Dimanche 26 Août 2012

5 minutes de lecture

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Enfin de retour!!! Du coup demain vous aurez droit a un nouveau chapitre. Encore désolé pour le silence, mais c'est indépendant de ma volonté.

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- Juss!!! Debout!!! C’est l’heure!

- Hein? De quoi?

- On doit être à Anduze dans une heure pour rejoindre ma mère…

- Calme toi on en a pour une demie-heure en vélo… Reviens…

- Avec plaisir mais pas deux heures…

- Juste pour un petit câlin et un bisou, promis…

Lorsqu’elle vient se blottir contre moi et poser ses lèvres si douces sur les miennes, je réalise que cette semaine n’était pas juste un rêve.

- Juss? Pourquoi t’as rien tenté hier soir? On était tranquilles, dans ton lit…

- Peut être parce que je suis pas sûr qu’on soit prêts pour ça… Enfin… Je veux dire que… Je veux pas que tu te sentes obligée… Je sais que t’as vécu un truc dégueu et j’ai peur de ta réaction si je suis trop entreprenant…

- Merci de respecter ça, d’avoir ce genre d’inquiétudes pour moi, t’es adorable… Mais c’est toi Juss… C’est pas pareil…

- Si tu le dis…Tu connais ma décision ma puce et quoi qu’il arrive, c’est toi qui décidera, quand le moment sera venu…

- Ça me va… Allez feignasse bouge toi maintenant…

- Oui chef!

Une douche rapide pour finir de me réveiller, j’enfile une tenue confortable et rejoint ma mère et Clémence dans la cuisine. En arrivant, je manque une nouvelle fois de nous faire démasquer en voulant embrasser Clémence, mais plus vive que moi, elle tourne la tête au dernier moment pour me présenter sa joue.

Un vrai café, de vraies tartines, du jus d’orange, enfin un véritable petit déjeuner après plusieurs jours de café soluble et de biscuits secs, un vrai bonheur. Ensuite, nous répartissons les sacoches et le matériel de Clémence entre nos deux vélos, en profitons pour quelques baisers discrets et prenons rapidement la route.

Malgré le bonheur de cette semaine passée à ses côtés, de cette relation naissante, de cette nuit dans ses bras, ce matin, une fois en route, c’est le poids de la séparation qui me pèse le plus. Même si j’essaie de donner le change, je sais qu’elle s’en est rendu compte et me le fait rapidement comprendre.

- Juss, ça va pas?

- Pas trop… Je crois que je me suis un peu trop habitué à toi…

- Tu parles… Tu vas pouvoir profiter de ta journée, t'occuper un peu de toi, reprendre tes révisions… À partir de demain on reprend nos habitudes jusqu’à tes épreuves…

- En fait je pensais qu’on pourrait laisser tomber mes révisions, au moins un après-midi sur deux et profiter de notre entraînement pour aller ballader en vélo, nous baigner.

- Si tu veux… En fait, tant qu’on est tous les deux je suis partante…

- Tu commences à devenir accro toi aussi… Fait gaffe…

- Je suis comme toi, j’ai redécouvert quelque chose que j’avais oublié et qui, pourtant, me fait du bien. Une présence à mes côtés… Ta présence…

- Du coup, de savoir que tu te sens comme moi, ça me rend un peu moins triste…

- Pareil pour moi…

Après un détour pour déposer ses affaires chez elle, nous rejoignons, à pied, notre terrasse pour prendre notre café, plus d’un an que je n’avais pas partagé ce moment avec elle, que je n’avais pas revu nos voisins de table, qui me dévisagent comme si je revenais d’une autre planète.

Une fois nos mères parties de leur côté, nous en profitons pour nous rapprocher, je saisis ses mains par-dessus la table, enlaçant nos doigts, plongeant mon regard dans le sien, retrouvant ce petit éclat brillant qui ne le quittait plus depuis quelques jours. Ses yeux ont toujours eu cet effet sur moi, un effet hypnotique, le monde autour de moi disparaît, plus rien n’existe en dehors de nous deux, le temps s'arrête. Autant dire qu’aujourd’hui, j’aimerais que ce soit possible, j’aimerais pouvoir vraiment arrêter le temps, profiter de ce moment sans risque de devoir l'interrompre, mais si nous voulons rester discrets, nous devons être vigilants et ne pas oublier qu’ici, nous ne sommes pas seuls.

