Accords Profanes
Accords profanes, sur ta peau élimée. Les réminiscences d'une vie oubliée, ou envolée tel un phénix épuisé de se réveiller à chaque instant d'obscurité. Ressuscité sur une branche fragilisée par les intempéries, semblable à une résurrection maudite qui fait perler des litres de sang, de sanglots épuisants.
Accords profanes, sur ta peau harassée. Les doigts de la félicité en caresses, effleurent l'âme d'un être au cœur fracturé. Il souhaite s'effacer, omettre les larmes d'hier et baisser les armes de guerre. L'hémorragie est terne, comme son regard plein de haine. Dans le miroir, ne demeurent que les fragments de son âme ; reflet effacé, abîmé par la terreur des nuits ensanglantées. Les débris de verre s'éparpillent sur un sol asséché où se meurent des milliers de fleurs. Agonisantes, comme le phénix qui se terre en un tas de poussières. Les cendres de son passé qui, à chaque pulsation, se matérialisent en un oiseau qui ne respire qu'au crépuscule et qui s'éteint chaque matin. Telles les bribes d'un cauchemar qui s'égaie lorsque l'arôme de l'abomination s'élève et danse. Sur la mélodie sublime du désespoir, de ces relents noirs qui naviguent dans les veines purpurines du phénix malmené.
Accords profanes, sur ta peau martyrisée. La mélopée sanguine, vésanie splendide des cœurs que l'on a meurtris en de sombres cris. Hurlements de peine, de haine, de cette existence fétide emplie de douleurs insensées ; funeste comme l'esprit qui se délite et s'effeuille sur la nécropole des souvenirs.
Gisant, le corps dépouillé d'un macchabée, laissant se répandre les restes d'un homme que l'on a condamné. L'odeur putride de la désolation, sépulture de fortune, faite de pétales de roses flétris. Comme le cœur d'une créature qui renaît de ses cendres.
Le triste maudit,
Que l'on oublie,
Qui périt,
Sur la branche d'un saule affaibli,
Par les intempéries.
Et les accords profanes.

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