Elle ne criait pas
Elle ne criait pas.
Elle se souvenait encore des échos du monde qui l’entourait. Mais eux, ils n’entendaient pas.
L'ombre du soir envahit lentement la pièce. Le monde continue de tourner, ignorant tout ce qui vient de se passer.
Moi, je ne bouge plus.
Je ne ressens plus rien.
Pas de douleur. Pas de honte. Juste ce vide.
Ce vide lourd, oppressant, qui me colle à la peau comme une peau trop petite.
Il est parti. Ils sont partis.
Mais je reste là, seule, avec le bruit de ma respiration dans cette chambre trop grande pour moi.
Je devrais me lever. Je devrais partir. Mais mes jambes sont comme clouées au sol. Il n'y a plus de fuite.
Il n’y a plus de moyen d’échapper à ce silence.
Elle ne criait pas.
Elle se souvenait encore des échos du monde qui l’entourait.
Mais eux, ils n’entendaient pas.
J’ai l'impression que les murs se referment lentement autour de moi, qu’ils m’engloutissent sans bruit. C’est plus facile ainsi. Le silence a pris toute la place. Le monde extérieur continue de vivre sans se soucier de moi. C’est peut-être mieux ainsi. Peut-être que ce qui m’est arrivé n’a pas d’importance. Peut-être que je ne devrais pas en parler. Peut-être que personne ne s’en souciera.
Je me lève, les pieds nus sur le sol froid.
Je regarde mes mains, tremblantes.
Je suis encore là.
Je suis encore moi.
Je ne sais pas comment je dois être après ça.
Je ne sais pas si je serai encore la même.

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