21
Le dimanche matin, Axel se réveilla en souriant, avant de serrer Victorine dans ses bras. Ils ne s’étaient pas quittés depuis l’enterrement, et Axel se sentait revivre aux côtés de sa compagne. Il lui embrassa tendrement les cheveux avant de sortir du lit en essayant de ne pas la réveiller, en vain. Elle releva sa tête endormie aux cheveux en bataille pour demander d’une voix encore pleine de sommeil.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Axel lui sourit.
— Je vais te préparer le petit déjeuner.
Il se pencha vers elle et déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant d’ajouter.
— Et je vais jeter toutes ces capotes usagées, par la même occasion… Toasts grillés et café, ma chérie ?
Victorine sourit avant de s’étaler de tout son long dans le lit.
— Merci. Tu es un amour.
— Parce que tu le mérites.
Il quitta la chambre pour se rendre dans la cuisine, prépara le café et lança le grille-pain, avant de se rendre aux toilettes pour soulager sa vessie puis de se laver les mains. Quand les toasts sautèrent, il les prit délicatement pour les beurrer et les mettre dans une assiette, avant de remplir deux mugs de café puis de retourner dans la chambre, les bras chargés. Victorine l’accueillit en souriant, assise contre la tête du lit, les draps recouvrant sa magnifique poitrine et les cheveux vaguement coiffés.
— Miam ! J’en salive d’avance !
Axel installa tout avec délicatesse avant de s’asseoir aux côtés de la jeune femme. Il savoura son café en silence tout en la dévorant en silence alors qu’elle mordait à pleines dents dans le pain grillé.
— Hum… C’est trop bon…
Axel sourit.
— Prends des forces. Dans une heure, on doit être à la salle de sport.
Victorine lui lança un regard en coin, un sourire mutin aux lèvres.
— Tu sais ce qui me ferait beaucoup de bien, avant le sport ?
Son compagnon leva les yeux au ciel.
— Mais tu es vraiment insatiable ! Je ne suis pas une machine !
Elle décala l’assiette avant de s’approcher de lui en minaudant.
— Non, tu es mieux que ça… Tu es un dieu du sexe…
Elle l’embrassa à pleine bouche sans autre forme de procès, avant de rabattre les draps sur eux.
L’équipe était rassemblée dans un laboratoire, en sous-vêtements et fébrile. Devant elle se tenait Axel, bras croisés et sourire satisfait, assit sur une table sur laquelle reposaient des cartons avec le nom de code des recrues écrits dessus. Et dans ces cartons, possiblement, leurs uniformes. Axel ne leur avait pas dit pourquoi ils devaient être là, mais ça coulait de source. Ça ne pouvait pas être autre chose. Axel finit par sauter de la table en tapant dans ses mains.
— Alors, mes lapins ? Vous savez pourquoi on est là ?
— Nos uniformes !
Les recrues avaient hurlé à l’unisson, ce qui fit rire leur mentor.
— Hey bah ! J’aurais aimé vous voir aussi motivés lors de la marche tactique de soixante kilomètres… Enfin, vous avez raison. Dans ces cartons se trouve votre premier uniforme. Vous en recevrez neuf de plus sous peu, est-ce que vous savez pourquoi ?
Cette fois-ci, aucune réponse ne vint pendant quelques secondes, avant que Clarice tente piteusement d’apporter une réponse.
— Pour avoir des tenues de rechange si on se tache ou si on les déchire ?
Axel sourit.
— Exactement ! Et, croyez-moi, ça arrivera ! Tu as gagné le droit d’ouvrir ton carton la première ! Tu vas découvrir ce que l’équipe d’ingénieurs a préparé pour toi.
Clarice courut jusqu’à son carton duquel elle sortit un justaucorps et des guêtres en cuir et couleur crème, une grande cape métallique et un loup. Elle regarda le tout en fronçant les sourcils avant de commenter.
— Okay, alors, autant je comprends pour le loup et le justaucorps, mais le reste, je n’en vois pas l’intérêt…
Axel lui prit la cape des mains.
— Enfile ta tenue, puis transforme-toi.
Elle s’habilla, et Axel lui accrocha la cape sur les épaules et les pouces, puis la transformation s’opéra. Les bras et les doigts de la jeune femme s’étendirent pour devenir des ailes, et la cape les recouvrit pour dévoiler des extrémités pointues et coupantes, alors que les guêtres, fixées à ses orteils, permettaient aux serres de se développer pleinement, tandis que le loup épousait harmonieusement son visage au bec effilé. La jeune femme observa ses ailes rehaussées de métal avant de faire quelques mouvements vifs avec ses ailes puis de sourire.
— D’accord, je crois que j’ai compris ! Ce sont des armes supplémentaires.
Axel acquiesça.
— Dix kilos de lames tranchantes, pour le corps à corps.
— Cool !
Clarice reprit forme humaine en retournant à sa place tout en laissant ses plumes en chemin alors qu’Axel reprenait.
