Chapitre 1 - Une journée presque comme les autres (partie 2/4)
L’homme tourna brusquement la tête vers elle, et son regard la transperça immédiatement. Il la détailla une seconde, son expression oscillant entre exaspération et condescendance.
— Je suis sérieux ? Il éclata d’un rire sans humour. Tu sais comment fonctionne un feu de circulation, au moins ?
Charlie le fixa, incrédule. L’absurdité de la situation la frappa de plein fouet, et un frisson d’indignation remonta le long de sa colonne vertébrale. Son cœur accéléra sous l’effet de la colère naissante, ses doigts se crispèrent malgré elle. ‘’Il a osé ?’’. Après lui avoir foncé dedans, il osait la prendre de haut avec cet air dédaigneux. Une vague de frustration pure lui brûla la poitrine, son souffle se fit plus court alors que ses mâchoires se serraient. Ses muscles se tendaient sous l’irritation grandissante, et déjà, une réplique acide lui brûlait les lèvres.
— Tu crois que je t’ai laissé me rentrer dedans pour le plaisir ?
— Je crois surtout que t’as besoin d’un rappel des bases du code de la route. Il haussa la voix, sarcastique. Rouge, on s’arrête. Vert, on avance. C’est pas compliqué.
Charlie sentit une colère brute lui foudroyer les entrailles, une rage qu’elle n’avait jamais ressentie avec une telle intensité. Ce n’était pas juste de l’agacement, pas juste une irritation passagère, c’était un incendie qui lui brûlait la poitrine, un trop-plein d’exaspération et d’indignation qui s’emballait violemment. Ses pensées s’embrouillaient, une tempête furieuse lui vrillant le crâne, et elle sentit son visage s’échauffer sous l’émotion. ‘’Il se fout de moi ? Il s’autorise à me parler comme si j’étais une idiote ?’’. Un éclat de rage pure traversa son regard, et à cet instant précis, elle n’avait jamais eu autant envie d’étrangler quelqu’un.
— Mon feu ÉTAIT vert, connard !
— Et le mien non, peut-être ?!
Ils se retrouvèrent à deux mètres l’un de l’autre, se fusillant du regard, criant presque, la colère montant en flèche.
— T’es juste incapable d’admettre que t’as fait une connerie ! Lança-t-elle.
— Comme si ! Et toi t’es incapable de voir ce qui est juste sous tes yeux !
Les passants ralentissaient, certains s’arrêtaient pour observer la scène. Deux inconnus se hurlant dessus sous une pluie devenue glaciale, des épaves de voiture à leurs côtés.
Dans le coffre, Lucky aboyait comme un forcené, sentant la tension. Un grondement sourd, suivi d’un jappement puissant. Il poussa contre la séparation, encore et encore… et réussit à bondir hors du coffre. Charlie s’attendait à ce qu’il saute sur le ‘’connard’’ en face d’elle, mais à sa grande surprise, le chien ne montra aucun signe d’agressivité. Au lieu de ça, il trottina autour de l’homme et s’arrêta devant lui, la queue légèrement relevée, mais non-menaçante. L’homme jeta un léger regard vers Lucky, mais ne recula pas d’un pouce. Il ne bougea même pas. ‘’Pire encore’’. Sans même cesser de crier sur Charlie, il tendit machinalement la main et passa ses doigts dans le pelage du berger.
— Si t’es pas foutue de conduire, faut éviter de prendre le volant, c’est pourtant évident ! Tonna-t-il, tout en caressant Lucky du bout des doigts.
— T’as fini, oui ?! S’énerva-t-elle.
L’homme releva lentement la tête vers elle, un sourire s’étirant sur ses lèvres avec une insupportable lenteur, comme s’il dégustait chaque seconde de son irritation. Son rictus, teinté d’un mépris, laissait entendre qu’il la trouvait presque divertissante dans sa colère impuissante. Son regard bleu acier, glacial et perçant, s’accrocha au sien avec une suffisance nonchalante, comme s’il l’évaluait, la jaugeait, certain d’avoir déjà gagné ce duel verbal avant même qu’elle n’ouvre la bouche. Il n’avait même pas besoin de parler. Son sourire suffisant parlait pour lui. ‘’Ce foutu sourire narquois’’. L’expression d’un homme intouchable, inattaquable, qui savourait avec un plaisir manifeste chaque once de frustration qu’elle lui offrait.
