Chapitre 10 : Douche froide
Il me rend ce baiser avec une intensité redoublée, comme pour me dire sans un mot : Je suis désolé. Son emprise me fait vibrer, et cette résonance se diffuse sans détour au creux de mes cuisses, déclenchant une contraction profonde dans mon bas-ventre. Ma respiration se brise, se saccade, peinant à suivre les battements de mon cœur désormais irréguliers.
J’entrouvre les lèvres pour mêler nos langues, puis, dans un élan spontané, je me redresse et m’agenouille sur ses jambes, sans jamais rompre notre baiser. Mes mains, toujours posées contre son visage, glissent lentement vers son cou avant d’explorer ses épaules et ses bras, dont je n’ai pas encore mémorisé chaque relief. Son corps est chaud et lisse sous mes doigts. Je perçois le désir qui palpite dans sa poitrine et sens son membre se raffermir entre mes cuisses. Mon désir est irrépressible.
Il m'écarte avec douceur, balaie mon visage du regard et caresse du bout des doigts chaque trait, gravant chaque contour dans sa mémoire. Je perçois le frisson discret de ses bras sous mes mains, la moindre contraction de ses jambes tendues. Je m’écarte : l’instinct me dicte de me redresser.
Debout face à lui, je scrute ses yeux, tente de percer ses intentions. Je crains qu’il ne mette un terme à notre étreinte et prie pour qu’il en soit autrement. Il m’agrippe à la taille et m’élève avec une aisance déconcertante. Mes bras se resserrent derrière sa nuque, mes jambes s’enroulent autour de sa taille. Je défaille sous cette démonstration de force.
Il traverse le salon et s’engouffre dans le couloir en direction de la salle de bains. L’odeur de la cuisine nous accompagne : pain grillé, brioche sortie du four, un parfum caramélisé flotte dans l’air. Mon corps se serre contre le sien. Il me dépose délicatement sous la douche, nos bouches soudées par l’élan passionné.
La fraîcheur de la faïence caresse mon dos pressé contre celle-ci, le sol en pierre est humide sous mes pieds.
Tous deux encore vêtus de nos sous-vêtements et d’un t-shirt, un froid cinglant me transperce lorsqu’il ouvre l’eau froide sur nous. Je pousse un cri étouffé par le choc. Je le regarde, médusée.
Voilà qui fait chuter la température dans tous les sens du terme, me dis-je.
“Il fallait que je refroidisse nos ardeurs”, lance-t-il nonchalamment, le regard brillant de satisfaction.
Son avant-bras s’appuie sur le mur au-dessus de ma tête. Je me sens fragile face à son imposante posture.
« Je ne veux rien précipiter et qu’on se découvrent peu à peu. Monter notre désir à son apogée pour en savourer chaque instant. »
Je le fixe, ébahie. Un rire spontané m’échappe, qu’il partage aussitôt.
Déçue et frustrée, mais également charmée, je l’avoue, je capitule face à ses arguments de poids.
Le froid ruisselle toujours sur nous. Ma poitrine ferme, les tétons dressés par la température, se devine sous la transparence de mon t-shirt blanc. À cette vue, il hésite un instant. Puis il effleure du doigt la courbe extérieure de mon sein. Un tremblement agite mes paupières. Un deuxième doigt le rejoint, retrace le même chemin, avant de prendre mon sein entièrement sous sa paume. Pressant pour jauger la fermeté et la forme, sa respiration trahit un désir intense. Mon ventre se contracte, souffle étouffé d’envie. Il glisse ses mains sous mon haut, le fait remonter le long de mon buste et le retire. Je frissonne d’être nue devant lui.
Ses yeux brûlent d’envie, sa respiration est haletante, sa peau est chaude même sous l’eau glacée. Il m’embrasse soudain, me plaquant contre le mur. Son corps m’emprisonne, se faisant la plus belle des cellules. Ses mains effleurent mon cou, mais son intérêt revient à ma poitrine qui se soulève à l’unisson de mon empressement. J’ai envie de lui, démesurément.