— Alexandre, mon grand, c’est à toi.
Le jeune homme, maintenant tout en muscles, s’avança timidement. L’évolution de son gabarit ne lui avait pas permis de prendre plus confiance en lui, et il agissait toujours comme s’il craignait de déranger. Il ouvrit le carton et en sortit une tenue bleue zébrée à intervalles réguliers d’éclairs jaunes, et renforcée au torse de plaques de kevlar, qu’il enfila immédiatement avant d’en rabattre la capuche qui couvrit son visage jusqu’au nez. Il termina par les gants avant de s’exclamer.
— Oh, mais c’est génial !
Il s’amusa à ouvrir et fermer la main plusieurs fois en souriant. À chaque fois que ses doigts se tendaient, de fines tiges de cuivre se déployaient, afin de lui permettre de tirer précisément. Il jouait à ce petit jeu depuis quelques secondes déjà quand Axel l’interrompit.
— Arrête, on dirait que tu viens de découvrir ta première érection… Mais, oui, c’est super cool. Les ingénieurs ont bien bossé. Allez, Fatima, à toi.
Alexandre retourna à sa place alors que sa coéquipière s’avançait pour fouiller dans le carton tandis qu’Axel expliquait.
— On ne peut pas faire exploser les particules du tissu, donc tu vas devoir faire comme à l’entraînement. Faire sortir tes particules de tes vêtements, puis y rentrer pour reconstituer ton corps. Pour faciliter ça, la tenue est un peu ouverte. Mais en essayant de respecter tes convictions religieuses.
Axel n’avait pas menti. La tenue couleur mauve avait de larges ouvertures le long des bras et des jambes, et un niqab assorti d’un masque pour le visage. Fatima se changea immédiatement, avant d’exploser puis de se reconstituer en souriant.
— C’est super, merci !
— Oh, je n’y suis pour rien, ce sont les ingénieurs qui ont fait tout le boulot. Maintenant, Victorine, c’est à toi.
Celle-ci s’avança en souriant, alors qu’Axel la dévorait du regard, quand Wolfgang intervint.
— Hey oh, on est là. Donc, tu es sympa, Axel, mais tu la regardes dans les yeux, et tu gardes tes vices dans ton caleçon !
Axel lui lança un regard courroucé tout en croisant les bras alors que Victorine et les autres recrues rigolaient à gorge déployée. Quand, enfin, tout le monde fut calmé, la jeune femme découvrit son uniforme. Une tenue en cuir vert avec un masque laissant ses cheveux libres. Elle sourit et l’enfila avant d’embrasser son compagnon.
— Merci, pour les cheveux.
Axel sourit.
— Tu l’as voulu, tu l’as eu. À toi, Wolfy.
Victorine retourna à sa place alors que Wolfgang s’avançait tandis qu’Axel expliquait.
— Le textile de ta tenue est extensible, pour que tu ne le déchires pas quand tu te transformes. Ce serait gênant que tu finisses à poils devant le public à la fin d’un combat…
Wolfgang rigola tout en enfila son costume, noir et très moulant, puis d’enfiler son loup. Ensuite, il se transforma, lentement d’abord, comme pour s’assurer que sa tenue allait tenir le coup, puis à pleine vitesse quand il eut suffisamment confiance. Il se tourna alors vers Axel en tendant un pouce victorieux alors que celui-ci rigolait.
— Ouais, c’est ça. Allez, à la niche.
Wolfgang reprit forme humaine et s’en alla en laissant un monticule de poils alors que Victorine prenait la parole à son tour.
— Nous aussi, on a un truc pour toi.
Alexandre, Clarice et Fatima apportèrent une housse et deux boîtes qu’ils déposèrent sur la table alors que Victorine reprenait.
— On sait, tu as dit que tu ne voulais plus jamais te déguiser, mais… On a refait faire ta tenue, pour qu’elle soit à ta taille. Tu as plus de muscles qu’il y a quinze ans.
Axel l’observa quelques secondes avant de reporter le regard cers ce tout nouveau costume tandis que ses yeux s’embuaient de larmes. Il essaya de parler trois fois avant de réussir à répondre.
— Je… Je vous remercie… Ça me touche… Mais, il ne quittera pas mon bureau. Je vous l’ai dit, je ne retournerais pas sur le terrain…
Victorine alla l’enlacer tendrement.
— On sait, mon chéri. C’est plus pour la symbolique du geste. Tu comprends ?
Axel acquiesça avant de s’essuyer les yeux alors que Wolfgang tendait son téléphone portable à un des ingénieurs en criant.
— Allez, on prend une photo !
Ils se regroupèrent tous, Axel en civil au milieu de la troupe, et le flash de l’appareil se déclencha. Wolfgang récupéra son téléphone en clamant.
— Putain, j’ai mon nouveau fond d’écran ! Vous voulez que je vous l’envoie ?
Ils acquiescèrent tous, y compris Axel qui ne quittait pas son nouvel uniforme du regard.

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