Juillet 2013

6 minutes de lecture

“Quand je regarde la lune,

Je n'arrive à penser à rien d'autre

Qu'à toi,

Qu'à nous,

Ce fameux soir d'été.

Je me remémore sans cesse la toute première nuit, où tout a commencé.

Parfois je rêve qu'elle n'ait jamais existé,

Juste pour

Ne plus souffrir à ce point”

“Ne baisse jamais les bras, tu es merveilleux… Oui c'est dur, je sais. Mais tu peux y arriver. Il n'y a aucune raison pour que tu n'y arrives pas. Bats toi, tu n'en ressortiras que plus fier, plus fort, je suis certaine que tu as encore un peu de force, encore un peu de courage, d'envie que tu peux encore un peu plus pousser ta vie vers la lumière .”

Le retour en Avignon est assez morose, les jours suivants également, malgré le soutien sans faille de mes camarades. Cette décision, bien que nécessaire et concertée, laisse un vide immense en moi, vide que je ne me sens pas capable de combler, j’ai besoin de me remettre de ce que je considère comme un échec cuisant, de reprendre le dessus.

J’ai dû prendre énormément sur moi pour faire ce choix, rester fort pour affronter sereinement la situation et être convaincant. Mais dès notre décision prise, je me suis écroulé et j’ai fait les frais de tous les efforts consentis pour encaisser, faire preuve de maturité et de bon sens.

Nous ne rompons pas avec nos habitudes pour autant, avec Clémence, certes les coups de téléphones se font moins nombreux, moins longs et moins réguliers, mais nous n’hésitons pas à prendre des nouvelles l’un de l’autre, conservons notre appel vidéo un samedi de temps en temps, maintenant le lien qui nous unit depuis toutes ces années.

Caro, Amy, Claire et coach David se plient en quatre pour me distraire, m’aider à passer ce cap avec le sourire. Les filles passent pas mal de temps avec moi, soit à la BU, soit en ville, quelquefois chez moi ou chez elles, David m'entraîne avec lui pour des sorties plus ou moins longues et difficiles chaque dimanche, me faisant découvrir les alentours d’Avignon sous un autre angle. Nous parcourons ainsi les Alpilles, les rives de la Sorgue, le pied du mont Ventoux, jusqu’à la fin du mois de juin, qui signe le début des vacances et l’arrivée des nombreux touristes.

Vacances qui signent mon retour à Lézan, chez mes parents, pour deux mois et mes retrouvailles avec Clems après notre rupture. Nous nous rejoignons sur le quai de la gare de Nîmes, comme à notre habitude et nos retrouvailles sont émues. Je la récupère souriante, lumineuse, les yeux brillants de cet éclat qui les avait quittés depuis plusieurs mois et surtout remplumée et nous scellons notre réunion par une longue étreinte et un baiser au coin des lèvres.

- Si tu savais comme tu m’a manqué mon Juju.

- Tu m’as manqué aussi soeurette, t’es rayonnante, ça me fait plaisir.

- Merci, toi aussi.

- Disons que j’ai juste retrouvé la forme, grâce au coach David… Et j’ai plein de trucs à te raconter…

- Moi aussi… Putain! Que je suis heureuse de te retrouver!

- Prête pour la reprise de l'entraînement?

- Un peu de repos d’abord, j’ai besoin de souffler!

- Deux jours?

- Juss!!!

- Je déconne, on a largement le temps, on en profitera pour préparer notre voyage.

- Yes!!! Je suis trop contente qu’on reparte tous les deux…

- Allez en route, j’en connais qui se languissent de te retrouver…

- Tu m’étonnes… Mais comment ils ont pris le truc?

- Comme des parents qui laissent leurs enfants faire leurs vies. Ils comprennent et acceptent notre décision, sachant qu’on l’a prise ensemble, pour sauver nos études…

- Tant mieux…

Sur la route du retour, nous nous racontons les quelques potins des dernières semaines et planifions un aller-retour à Montpellier le lundi, pour aller récupérer quelques affaires qu’elle n’avait pu emporter avec elle.

Je suis vraiment heureux de la retrouver en pleine forme, de retrouver son sourire, sa bonne humeur et de me rendre compte que notre séparation n’a eu aucune incidence sur notre amitié. Je ressens aussi sa joie de me retrouver, de planifier ces vacances, de passer ces deux mois en ma compagnie.

Nos parents semblent rassurés par notre bonne humeur et nos sourires lors du barbecue, que nous partageons au bord de la piscine, dans laquelle nous ne tardons pas à nous retrouver.

- Putain Juss!!! Non seulement t’as repris du poids, mais tu t’es musclé.

- J’ai un coach au top, il est un juste un peu dingue.

