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Ce fut d’abord un grognement, puis des paupières qui tressautent, et une grande inspiration. Victorine baissa les yeux, perplexe, juste à temps pour voir Axel ouvrir les siens, et alors qu’elle commençait à pleurer, alors que l’irréalisable se produisait, il demanda d’une voix rauque de celui qui n’avait pas parlé depuis trop longtemps.

— Je suis vivant ?

Victorine se laissa emporter par les larmes pleurant sans retenue en posant une main sur celle de son compagnon. Il tourna difficilement la tête vers elle et la vit sourire. Il répéta sa question.

— Je suis vivant ?

Elle acquiesça lentement, incapable de parler, alors qu’il essayait de reprendre contact avec la réalité.

— Je suis où ?

Victorine se leva de sa chaise pour l’enlacer.

— À l’infirmerie… Tu es resté dans le coma pendant trois mois…

Axel haussa lentement les sourcils, comme si ce seul geste lui coûtait toute son énergie.

— Trois mois ?

Il commença à pleurer en silence alors que Victorine se redressait en le dévorant du regard.

— Oui… Ton corps a vite cicatrisé, mais ton cerveau a refusé de refaire surface…

Axel se mit à pleurer plus fort, et Victorine lui reprit la main.

— Oui, mon chéri. Tu nous as tous sauvés. Tu y es arrivé…

Son compagnon bougea difficilement un bras pour s’essuyer les yeux avant de répondre.

— Ce n’est pas ça… C’est…

Il renifla et reprit.

— J’avais accepté la mort, j’avais accepté de laisser tant de choses inachevées derrière moi, et…

Victorine termina sa phrase pour lui.

— Et la vie t’a offert une seconde chance.

— Oui… Une seconde chance d’être un meilleur père, un meilleur compagnon de vie, un meilleur mentor… Un meilleur héros…

Victorine acquiesça avant de se lever.

— Je vais chercher les médecins, je reviens.

Deux minutes plus tard, un médecin et deux infirmières arrivèrent pour l’ausculter. Quand ils eurent fini, Axel demanda, plein d’espoir.

— Alors, Doc ? Je vais pouvoir rejouer du piano ?

Victorine rigola doucement alors que le médecin lui répondait d’un sourire triste.

— Monsieur… Il y a des séquelles assez graves… Passons outre votre corps brûlé au troisième degré sur presque cinquante pour cent de sa surface, il y a… Votre commotion cérébrale… Votre explosion a demandé un effort colossal tant à votre corps qu’à votre cerveau… Trop colossal…

Axel fronça les sourcils alors que le médecin reprenait.

— Vos scanners et IRM révèlent des lésions cérébrales… Vous ne récupérerez jamais pleinement. Je ne sais pas encore si ce seront des troubles de la mémoire, des problèmes de coordination ou si ça affectera vos pouvoirs, mais vous resterez diminué…

Axel acquiesça lentement, comme s’il acceptait cette vérité avec sérénité.

— Bien… Il y aura donc un suivi et une rééducation ?

— Oui. Mais, je suis incapable de vous dire ce qu’elle concernera pour l’instant.

— D’accord… Le plus important, c’est que je sois vivant…

Le soir même, son équipe, définitivement renforcée par Booster, Lasso et Stase, vint le voir. Clarice boitait encore un peu, Wolfgang avait de vilaines balafres sur le visage et Alexandre avait les bras plâtrés, mais tout le monde pleurait en souriant. Wolfgang, le plus ému de tous, essayait de faire de l’humour pour détendre la situation.

— Mec, tu as été solaire, littéralement. J’ai bien bronzé.

Axel rigola de bon cœur, avant de reporter son regard sur Alexandre.

— Et toi, ça dit quoi ?

Le jeune homme haussa les épaules.

— J’ai des broches en métal dans les bras. Soit ça va m’empêcher d’utiliser mon pouvoir, soit je vais gagner en précision et en intensité. Et je vais m’entraîner pour que ce soit la deuxième solution.

Axel acquiesça alors qu’Alexandre reprenait.

— Oh, et tu avais raison. Avec la célébrité, mes parents sont revenus en rampant… Il a fallu faire appel à la sécurité de la base pour les expulser. C’était pathétiquement drôle et jouissif.

Fatima ajouta.

— Tu l’aurais vu leur dire qu’il ne les connaissait pas. La tronche qu’ils ont tirée, c’était hilarant.

Ils restèrent à parler dix minutes de plus avant que le médecin leur demande de sortir, laissant Axel et Victorine seuls. Celle-ci se pencha vers lui pour l’embrasser avant de sourire.

— Trois mois sans te raser… Je peux te dire que la barbe ne te va pas du tout.

Axel sourit.

— Promis, dès qu’on m’autorise à me tenir debout, je me rase… Ça me gratte trop… Des nouvelles de mes enfants ?

— Oui. Ton ex les amène demain.

Axel reposa la tête sur son oreiller, satisfait.

— J’ai hâte.

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