— Finis quoi ? De t’écouter brailler comme une hystérique ?
— Mais, vas te faire enculer !
— Je t’attends !
Elle s’apprêtait à répliquer, mais il la détailla soudain de haut en bas, son regard devenant plus lent, plus appuyé. Ses yeux glissèrent sur elle avec une analyse méthodique, détachée, comme s’il jaugeait une proie plutôt qu’une adversaire. Une lueur d’exaspération mêlée de dédain brillait dans son regard, mais aussi une pointe d’amusement cruel, comme s’il trouvait un certain plaisir à la voir s’emporter. Il prit son temps, laissant son regard effleurer chaque détail de son apparence. Un sourire infime releva le coin de ses lèvres, pas un sourire chaleureux, mais une ombre railleuse, un rictus calculé qui trahissait une pensée moqueuse. Son regard remonta lentement jusqu’à croiser le sien, et l’intensité glaciale de ses prunelles lui donna l’impression d’être transpercée.
— Bordel, mais… c’est quoi cette tenue ?
Charlie fronça les sourcils, et, d’un ton sec et tranchant comme une lame, répliqua avec agressivité.
— Quoi ?!
— Non, parce que franchement… T’as fait un effort pour être aussi négligée, c’est un style que j’ignore ? Il la balaya l’air d’un geste. Le jogging difforme, la boue sur ton manteau, le bonnet qui crie « j’ai abandonné ma dignité depuis dix ans »… tu fais partie d’une secte qui vénère les sacs-poubelles, ou c’est juste ta façon d’exister ?
Charlie sentit la colère la brûler jusqu’aux oreilles, une montée fulgurante de rage qui lui embrasa la poitrine et fit trembler ses doigts de frustration. Son souffle se coupa un instant sous l’intensité du mépris qu’il dégageait. C’était la goutte de trop. Un torrent de fureur brute, un martèlement insoutenable pulsa à l’intérieur de son crâne, et son corps tout entier se tendit, prêt à exploser.
— Pardon ?!
— Sérieusement, t’as vu ta gueule ? Si t’avais fait un effort pour t’habiller correctement, t’aurais peut-être aussi appris à mieux voir la route. Les gens qui ont un minimum de respect pour eux-mêmes ont aussi assez de neurones pour pas griller un feu. Pas étonnant qu’une fille qui s’habille comme un sac soit incapable de conduire correctement.
— Oh pardon, Monsieur le cliché ambulant ! Elle le toisa de bas en haut, exagérant ses gestes avec mépris. Chemise noire, costume impeccable, montre hors de prix, une putain de voiture de luxe… Elle secoua la tête en ricanant. T’es quoi, un catalogue vivant de « l’homme d’affaires alpha » conducteur professionnel de donneur de leçons ?! Son ton se fit plus tranchant. Laisse-moi deviner, t’as un job dans la finance, tu passes ta vie à te regarder dans le miroir, et t’es persuadé que tout le monde t’admire alors qu’en fait, personne te supporte.
L’homme éclata un rire bref, un rire sec, mordant. Un éclat de voix rauque, moqueur, qui résonna entre eux comme un défi, comme s’il trouvait son analyse à la fois pathétique et divertissante. Son regard s'assombrit légèrement sous l'ombre d’un sourire carnassier, et il la fixa avec une arrogance brute, savourant l'idée qu'elle croyait pouvoir le cerner aussi facilement.
— T’as une imagination débordante, princesse des poubelles. Ça compense peut-être ton manque total de goût.
— Oh mais bien sûr, parce qu’il faudrait que je ressemble à un clone insipide comme toi pour être respectable ?!
