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Axel s’avança lentement alors que Goliath écrasait le visage de Lycan, redevenu humain, contre le sol.
— Hey !
Le géant tourna la tête en direction du cri et sourit.
— Oh… Tu as encore la force de te relever ? Parfait, je vais pouvoir te tuer…
Axel afficha un sourire triste alors que Goliath s’approchait de lui.
— Oui, je vais mourir. Mais moi seul vais décider comment…
Alors qu’ils n’étaient plus qu’à un mètre l’un de l’autre, il ajouta.
— Toi et moi, on va s’envoyer en l’air !
Il se jeta sur son adversaire, le ceintura aux hanches et décolla. Dans le QG, un soldat murmura.
— Mach cinq… Il est à Mach cinq…
Henri s’approcha de l’écran, inquiet.
— À quelle hauteur est-il ?
— Il a dépassé les sept kilomètres et monte encore…
Dans le ciel, Goliath peinait à bouger. La vitesse le paralysait, alors que son esprit terrifié essayait de comprendre ce qu’il allait se passer. Quand, enfin, ils s’immobilisèrent, Axel commenta sobrement.
— Nous sommes à environ dix mille mètres d’altitude. Ici, je ne blesserais personne d’autre que toi et moi…
Goliath rugit.
— Qu’est-ce que tu comptes faire, misérable cloporte ?
Axel ne répondit pas, se contentant de fermer les yeux en pensant à ses enfants, un large sourire aux lèvres. Et soudain, tout commença. Il s’enflamma, et la chaleur de ses flammes fit hurler Goliath. Le géant avait mal, sa peau cloquait, la chaleur l’empêchait de bien respirer, mais Axel ne s’arrêta pas pour autant. Parce qu’il n’avait pas fini d’aimer. Son esprit divagua alors qu’il devenait un petit soleil dans le ciel. Wolfgang, Clarice, Fatima, Alexandre, Victorine, sa sœur, ses anciens coéquipiers, et ses enfants. Il pensa à chacun d’entre eux alors que la boule de feu gagnait en taille, surpassant celle de Melun.
Au sol, Wolfgang roula sur le dos en se protégeant les yeux d’une main avant de murmurer.
— Non… Pas ça…
La boule de feu se résorba d’un coup et Victorine hurla sa douleur alors qu’elle perdait son lien télépathique avec Axel. Quelques secondes plus tard, la voix du général s’éleva dans leurs oreillettes.
— Deux objets tombent du ciel. Ce sont certainement eux. Empêchez-les de s’écraser !
Birdy fut la première à réagir. Malgré ses jambes brisées, elle reprit son apparence de harpie et s’envola alors que Lasso entraînait Stase sur le toit d’un immeuble. Il fallait faire vite.
La femme-oiseau vit deux corps en chute libre sans pouvoir identifier qui que ce soi, et fonça en piqué vers le plus proche, obligeant ses jambes brisées à se saisir du corps avant de crier.
— Je n’ai pas eu le bon !
Au sol, Stase et Lasso se tenaient prêtes. Stase lança un champ qui peina à ralentir le corps inerte, trop rapide, et Lasso dû lancer toute sa chevelure pour lui faire faire un mouvement de balancier qui évita l’impact au sol de justesse pour le lancer une vingtaine de mètres en contrebas des champs Élysées. Victorine et Wolfgang coururent jusqu’à lui alors que Clarice, à bout de forces, relâchait le corps calciné de Goliath pour s’écrouler aux côtés d’Axel.
— Comment va-t-il ?
Wolfgang, qui venait de s’agenouiller à côté de lui, colla sa tête au torse de son mentor, paniqué.
— Il ne respire plus !

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