observa avec intensité. Il avait passé le week-end avec le général, à arpenter les laboratoires de la base, et tout ceci intriguait la jeune femme au plus haut point. Qui pouvait-il bien être ? Axel lui lança un bref salut qui la tira de ses réflexions juste avant l’arrivée du général, et la journée put commencer. Sport le matin, salles d’entraînement l’après-midi. C’était leur planning depuis trois mois, et ce le serait pour encore six autres, avant que les jeunes recrues partent enfin faire leurs classes. Des classes adaptées, dans lesquelles ils seraient les seuls élèves, pour pouvoir utiliser librement leurs pouvoirs. Mais, alors qu’ils allaient partir pour la salle de sport, l’adjudant appela Lycan à lui. Curieuse et inquiète à l’idée de ce qu’il pourrait dire au jeune soldat, Victorine alla se joindre à eux.
— Vous lui voulez quoi, mon adjudant ?
Axel ne lui adressa même pas un regard quand il expliqua.
— Le caniche refuse de suivre une thérapie. Pourtant, il en a besoin pour soit évacuer sa colère, soit apprendre à la dompter. En tout état de cause, tant qu’il ne sera pas capable de se contrôler sous sa forme animale, il est hors de question qu’il soit déployé, ou même simplement qu’il fasse ses classes.
Wolfgang hurla.
— Quoi ? Vous n’êtes pas sérieux, là ?
— Bien sûr que si.
Axel ne se laissa pas aller à hausser le ton à son tour.
— Il est hors de question qu’on envoie sur le terrain quelqu’un d’incontrôlable, tu comprends ça ?
L’officière intervint alors.
— Allons, mon adjudant… On n’en est pas là. Il doit bien il y avoir des solutions.
Axel acquiesça.
— Oui. Qu’il aille voir un psy.
Wolfgang hurla une seconde fois.
— Vous ne m’empêcherez pas d’intégrer l’équipe.
Son instructeur haussa un sourcil.
— Tu veux parier ? Le président de la République a demandé à ce que je sois intégré au projet en personne. Alors, selon toi, qui aura la décision finale ? Toi, ou moi ?
Wolfgang et Victorine ouvrirent tous les deux de grands yeux étonnés devant la révélation qui venait de leur être faite, tandis qu’Axel reprenait.
— Tu as maintenant une séance de psy tous les jours, du lundi au vendredi, de huit heures trente à neuf heures trente. La psy ne me dira jamais de quoi vous avez parlé, mais elle me rendre compte de ta capacité à gérer ta colère, compris ?
Wolfgang serra les dents, comme un animal grognant et prêt à mordre quand il répondit.
— Reçu…
— Bien, alors foncés.
Le jeune homme s’en alla d’un pas colérique alors que l’officière se tournait vers l’instructeur, passablement en colère.
— Vous essayez de faire capoter le projet, mon adjudant ?
Axel la regarda de son éternel visage éteint avant de répondre comme une évidence.
— C’est l’exact opposé. J’essaie de faire que tout le monde puisse survivre. Parce que c’est mon boulot, et, que vous le croyiez ou non je m’en tamponne l’oreille avec une babouche, parce que j’ai l’expérience pour le faire. Maintenant, si vous le permettez, je dois aller encadrer les autres têtards à la salle de sport. Cordialement.
Il s’en alla sans un mot de plus, laissant la lieutenante perplexe face à cet homme qu’elle n’arrivait pas à cerner. Quelle était son histoire ? Si elle le découvrait, tout s’expliquerait, elle en était sûre.

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