Ils se fusillaient du regard, la tension était montée à un niveau alarmant, chacun serrant les poings, la pluie battante ne faisant qu'ajouter au décor absurde de leur dispute. Lucky, lui, se frottait encore aux jambes de l'homme, comme si de rien n'était. Charlie, hors d'elle, fit un pas brusque en avant pour attraper son chien, son corps tendu par la colère. Mais à peine elle esquissa le moindre geste, qu’une poigne de fer attrapa son avant-bras avec une force brutale.
Elle eut un sursaut, une douleur vive irradiant jusque dans son épaule. Ses yeux s’écarquillèrent en croisant ceux de l’homme. Un regard glacial, mais troublé. Un instant figé dans le temps. Il ne la lâchait pas. Son emprise était forte, presque douloureuse, prête à lui broyer les os si elle faisait un geste de travers. Charlie eut un frisson étrange, incontrôlé. ‘’Il pense que j’allais le frapper ?’’. Elle le voyait dans son regard, une sorte de doute furtif, un instinct de survie presque primaire. Il était sur ses gardes. Il avait l’air troublé. ‘’Presque… apeuré ?’’. Elle entrouvrit la bouche, essayant de formuler quelque chose.
— Non, mais-
— Bon, c’est quoi cette situation ?!
Une voix autoritaire les coupa net. Un policier venait d’arriver, l’air excédé, sa tablette à la main. Petit et légèrement voûté par la fatigue ou l’habitude, il portait l’uniforme réglementaire de la police parisienne, une veste sombre marquée du sigle de la Préfecture. Ses cheveux grisonnants, coupés courts, semblaient n’avoir pas connu une vraie nuit de sommeil depuis des lustres, et les cernes sous ses yeux creusaient son regard d’un marron délavé, presque éteint. Sur sa veste, Charlie aperçut un nom brodé en lettres capitales : « Lieutenant Moreau ».
Charlie et l’homme se tournèrent vers lui d’un même mouvement, toujours tendus, encore accrochés l’un à l’autre, avant que l’homme ne relâche enfin son emprise sur elle. Le policier posa une main ferme sur le manche de son arme, comme prêt à dégainer. Son regard fixé sur l’homme en face de lui, il était méfiant, presque hostile.
Charlie fronça les sourcils, sentant l’atmosphère changer brusquement. L’homme, lui, recula légèrement, levant instinctivement les mains, comme s’il voulait éviter un malentendu. Charlie, toujours dans l’incompréhension, secoua légèrement la tête avant de tendre la main vers Lucky. Elle attrapa son collier d’un geste ferme, empêchant le chien de s’exciter davantage. Puis, son regard croisa celui de l’homme, et son expression changea. Plus de colère, juste un éclat de regret, peut-être même d’excuse fugace. La tension qui enflait entre eux se dissipa en un instant. L’homme détourna la tête. Il passa une main sur sa nuque, visiblement gêné, ‘’un tic nerveux ?’’. Le policier, toujours sur ses gardes, avança d’un pas et les fixa tour à tour.
— Alors, qu’est-ce qui s’est passé ici ?
— Une fois que le feu est passé au vert, ce mec m’est rentré dedans ! Lâcha-t-elle, accusatrice.
La tension remonta aussitôt. L’homme tourna brusquement la tête vers elle, l’expression glaciale, outré par ce qu’il venait d’entendre.
— Pardon ? Répliqua-t-il, sa voix grave trahissant son exaspération. C’est moi qui suis passé au vert, idiote. J’ai essayé de freiner, mais j’ai pas pu éviter ta bagnole.
— Tu veux dire que TU m’as foncé dedans comme un abruti incapable de gérer un freinage ?!
— Tu délires complètement ! Il secoua la tête, ahuri. T’as grillé ton feu et maintenant, tu veux me faire porter le chapeau ? Classique…
— Classique de quoi ?! Tu crois que je vais juste te laisser m’accuser de ta connerie ?!
