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Le professeur Martino était très inquiet. L’accentuation de la répression, l’espionnage permanent et la suspicion généralisée devenait insupportable. Il ne se sentait plus en sécurité depuis que le directeur de l’ACI lui avait déclaré qu’il serait l’objet d’une enquête ainsi que la totalité de ses collaborateurs, les familles et amis faisant aussi partie des investigations. Georges Brousse lui avait confié, sous le sceau du secret, que le laboratoire risquait d’être démantelé et que lui-même et toute son équipe risquaient de subir l’implantation d’une puce.
Martino convoqua Syvantha pour la prévenir et faire le point avec elle.
— Nous devons être très prudents et faire profil bas. Les autorités pensent qu’il y a un ou plusieurs traîtres parmi nous.
— Et ils ne se trompent pas. Mais nous devons continuer. Il faudrait détourner leur attention sur un autre problème.
— Oui, mais quel problème ?
— Nous allons mettre le Sidernet en panne et ensuite proposer de le réparer.
— Mais il est pratiquement impossible d’accéder à la gestion du Sidernet !
— Au contraire. Le système est peu verrouillé et Il y a une énorme faille de sécurité. Il est possible de s’introduire sur un des satellites du système et de mettre tout le réseau en panne par son intermédiaire. Et comme le système a été conçu en dehors de nous, personne ne pourra nous accuser.
— Et si nous le réparons, notre action sera appréciée. Bravo et au travail.
— Je peux déclencher la panne cette nuit.
— Très bien. Nous proposerons nos services dès demain.
Le lendemain, Martino réunit toute son équipe pour la mettre au courant de la situation et de l’imminence du danger.
— Mes amis, comme vous le savez les puciphobes ont commis de nombreux d’attentats. Le gouvernement met en cause notre travail et soupçonne la présence d’un traitre parmi nous qui saboterait le logiciel des puces, perturbant ainsi le bon fonctionnement de Biotel.
— Mais c’est très grave !
— Oui. Je dois vous prévenir que des enquêtes sont en cours sur nous tous, nos familles et nos proches.
— Pourtant nous n’avons rien à nous reprocher.
— Je le sais bien. Cependant, nous avons une opportunité de nous dédouaner. Le Sidernet est tombé en panne cette nuit ; Syvantha, qui s’est levée très tôt ce matin, s’en est aperçue et elle a creusé le sujet. Elle a quelques pistes pour le remettre en route. Je vais proposer nos services et nous pourrons prouver notre loyauté en rétablissant le Sidernet et en le sécurisant. Des questions ?

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