- Vous vous êtes bien trouvés pour ça. En tout cas, ça te va bien, avec ta barbe et tes cheveux longs et ça donne envie de croquer…

- Merci… Mais pas touche, tu risquerais de replonger.

- Genre… Tu te crois irrésistible?

- Carrément, toutes les filles me courent après dans la rue… Par contre toi, va falloir t’affûter un peu!

- Ouais, je suis au courant… Je me suis laissée aller, mais bon, j’ai repris du poids, c’est déjà bien. Puis t’es là pour me coacher.

- Tu vas souffrir je te le promets.

- Oh oui! Fais moi souffrir!!!

- Parlant de ça, tu penses en avoir pour combien de temps à récupérer tes affaires?

- Je vois pas le rapport, mais en deux, trois heures ça sera bouclé. J’ai tout préparé dans mon salon, on a qu’à charger dans la voiture et faire un coup de ménage. Pourquoi?

- J’ai une petite idée qui me trotte depuis un petit moment, j’ai bien envie de craquer… Je passe deux coups de fils et je te dis ça…

Je reviens quelques minutes plus tard, sourire aux lèvres.

- C’est quoi l’embrouille?

- Je t’explique rapidement: lundi, on part tôt, genre huit heures, on s’occupe rapidement de ton appart et on remonte en Avignon en fin de matinée. On mange un dernier bout avec les copains et on a un rendez-vous à quatorze heure trente, ça devrait pas être trop long, mais on dormira quand même chez moi le soir et on rentrera mardi.

- De quoi? Mais pourquoi faire?

- Tu verras, c’est une surprise…

- Juss!!!

- Y’a un truc qu’on a pas pu fêter ensemble au mois de juin, alors on fêtera ça lundi.

- Te sens pas obligé.

- Si, j’y tiens!!!

Le lundi, je passe la récupérer chez ses parents, puis nous partons direction Montpellier avec la voiture de ma mère, après une heure de danse avec balais et serpillières, chiffons et éponges, nous vidons les dernières provisions qui trainent dans les placards, chargeons ses deux dernières valises et prenons la direction d’Avignon. Nous rejoignons mes camarades chez Caroline, chez qui je laisse la voiture chargée pour la nuit et où nous avons prévu de partager le repas tous ensemble pour fêter l’anniversaire de Clems.

Nous prenons ensuite le bus avec Amy, qui nous accompagne au centre ville, pour notre surprise.

- Entrez je vous en prie…

- Attends… Tu…

- Allez entre…

- T’es sérieux Juss? Un tatouage? Sur moi?

- Non, sur nous… Amy, tu lui montre?

- Voilà les amou... Les amis, pardon.

A ma demande, elle nous avait rapidement dessiné quelque chose de simple, une composition à partir de plusieurs modèles qu’elle avait retravaillé pour les personnaliser, deux mains se tenant par le petit doigt, le symbole de l’infini ou volent quelques oiseaux, nos initiales, cette phrase devenue notre emblème “À la vie, à la mort.” et la date de notre toute première rencontre.

- T’es sûr Juss?

- Je t’oblige à rien…

- J’adore en fait, mais… Nos parents…

- Je suis certain qu’ils vont adorer, le dessin et la symbolique. On aura tous les deux le même, au même endroit, c’est mignon, non?

- Trop… Merci mon Juju de l’amour… Mais où?

- Amy?

- J’ai pensé au dessus du creux du coude gauche, côté coeur, vous en dites quoi?

- On risque de douiller un peu , mais ça me plait. Juss?

- Je vous suis!

Deux heures plus tard, nous ressortons du salon, le bras un peu endolori, mais vraiment heureux de ce nouveau lien qui nous unit encore un peu plus.

- Merci mon coeur, c’est une super idée.

- Mon coeur?

- Désolée, c’est l’habitude…

- Je t’en prie. Je voulais marquer le coup pour tes dix-huit ans. Je savais qu’Amy bossait ici, quand j’ai su qu’elle avait elle-même dessiné la plupart de ses tatouages et même réalisé quelques-uns d’entre eux, je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée.

- Si j’avais refusé?

- J’aurais trouvé autre chose… Mais le fait que tu aies accepté, qu’on porte le même tatouage sur notre peau, ça signifie bien plus pour moi que tout ce qu’on a pu se dire ou faire depuis le début.

- Pour moi aussi ça veut dire beaucoup de choses…

De retour chez moi, nous nous installons tranquillement sur mon lit, profitant de la fin de l'après-midi pour discuter, avant de rejoindre toute la bande pour passer une soirée agréable et la nuit à discuter longuement, retrouvant cette proximité si réconfortante, ce lien si fort qui nous unit.

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