Les insultes et les reproches fusaient de plus belle, ravivant la dispute avec encore plus d’intensité. D’abord patient, le lieutenant serra les dents, exaspéré, avant de lâcher un soupir bruyant et d’élever soudainement la voix.
— STOP ! Sa voix claqua dans l’air comme un coup de tonnerre, les figeant net. Si encore l’un de vous ouvre la bouche sans mon autorisation, je vous embarque tous les deux au poste !
Charlie sentit son cœur cogner de frustration. Elle ouvrit la bouche pour protester, mais le regard du policier la cloua sur place. Le lieutenant souffla lourdement encore une fois et désigna l’homme du menton.
— Vous, commencez. Racontez-moi votre version.
Charlie sentit une vague de frustration sourde monter. ‘’Pourquoi lui en premier ? Parce que c’est un homme ? Parce qu’il a l’air plus crédible, plus imposant ?’’. Le grand brun croisa les bras, haussa un sourcil moqueur comme s’il lisait dans ses pensées. Ce qui hérita fortement Charlie, elle mordilla sa lèvre s’obligeant à ronger son frein pour ne pas parler de nouveau.
— J’étais arrêté, mon feu est passé au vert, j’ai avancé, et cette princesse s’est jetée devant ma voiture. Fin de l’histoire.
Charlie explosa, incapable de supporter un tel mensonge. Une bouffée de rage incontrôlable la submergea, son corps tout entier se tendit sous l'indignation. Son sang battait à ses tempes, sa respiration se fit plus saccadée, et sa voix jaillit, tranchante et furieuse, incapable de contenir l’injustice flagrante qu’il venait d’annoncer avec tant d’assurance.
— T’es vraiment qu’un-
— J’AI DIT TAISEZ-VOUS ! La voix du policier tonna à nouveau, et cette fois, ce fut trop. Mains dans le dos. Maintenant.
— Quoi ?! Charlie le fixa, abasourdie.
— Vous êtes sérieux ? Siffla l’homme, les yeux plissés.
— Immobilisez vos mains. Si vous contestez, je vous colle une autre charge. J’ai pas que ça à faire…
Le policier ne plaisantait pas. Exaspérés, mais contraints, Charlie et l’homme obéirent, laissant les menottes se refermer froidement sur leurs poignets. Mais l’homme, lui, serra les poings avec une tension presque palpable, sa mâchoire crispée à l’extrême, comme si ses muscles allaient céder sous la pression. Les yeux fermés un instant, il lutta silencieusement contre quelque chose en lui, une rage contenue, un instinct qu’il s’efforçait de maîtriser.
— Putain, mais c’est du délire ! Pesta Charlie.
— Si seulement tu l’avais fermée deux minutes, on n’en serait pas là. Lâcha l’homme, exaspéré.
Charlie tourna brusquement la tête vers lui, les yeux lançant des éclairs.
— Ah parce que maintenant c’est de ma faute ?!
— Tu veux un dessin peut être princesse ? Répliqua-t-il avec un sourire narquois.
Sans ménagement, le lieutenant fit entrer Charlie à gauche, l’homme à droite. Puis, il attrapa Lucky par son collier et le mit sur la banquette arrière. Lucky, imperturbable, s’assit entre eux, l’air vaguement curieux. La voiture démarra, avançant lentement sous la pluie battante. Et sans attendre, ils recommencèrent immédiatement à se quereller.
— Tout ça à cause de toi !
— Tu rêves, c’est toi la cause de ce bordel, princesse des poubelles !
— Putain, mais t’as un problème d’ego ou quoi ?!
— Non, juste un problème avec les gens incapables de reconnaître leurs erreurs.
— C’est toi qui dis ça, espèce de-
— Oh ! POUR L’AMOUR DE DIEU, FERMEZ-LA TOUS LES DEUX ! Hurla le policier, au bord de l’implosion. Un silence pesant s’abattit dans l’habitacle. Lucky bâillant, l’air heureux.
