12
Une semaine plus tard, Axel enlaçait ses enfants à la sortie du centre d’accueil où ils avaient rendez-vous, quand son ex-femme arriva pour les récupérer. Il la salua en souriant alors qu’elle ralentissait le pas en l’observant. Il semblait plus dynamique, rayonnant, en meilleure santé, et même plus jeune, comme si les rides sur son visage s’étaient estompées.
— Tu as quelque chose de différent…
Le sourire d’Axel s’élargit.
— Ouais. Je n’ai pas bu une goutte depuis deux semaines. Tu te rends compte, Lucie ? Deux semaines.
La femme, la quarantaine passée, blonde comme les blés et aux yeux bleus, de belles formes et un léger surpoids, ouvrit de grands yeux étonnés.
— Oh… Wouah… Et, ça va ? Tu gères tes… Il n’y a pas d’accidents ?
— Je gère. J’ai même repris l’entraînement. Et, au cas où…
Il sortit discrètement la seringue de tranquillisants de sa poche.
— J’ai une béquille.
Lucie sourit et acquiesça.
— C’est bien. Je suis heureuse que tu te sois enfin repris en main. Ça veut dire que tu vas réintégrer le service actif ?
Axel rigola tout en se passant une main dans les cheveux.
— Alors ça, il n’y a pas de risques, non ! Mais, je forme la nouvelle génération, avec Henri. Il te salue, d’ailleurs. Et, du coup, j’en profite pour m’entraîner aussi, pour être sûr et certain de garder le contrôle, tu vois.
Lucie rigola à son tour.
— Tu formes des jeunes ?
— Ouais, je sais, c’est dur à croire… Je leur en fais chier des ronds de chapeaux, mais… Ce sont de braves gosses, et ils y mettent tout leur cœur… Ils me font penser à moi à mes débuts, alors je vais tout faire pour qu’il ne ressemble pas à moi sur la fin…
Lucie lui offrit un sourire chaleureux et sincère.
— Je suis heureuse pour toi, sincèrement. Mais, maintenant, tu vas reprendre ton suivi psy, pour être déclaré stable et obtenir un droit de garde, d’accord ?
Axel acquiesça.
— Ouais. Ça prendra le temps que ça prendra, mais j’y arriverais. Merci…
Lucie passa une main délicate sur la joue de son ex-mari.
— Je ne le fais pas pour toi, je le fais pour nos enfants. Ils ont besoin d’un père. Allez, à dans deux semaines.
Elle déposa un baiser sur sa joue puis s’en alla avec les enfants qui saluaient leur père vers sa voiture tandis qu’Axel soupirait d’aise. Il avait l’impression, pour la première fois depuis l’incident de Melun, d’aller bien, et de voir enfin la lumière au bout du tunnel.
Quand Victorine le récupéra à la gare, il affichait toujours un sourire extatique alors qu’il demandait.
— Ça te dirait de faire une soirée sushis et films ?
Victorine sourit à son tour avant d’acquiescer et de démarrer la voiture.

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