Averse

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J'ai vu passer l'averse dans tes yeux si bleus, le torrent sur ton esprit pieux.

J'ai vu passer l'ivresse, de ces matins ombrageux, lorsque le son de ta voix se faisait mélodieux. Comme tes cris, cette haine – silence – tapie aux creux de tes reins, et jusqu'aux bouts de tes seins. Là où, de peine, hurlent les battements de ton cœur ; espoirs vains. J'ai déposé les perles de tes joies dans un si bel écrin.
Peintes en carmin, tes lèvres généreuses saignent des mots chagrins. Les maux du Malin, qui dans l'ombre, font taire les souvenirs des joyeux lendemains.
Ces instants suspendus, perdus en un peut-être qui s'éteint, avant de naître, d'éclore sur un tendre dessin ; je n'ai plus jamais peint. Plus de soleil, plus de verdure dans mon jardin, il ne demeure que les réminiscences du jasmin. Qui s'élève et qui agace, ce doux parfum devenu le sang sur mes mains.

Ta peau s'est colorée, nuance arc-en-ciel sur ton derme fatigué. J'ai pansé tes plaies, j'ai essayé. Enfin, je crois que j'ai tenté lorsque ton regard trahissait toute cette déception que tu as, si ardemment, voulu dissimuler. J'ai observé les ecchymoses, embrassé tes bandages souillés. Lorsque tu dormais, pour un moment de paix, j'ai effleuré toute cette brutalité. De la pulpe de mes doigts, de doux baisers et une caresse envolée. Je te l'ai volée. Comme ton âme et tes secrets. J'ai tout absorbé pour davantage d'animosité. J'ai fixé le bois s'embraser, soufflé sur les cendres de ton corps élimé.

Étreintes enflammées, je t'ai aimée, peut-être étais-je trop enragé ?
Pardonne ma lâcheté, j'ai épousé les courbes de tes hanches, puis égaré ma lucidité.
Je t'ai vu choir dans un sombre désespoir, mais, j'ai vu l'averse dans tes yeux devenus noirs.

J'ai espéré ta bénédiction, puis demandé ton pardon ; quelle belle illusion. Elle s'est infiltrée dans mes veines jusqu'à l'aliénation. J'ai imaginé tes rires pour tempérer l'agitation, mais mon âme est en déflexion. Dans le chaos de mon monde, admire toute mon affection purpurine et plonge, avec moi, dans la fascination.
Tu verras, c'est un sentiment heureux, quelque peu dangereux. J'ai songé à attraper les cieux pour retrouver l'étincelle de tes yeux.

Et les torrents de larmes m'ont submergé lors de ton enterrement. Crois-tu facile d'oublier lorsqu'on désire si puissamment ? Une peau, une odeur ou juste un effleurement ? Que sais-je, juste un peu de toi avant l'internement.

J'ai vu passer l'ivresse, de ces matins ombrageux, lorsque le son de ta voix se faisait défectueux.
J'ai vu l'orage peindre les traits de ton Dieu ; qui peut te sauver lorsque je me montre si odieux ?

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