Le commissariat avait cette odeur caractéristique de renfermé et de café tiède. L’éclairage blafard accentuait les traits fatigués des agents qui allaient et venaient entre les bureaux, des piles de dossiers à la main. Charlie et l’homme furent conduits dans une petite salle, menottes retirées, mais placés face à un bureau métallique usé où le policier s’installa lourdement.
— Bien. On va commencer avec vos identités. Il leva les yeux vers Charlie. Nom, prénoms ?
— Musorny Charlie Mélisande.
À peine avait-elle fini de prononcer son nom qu’un éclat de rire étouffé retentit. Un rire bas, contenu, mais chargé d’une moquerie évidente. Charlie tourna lentement la tête vers l’homme assis à côté d’elle. Il riait, les épaules secouées d’un amusement qu’il peinait à masquer. ‘’Carrément !?’’. Elle le fixa, sidérée, son agacement s’intensifiant à une vitesse fulgurante.
— Un problème ? Lâcha-t-elle, la voix tranchante, déjà à bout de patience.
L’homme releva les yeux vers elle, un sourire moqueur toujours vissé à ses lèvres. Il tenta brièvement de retrouver son sérieux, mais le simple fait de croiser son regard sembla raviver son hilarité.
— Non, non… Répondit-il en reniflant légèrement, clairement amusé. C’est juste… t’as déjà regardé la traduction de ton nom en russe, princesse des poubelles…
Charlie sentit une vague de chaleur explosive lui monter au crâne. Son sang ne fit qu’un tour. ‘’Il se fout de moi ?’’. Ses mâchoires se serrèrent tandis qu’une envie viscérale de lui conférer une gifle cinglante la traversa.
— Tu veux vraiment finir avec une baffe sur ton joli visage ? Grinça-t-elle, ses doigts crispés sur ses cuisses pour se retenir.
Loin d’être intimidé, l’homme esquissa un sourire satisfait, un éclat joueur brillant dans ses yeux d’acier.
— Joli visage ? Fit-il, son ton presque charmeur, mais volontairement provocateur.
Le lieutenant, jusque-là spectateur silencieux, frappa violemment du poing sur la table, faisant sursauter Charlie et fusillant l’homme du regard.
— Ça suffit ! Gronda-t-il. Encore une remarque déplacée et vous passez la nuit en cellule.
L’homme leva aussitôt les mains en signe d’innocence, un faux air désolé sur le visage. Mais son rictus narquois ne disparut pas. Il se cala nonchalamment contre le dossier de sa chaise, l’air toujours aussi arrogant. Charlie, elle, se retint de l’étrangler sur place, son pied tapotant nerveusement le sol sous la table. Le lieutenant, manifestement au bout du rouleau, reprit d’un ton sec.
— Âge ?
— 26 ans.
— Date de naissance ?
— Aujourd’hui.
— Et l’année ?
— 2042
— Bon anniversaire… Sexe ?
Charlie fronça les sourcils, interloquée par la question. Elle redressa légèrement la tête, l’air faussement offensée.
— Sérieusement, c’est pas évident ? Elle arqua un sourire, sarcastique. Vous avez besoin que je vous le confirme.
— Pas si évident… Un murmure bas, à peine audible, du côté de l’homme.
Charlie se figea. Une seconde d’incompréhension avant que la colère ne la frappe de plein fouet de nouveau. D’un mouvement brusque, elle tourna la tête vers lui, les yeux menaçants.
— Quoi ?!
— Musorny, concentrez-vous. L’interrompit le policier, déjà excédé. Profession ?
— Étudiante en médecine, bio-informaticienne, cinquième année, Université Paris Cité.
Le policier hocha la tête et continua l’interrogatoire. Charlie répondit aux autres questions d’un ton sec, mais sans plus prêter attention à l’homme à côté d’elle. Puis finalement, ce fut à son tour.
— Nom, prénom ?
— Andreev Yuri Sacha.
— C’est russe non ?
— Franco-russe.
— Bien… Âge ?
— 28 ans.
— Date de naissance ?
— 29 janvier 2040.
— Profession ?
— Militaire.

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