14- Un mensonge salvateur

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— Donc vous acceptez vraiment… ?

Je mis quelques secondes à comprendre de quoi il parlait. Avec tout ce qui s’était passé ces derniers jours, j’en avais presque oublié le concours d’art qui devait avoir lieu dans deux jours.

— Oui… cela me permettrait de mettre en avant mes talents. J’ai réalisé plusieurs tableaux ces derniers jours qui pourraient être appréciés, et je pense que ce serait une bonne occasion de les présenter.

Le directeur hocha lentement la tête.

— Mmmh… je ne voudrais pas me mêler de votre vie privée, mais j’imagine qu’il doit y avoir une raison.

Je restai silencieuse un instant. Il n’avait pas totalement tort. Me perdre dans l’art et la peinture m’aidait à respirer, à penser à autre chose… et surtout à éviter de frapper Theo qui commençait sérieusement à m’agacer avec son insistance.

— Eh bien… dans tous les cas, je vous accompagnerai. Mais vous avez également la possibilité d’emmener quelqu’un d’autre si vous le souhaitez.

C’est vrai que, au départ, Theo m’avait proposé de m’accompagner.

— Je vais y réfléchir.

— Très bien. Rendez-vous mercredi sur le parking de l’hébergement.

Il marqua soudain une pause en regardant dans le vide.

— Monsieur… ?

— Oui, désolé Sarah.

— Aucun problème… vous vous sentez bien ?

Il fronça légèrement les sourcils.

— C’est étrange… j’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose, mais je ne sais plus quoi.

Je laissai échapper un petit rire, et il finit par rire lui aussi.

Je me levai et sortis du bureau. À peine avais-je mis un pied dans le couloir que je percutai un torse.

Je levai les yeux.

Theo.

Il se tenait debout devant la porte.

— Ne me dis pas que tu m’as suivi et que tu attends là depuis tout à l’heure… ?

Il me regarda quelques secondes avant de répondre simplement d’un signe de tête.

Je lâchai un long soupir.

Je voulus passer devant lui, mais il me retint par le bras.

— Tu as accepté ?

— Ça ne te regarde pas, répondis-je en tirant mon bras.

Il me fixa quelques secondes avant d’ajouter :

— Alors je vais t’accompagner.

Je m’apprêtais à répondre, mais il continua.

— De toute façon Inès ne peut pas, ni les autres, ils passent leurs examens. Et toute seule tu sais très bien que..

Je le coupai brusquement.

Un homme venait de passer juste à côté de nous dans le couloir. Sans réfléchir, je lui attrapai le bras.

— J’irai avec lui !

— Quoi ? lança Theo, surpris.

L’homme que je venais d’attraper me regarda, visiblement aussi perdu que moi.

— Tu ne le connais même pas, dit Theo.

— Si.

— Non, insista-t-il.

L’homme fronça légèrement les sourcils.

— Il se passe quoi là… ?

Je serai légèrement son bras.

— Tu dois m’accompagner mercredi… tu as oublié… ?

Je lui lançai un regard presque suppliant, espérant qu’il comprenne mon jeu.

Étonnamment, il hocha la tête.

— Oui… c’est vrai.

Theo resta un instant silencieux, complètement abasourdi.

— Tu te fous de ma gueule…

Il s’éloigna finalement, visiblement énervé, d’un pas rapide.

— Tu vas lâcher mon bras… ?

Je réalisai soudain que je tenais toujours son bras.

Mes yeux se posèrent sur son visage.

Il n'était pas bien grand, j'étais même un peu plus grande que lui.

Il avait des yeux de couleur marron avec un reflet légèrement violet, on pouvait s'y perdre, c'était la première fois que je voyais des yeux semblables.

Quant à son corps, il avait les bras bien dessinés et le corps qui allait avec, c'était un bel homme.

— Uhuum

Je le lâchai immédiatement en reculant.

— Je suis vraiment désolée…, dis-je sûrement les joues rouges de honte.

Il me regarda avec un air amusé.

— Tu me revaudras ça.

À ce moment-là, la porte du bureau s’ouvrit.

— Adrien, je vous attendais.

Le directeur lui fit signe d’entrer.

Avant de passer la porte, l’homme posa un dernier regard sur moi. Un léger sourire amusé se dessina sur ses lèvres, ce qui me donna étrangement la chair de poule.

La porte se referma.

Je restai quelques secondes immobiles dans le couloir, mon sac remonté sur l’épaule sans avancer.

Mon regard retourna lentement vers la porte du bureau du directeur.

Elle semblait aussi mystérieuse que l’homme qui venait d’y entrer.

Une sensation étrange me traversa soudain.

Son visage…

Il ne m’était pas inconnu.

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