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Le professeur Martino, de retour d’un entretien avec Georges Brousse, était très préoccupé. Ce dernier lui avait fait part de nouvelles instructions du Gouverneur Général en insistant sur le fait qu’aucun écrit ne les mentionnerait et qu’il n’y aurait aucune trace de cet entretien.e professeur Martino, de retour d’un entretien avec Georges Brousse, était très préoccupé. Ce dernier lui avait fait part de nouvelles instructions du Gouverneur Général en insistant sur le fait qu’aucun écrit ne les mentionnerait et qu’il n’y aurait aucune trace de cet entretien.
Il s’installa à son bureau pour réfléchir un moment, puis il appela sa secrétaire et lui demanda de convoquer immédiatement tous les collaborateurs du projet Biotel pour une réunion d’urgence. Quand ils furent au complet, il prit la parole :
— Avant de commencer, je dois vous demander la plus grande discrétion : rien ne doit transpirer de cette réunion. Il en va de notre survie. Il s’agit d’une affaire extrêmement sensible. Sommes-nous tous d’accord ?
Tous les participants hochèrent la tête en signe d’assentiment, mais une certaine inquiétude transparaissait dans leur attitude.
— On m’a demandé, je dirais plutôt, exigé des modifications substantielles du programme Biotel.
— …
— Comme vous le savez tous, nous avons programmé la possibilité de modifier le microprogramme de la puce par la voie des ondes. Il est maintenant question d’y inclure une nouvelle fonctionnalité déclenchable à distance.
— …
— C’est la possibilité de générer un ultra-son capable de tuer le porteur de la puce avec les signes d’une mort naturelle. Le nom de code du projet est « BSK », ce qui signifie « Biotel Sound Killer ».
Un silence pesant accueillit ces derniers mots. Personne n’osait regarder son voisin ou le professeur et chacun avait baissé la tête. Martino reprit la parole :
— Si l’un d’entre vous veut partir, je ne lui en voudrais pas, mais c’est maintenant et avec la promesse d’oublier ce que j’ai dit. Après il sera trop tard.
Un des collaborateurs se leva, fit un petit signe de tête et sortit. Un autre questionna :
— Vous avez accepté ?
— Je n’ai pas le choix. Le régime évolue d’une dictature douce vers un régime totalitaire, aidé par notre technologie qui permet de supprimer presque totalement les oppositions. Le Gouvernement veut une solution efficace et discrète qui lui permette d’éliminer les derniers opposants.
— Mais c’est de l’assassinat !
— Oui.
— Et si nous refusions en bloc ?
— D’autres le feraient. N’oubliez pas que nous avons dû donner le code et de bons programmeurs pourront les utiliser et les modifier. J’ajoute que si nous refusons, on nous implantera une puce et nous perdrons tous nos avantages.
Grand silence.
— Il faut se mettre immédiatement au travail, nous avons quinze jours pour réussir un premier test sur l’animal.

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