J’y mets donc fin à contre cœur, même si personne ne semble y avoir fait attention, juste à temps pour entendre nos mères débarquer en riant.

- Ben alors, vous aviez encore tant de choses à vous dire?

- M’man…

- Laisse tomber Clems, elles se moquent de nous, mais depuis le temps qu’elles font leur marché ensemble, on pourrait leur retourner la question.

- Puis nous, on a pas besoin de se parler tout le temps, être ensemble, ça nous suffit…

- Ouais c’est ça…

- Et si on a rien à se raconter, on se moque simplement des gens qui passent…

- Nadine, faut qu’on se méfie de nos enfants maintenant…

- Annie, on a pas dit qu’on se moquait de vous deux…

- T’as pas intérêt Justin, si tu veux continuer à profiter de ma fille…

- Même constat miss Clémence…

Cette bonne humeur nous soulage un peu et, sur le chemin du retour jusque chez Clémence, nous avons continué à plaisanter sur le sujet tous les quatre.

J'ai ensuite laissé ma mère partir devant en voiture et avec Clémence nous avons profité du temps passé à ranger ses affaires pour prendre encore quelques minutes tranquilles tous les deux.

Après un dernier baiser passionné, nous avons enfin réussi à nous quitter pour que je prenne, moi aussi, le chemin du retour.

Je ne traîne pas sur la route, mon vélo totalement dépourvu de matériel, retrouve toute son efficacité et j’évacue rapidement la frustration de la semaine passée, pendant laquelle notre rythme de promenade, notre train de sénateur, nécessaire pour être sûrs d’arriver au bout de notre périple, m’a laissé un peu sur ma faim. Lors de mes sorties à vélo j’aimais surtout appuyer sur les pédales, rouler vite, être à la limite de la zone rouge, comme lors de mes entrainements sur la piste d’athlétisme et profiter des sensations, ce qui n’a pas pu etre le cas lors de nos vacances.

Je mets moins de vingt minutes pour avaler les dix kilomètres qui me séparent de chez moi, je rentre bien essoufflé, trempé, mais heureux finalement.

Après une bonne douche et le déjeuner dominical en famille, je regagne mon étage et ma chambre, pour une bonne sieste, rapidement interrompue par cette saleté de téléphone.

“Tu me manques déjà mon coeur…”

“ Tu me manques aussi, mais je voulais ronfler un moment…”

“ Je suis désolée… Tu fais quoi du coup?”

“ Là? je suis en train de discuter par message avec ma copine casse bonbons … Je regrette d'avoir rallumé mon téléphone à mon retour…”

“ Petit con… Tu vas le regretter… Repose toi bien mon Juju… Et encore désolée…”

“ J’ai pas peur de toi… Excuses acceptées… Je vais gratouiller un peu du coup et réviser aussi, peut-être… Bisous ma puce à demain”

“ Bon courage, à demain…”

J'ai passé mon après-midi à enchaîner notes et accords sur ma guitare, je crois que je n’avais jamais autant progressé en si peu de temps, au point de m’en faire mal aux doigts. En début de soirée, lorsque le soleil s’est fait plus timide, j’ai posé mes cahiers sur la table du balcon, me plongeant une petite heure dans mes révisions. Ces deux activités m'obligent à me concentrer et à ne pas me laisser déborder par mes pensées.

J'occupe la journée du lendemain à harceler les facultés au téléphone, sous le regard de plus en plus inquiet de Clémence, pour trouver un point de chute à la rentrée, mais personne ne semble en capacité de me donner une réponse, tant que je n'ai pas les résultats de mon bac, rien ne pouvait être officialisé me concernant.

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