Du bout des lèvres, puis de la langue, il effleure mon téton. Un gémissement discret s’échappe. Ma sensibilité est moindre sur cette zone, mais c’est lui. Chaque parcelle de mon corps honorée par ses baisers est bénie de mon approbation. Nos corps vibrent, nos cœurs martèlent nos poitrines, le sang afflue en nous. Il lutte, mais ne se contrôle plus, et je ne le retiendrai pas. Je le veux, je le désire. Lui, qui a si souvent hanté mes rêves et pensées.
Nos baisers deviennent sauvages, dévorants. Je mords ses lèvres, prête à franchir une étape. Je dirige ma main vers son sexe, messagère de mon intention. Il me stoppe, plaque mon bras au-dessus de ma tête, puis dirige ses doigts vers mon intimité. Sa bouche posée sur la mienne, ses doigts effleurent l’intérieur de mes cuisses, remontent jusqu’à mes lèvres à travers mon tanga en dentelle. Il le fait glisser sans rompre le baiser. J’en frissonne de plaisir. Le sang afflue si fort que c’en est presque douloureux. Humidifiée par nos baisers brûlants et nos caresses équivoques, ses doigts s’insèrent sans difficultés aucune et m’arrachent un soupir bruyant. Je sens leur présence en moi, l’image me pousse à resserrer mes bras autour de lui.
Il rythme ses allers-retours, ses mouvements comparables à une danse qu’il aurait répété maintes fois dans le seul but de performé en cet instant. Le souffle court, je blottis mon visage dans son cou, m’accroche à lui, mes ongles plantés dans son dos. J’arrache un gémissement de plaisir et de surprise. J’enroule ma jambe autour de ses hanches, m’ouvre totalement à lui, lui offrant chaque recoin de mon corps.
Mon souffle chaud se répand sur sa peau, mes lèvres légères comme une plume glissent de son cou jusqu’à son oreille. Au bout de ma langue et de mes dents, je m’accroche à son lobe, provoquant un frisson chez lui. Sa respiration s’emballe, témoin du plaisir éveillé.
Je ne peux réprimer ma soif de lui rendre pareil plaisir. Je reprends mes caresses, nourrissant l’espoir d’une pénétration qui se fait trop attendre. Mes mains s’insinuent sous son boxer, s’agrippent à ses fesses. Il se laisse faire. Son corps cède malgré son apparente résistance. Je fais glisser son vêtement et le laisse tomber à ses chevilles. Il l’éloigne d’un geste discret. Mon cœur rate un battement devant son membre en érection. J’attrape son visage entre mes mains et l’embrasse avec empressement. L’excitation atteint son paroxysme.
Je glisse ma main sur ses pectoraux, traverse la vallée de ses abdos, pour finir mon voyage sur son sexe. Un gémissement vibrant se décroche de sa gorge. Son membre durci, légèrement incliné vers le haut, ma main peine à en faire le tour. J’alterne douceur et fermeté, caressant pour son unique plaisir. Ses respirations, éloquentes, confirment la justesse de mes gestes.
Nous continuons ainsi nos préliminaires jusqu’à ce fameux moment, celui qui scelle la fin de notre étreinte charnelle et pour lequel nous avons œuvré : l’orgasme, point d’orgue de notre union. Ses mouvements s’intensifient au rythme de mes cris retenus, me rappelant soudain que nous ne sommes pas seuls dans la villa. Je me synchronise à son tempo, mais dans une montée en puissance incontrôlée, je cède avant lui à l’extase. Un spasme me courbe le ventre sous son intensité ; mes jambes ont tout juste la force de me tenir debout. Il ne tarde pas à me rejoindre dans cette libération d’hormones. Ses muscles se contractent, son bras se plaque au mur pour garder l’équilibre. Il colle son torse à ma poitrine, puis son front au mien. Sa main encore libre tient désormais ma nuque, la pressant du bout des doigts avec ce qui semble être les derniers vestiges de sa force.
Nous restons là, immobiles, à savourer la sensation enivrante de l’après-orgasme. L’eau glacée ne se ressent plus, surpassée par la chaleur de nos corps et le sillage de notre désir brûlant. Après un ultime baiser, l’eau se coupe enfin. Nous sortons de la douche, le cœur encore battant, nous nous séchons puis nous nous habillons pour rejoindre la terrasse où le petit-déjeuner nous attend.

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