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Scipion avait repris sa traduction de la deuxième page mais avait décidé de ne la communiquer qu’à condition d’obtenir une permission de sortie d’une journée pour retrouver sa femme et ses enfants. Sa demande serait le soir même le seul élément de son rapport quotidien.
Journal de Syvantha Prom
J’ai travaillé jour et nuit pour finaliser un programme d’AI destiné à remplacer celui de la puce et capable de fournir à la surveillance des informations « normales » et conformes aux attentes des autorités, pendant qu’ils pourraient utiliser des smartphones indétectables dont un collègue terminait la mise point. Mon but était de recontacter les opposants et de leur proposer de s’unir pour mieux résister.
La suite étant caviardée, probablement par Syvantha elle-même, il reprit au paragraphe suivant.
Journal de Syvantha Prom
J’ai pu revoir mon interlocuteur de l’association contre l’hyper-connexion. J’avais pris la précaution de mettre sa puce à jour pour qu’on ne puisse pas écouter notre conversation. Il a reconnu que j’avais eu raison d’essayer de le prévenir des projets gouvernementaux, mais il a ajouté que de toutes façons il n’aurait pu rien faire, ce qui était vrai.
Scipion était perplexe : tout ce que Syvantha racontait dans son journal qu’elle avait présenté comme la confession d’une coupable tournait autour de la téléphonie utilisée comme un instrument d’oppression et de pouvoir. Mais elle n’était pas la seule à avoir facilité sa mise en place, elle avait été prise dans un engrenage infernal. Apparemment elle avait tenté d’organiser une forme de résistance aux projets des gouvernants. Avait-elle réussi ? Quel rapport avec le Grand Orage ?
Scipion en resta là et rédigea sa demande de permission de sortie.

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