25. Terres Sauvages

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Au-delà du territoire glacial du Brahaum, à mille lieues du royaume aride de Cricks, au plus profond des Terres Sauvages du sud, un jeune homme gisait sur le sol.

Ces terres-là n’appartenaient à aucun des royaumes de Menaskalig. Personne ne parvenait à passer au-delà des canyons impénétrables Cricks, ni traverser les dangereux marécages au sud du Brahaum. Les explorateurs de Menaskalig ne pouvaient donc imaginer qu’un monde demeurait de l’autre côté de ces vastes terres désertiques infranchissable, où le soleil tapait fort et la chaleur y était étouffante. Olorùn, un Empire de Kaaïns millénaire, prospère et puissant, guettait sur ses voisins du nord, dans le secret le plus total.

Pendant ce temps, dans ce territoire désertique et perdu du monde, il ne se passait rien. Le temps semblait s’y être figé. Il n’y avait pas d’insectes, pas d’animaux sauvages, pas de plantes ni d’arbres. Il n’y avait dans les Terres Sauvages qu’un infini désert de chaleur et de poussière, et puis ce corps, immobile.

Nul ne pouvait savoir depuis combien de lunes ce jeune homme avait demeuré là, sans vie, étendu sur ces terres si lointaines de toute civilisation. Son corps était pourtant intact malgré la température étouffante. On aurait pu penser qu’il dormait paisiblement. Seulement, il n’y avait pas de vie qui l’animait. Autour, tout était inerte. Tout était silencieux. Le sol stérile, asséché, semblait lui aussi sans vie.

Un vent se leva, provenant du nord, et créa des petits tourbillons de sable se propageant jusqu’au cadavre. Les mirages sur le sable se troublaient au fil du mouvement de la brise. Le souffle vint finalement bercer le corps du jeune homme tel un enfant. Seulement, ce vent n’avait rien de normal. Il était chargé d’une énergie surnaturelle, puissante, arrivée ici comme une onde de choc venue de loin. Quelque chose que même un œil avertit ne saurait déceler.

Brusquement, un petit bourgeon de fleur surgit de terre. Il poussa à une vitesse extraordinaire. Il s’ouvrit, s’épanouissant en une magnifique rose d’un bleu dragée éblouissant. D’un coup, de la verdure commença à pousser tout autour du jeune homme. Des fleurs sortaient du sol comme si elles renaissaient de leurs cendres. Sur plusieurs pas à la ronde, la verdure s’étendait. De l’herbe fraiche et vigoureuse poussait sur un sol pourtant aride et un soleil tapant.

Au milieu de ce spectacle ésotérique, un bruit lointain venant des entrailles même de la terre, vint briser le silence. Tout se mit à trembler avec violence. Le sol se craquela, et une fissure apparut, se propageant lentement jusqu’au corps rigide du jeune homme.

Alors, comme un bébé réveillé par le bruit, bruit étranger dans un royaume de silence, le jeune homme ouvrit les yeux.

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