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Axel présenta chaque recrue pendant que celles-ci s’entraînaient, expliquant l’intérêt de leurs exercices et les fonctions qui leur seraient attribuées quand elles seraient déployées, et le président sembla satisfait. Quand il arriva devant la salle de la presse, toutefois, il marqua une pause.

— La lieutenante Victorine Duchêne, monsieur. L’agent Link.

— Ah oui… Votre élève pour le corps à corps…

Axel inspira, prêt à répondre, mais le général lui attrapa le bras avant de lui murmurer à l’oreille.

— Ne fais pas le con.

— Ce n’est pas mon genre.

— Bien sûr que si.

Axel se libéra et se tourna vers le président.

— L’agent Link, en plus d’être notre système de transmission télépathique, est télékinésiste. Telle que vous la voyez, elle crée un bouclier psy qui encaisse un pilonnage de cinq tonnes. En d’autres termes, elle bloque par la seule force de son esprit presque autant que ce que Lycan peut bloquer avec ses gros bras musclés. Je pense que ça mérite du respect, monsieur. Ce que vous avez vu tout à l’heure n’a pas sa place à l’entraînement, je vous l’accorde. Mais quand les gens vivent ensemble, le rapprochement se crée. Et quand on travaille sous pression constante, comme nous, il arrive qu’on dérape. Vous n’avez jamais culbuté madame dans le bureau présidentiel, peut-être ?

Le président le fusilla du regard alors que le général criait son nom, mais Axel n’en avait cure. Il resta à fixer l’homme politique, et celui-ci finit par détourner le regard en marmonnant.

— Très bien. Mais essayer au moins de faire ça en dehors de vos heures de service… Et donc, vous, vous avez repris l’entraînement ? J’avais cru comprendre que vous ne vouliez pas intégrer le service actif.

Axel sourit. Le politicien avait capitulé et changé de sujet. Il avait gagné.

— Oui, j’ai repris l’entraînement. Mais c’est simplement pour m’assurer que je garde le contrôle sur mes pouvoirs, rien de plus.

Le général intervint.

— Et c’est déjà plus que ce qu’on espérait.

Le vétéran lui lança un bref regard. Ce n’était pas la première fois qu’il disait ça, et ça commençait à l’intriguer. Le général continua tout en entraînant le président à sa suite.

— Maintenant, monsieur, si vous le voulez bien, je vais vous montrer là où les costumes sont fabriqués, avec l’équipement qui va avec bien entendu, et ensuite nous irons voir le hangar, pour que vous découvriez le Vautour. C’est le nom du Boeing-Bell V-22 Osprey qu’utilisait déjà la FAMH. C’est une pièce de musée, mais elle vole toujours. Vous voudrez faire un tour avec ?

Axel les regarda s’éloigner avant de tourner la tête vers Victorine. Il avait besoin de savoir. Et il en avait besoin tout de suite. Il entra dans la salle, coupa la presse et s’approcha d’elle lentement alors qu’elle le fuyait du regard.

— Ça va, tu inquiètes. J’ai mouché le président, il te lâchera la grappe.

Elle le remercia sans le regarder, aussi lui prit-il le menton d’une main pour guider son visage jusqu’à ce qu’elle lui fasse face. Il plongea alors un regard intense dans celui de la jeune femme avant de reprendre.

— J’ai vraiment besoin de savoir ce que tu veux. Est-ce que tu mouilles juste à l’idée de t’envoyer en l’air avec le mythique Dragon Rouge ? Parce que si c’est le cas, je peux enfiler mon ancien costume et t’offrir la nuit de tes rêves. Seulement, ça ne colle pas ?

Victorine haussa les sourcils alors qu’il continuait.

— Ta douceur, ta présence attentionnée, tes mains sur mon épaule ou dans ma main, ta tendresse à Melun, le câlin à la fenêtre hier soir… Tu as même avoué que, toi aussi, tu es bien avec moi… Tu as avoué que tu es bien avec moi… Alors, je veux croire que ce n’est pas un simple fantasme d’adolescente… Dis-moi tout, s’il te plaît.

Il l’avait fait. Il venait de s’ouvrir à elle, de lui avouer qu’il aimerait une vraie relation, qu’il était prêt à laisser l’amour revenir dans sa vie. Il ne pouvait plus que croiser les doigts. Les yeux de Victorine commencèrent à rougir quand elle demanda.

— Et si ça ne marche pas ? Ça mettrait l’équipe en péril.

— Je m’en branle, de l’équipe.

— Et si je venais à être blessée ou tuée, tu exploserais de nouveau…

— Je vais continuer à m’entraîner et à voir la psy pour être plus fort. D’autres arguments ?

Victorine sourit alors que de petites larmes coulaient le long de ses joues.

— Non…

Axel sourit à son tour.

— Alors, je peux vraiment te donner ta récompense sans que personne nous interrompe, qu’en penses-tu ?

Le sourire de Victorine s’élargit.

— Pas d’objections, votre honneur.

Axel l’enlaça tendrement avant de se pencher vers sa bouche. Leurs lèvres n’étaient plus qu’à quelques millimètres quand la voix de Fatima leur parvint.

— J’ai atteint les cinq minutes d’apnée ! Attendez, je vous dérange, peut-être…

Axel ne put se retenir de rugir alors que Victorine riait aux éclats.

— Mais bordel ! On peut se rouler une pelle en paix ou pas ?

Fatima rigola à son tour.

— Avec plaisir. J’ai parié deux cents euros avec Alexandre que vous finiriez en couple, alors, je vous en prie.

Victorine attrapa le visage d’Axel à deux mains et lui sourit.

— On se rattrapera après le dîner avec le président, d’accord ?

Axel sourit à son tour.

— C’est une promesse ?

— C’est une promesse.

— Alors, vivement le dessert. Allez, je vais retourner m’occuper de nos enfants. À tout à l’heure…

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