037 - plaisirs assouvis
Je vois Olympe en privé, elle me montre comment la faire jouir et ensuite on discute un peu avant que ce soit mon tour. Elle me demande :
- Alors comme ça il paraît que tu fais l’amour avec ton frère, toi aussi ?
- Demi-frère. Par alliance. Le futur père de mes enfants. Je l’aime tant.
- Le mien, il veut le faire aussi, avec moi, depuis toi. Ton histoire l’excite trop. On ne le tient plus.
- Il faut savoir dire non. Si tu veux pas le faire tu le fais pas.
- Je sais pas si ça marche comme ça entre lui et moi. J’ai pas non plus envie qu’il aille voir ailleurs. Quelque part il est à moi. C’est peut-être de ma faute si il est comme ça. Seul, sans personne. À jouer avec ses lycéennes. Je l’aime, tu sais, fort, c’est mon jumeau. On est la même personne quelque part. Du même ventre en même temps. Ce serait comme de la masturbation, en mieux. Comment j’ose te raconter tout ça ?
- Tu veux que j’approuve, que je te donne une raison de le faire. Par exemple, si tu attires l’attention de son engin ailleurs, il va peut-être ne pas finir par me violer, qui sait, ça peut me sauver moi et te faire vivre un fantasme toi, d’une pierre deux couilles.
Elle pouffe de rire et on rigole en se chatouillant. Je la sens heureuse, détendue, sereine, euphorique, amoureuse, vivante quoi. Même que je suis invitée au spectacle. Elle se met dos à lui face au miroir et la saucisse de Montbéliard à nu entre doucement dans son ventre à elle quand elle s’assoit sur lui, à son rythme. Ça va super loin. Elle a eu deux enfants qui sont déjà sortis par là alors… Elle remonte. Elle descend. Je m’approche pour lui tenir la main, les seins, la bouche contre la mienne puis je les laisse à leur affaire de famille. Ça dure. Longtemps. Elle respire fort et elle commence à transpirer. Lui aussi. Je passe derrière comme pour l’encourager et j’improvise un baiser la tête à l’envers pendant que les fesses de sa sœur claquent sur son ventre devant moi. Olympe me rappelle à elle, je fais le tour et je la serre dans mes bras en accompagnant le mouvement. Je suis nue et exposée, c’est pas le moment qu’il ressorte et entre en moi.
- Garde-le bien en toi Olympe, jusqu’à l’Olympe.
Je commence à transpirer avec eux quand enfin il jouit à l’entendre gémir. Je m’éloigne et elle se retourne pour le prendre sans ses bras. Elle le regarde tendrement, comme fascinée et lui commence à gober un de ses seins. Ils remettent ça, face à face, elle sur le dos les yeux écarquillés de bonheur. Je l’existe plus. Je m’éclipse doucement et je pars sous leurs cris de plaisir assouvis.
Analyse de ce chapitre dans le contexte de l'œuvre
Ce trente-septième chapitre est celui de l'accomplissement du désir incestueux des jumeaux, sous le regard bienveillant de Béa. Ce qui n'était qu'évoqué, suggéré, devient réalité sous nos yeux. Olympe et son frère (monsieur Gouges) franchissent le pas, et Béa est là, témoin, soutien, presque prêtresse de cette union. La scène est d'une beauté troublante : le miroir, la lenteur, la tendresse, l'évidence. La question d'Olympe ("Alors comme ça il paraît que tu fais l'amour avec ton frère, toi aussi ?") établit une sororité dans la transgression. Béa répond en légitimant, en encourageant, en trouvant même une justification pragmatique ("si tu attires l'attention de son engin ailleurs, il va peut-être ne pas finir par me violer"). À la fin, elle s'éclipse, devenue transparente, inexistante, tandis que les jumeaux jouissent ensemble. Elle a accompli sa mission : les avoir réunis.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- La confidence d'Olympe : "Alors comme ça il paraît que tu fais l'amour avec ton frère, toi aussi ?" La question crée un lien immédiat. Elles sont toutes les deux des sœurs incestueuses, même si l'inceste de Béa est "par alliance" et choisi, tandis que celui des jumeaux est biologique et longtemps refoulé.
- La justification pragmatique : "si tu attires l'attention de son engin ailleurs, il va peut-être ne pas finir par me violer". Béa trouve une raison de légitimer l'acte : cela la protège, elle, d'un éventuel viol. D'une pierre, deux couilles — l'humour désamorce le tragique.
- Le miroir : Encore une fois, le miroir est présent. Les jumeaux se regardent, se voient, s'aiment. La dimension spéculaire est essentielle : ils sont la même personne, "du même ventre en même temps". Faire l'amour avec son jumeau, c'est "comme de la masturbation, en mieux".
- La lenteur : La scène est décrite avec une grande précision, mais aussi avec une grande lenteur. "Elle remonte. Elle descend." Le temps est suspendu. Béa s'approche, tient la main, embrasse, puis s'éloigne.
- Le baiser tête à l'envers : L'image est magnifique. Béa embrasse Olympe pendant que celle-ci chevauche son frère. La circulation des fluides et des affects est totale.
- "Garde-le bien en toi Olympe, jusqu'à l'Olympe." : Le jeu de mots est savoureux. Olympe doit garder son frère en elle jusqu'à l'extase (l'Olympe). Le prénom devient nom commun.
- La disparition : "Je l'existe plus. Je m'éclipse doucement." Béa redevient le fantôme qu'elle a toujours été. Elle a joué son rôle, elle peut partir.
Bilan
- Béa : Elle est la catalyseuse, la prêtresse, la témoin. C'est elle qui, par son histoire, a "excité" le désir des jumeaux. C'est elle qui légitime, encourage, justifie. Pendant l'acte, elle est présente, soutien, presque souffleuse. Puis elle s'efface. Sa disparition finale ("Je l'existe plus") est un retour à l'invisibilité originelle, mais une invisibilité choisie, apaisée.
- Olympe : Elle franchit le pas avec son frère, après des années de "touche pipi" et de désir refoulé. La scène est pour elle une révélation. Elle est "heureuse, détendue, sereine, euphorique, amoureuse, vivante". Ses yeux écarquillés de bonheur à la fin sont la preuve que cet acte était attendu, désiré, nécessaire.
- Monsieur Gouges : Il est l'homme qui réalise son fantasme avec sa sœur jumelle. Il est "fasciné", tendre, amoureux. La scène est pour lui aussi une libération.
Conclusion
L'inceste entre jumeaux n'est pas une transgression comme les autres. Ils sont "la même personne quelque part, du même ventre en même temps". Leur union a quelque chose de mythologique, de pré-social, d'originel. Faire l'amour avec son jumeau, c'est se réunir soi-même, c'est accomplir une unité perdue.
Par ailleurs, ce chapitre montre que Béa est devenue une force de guérison pour les autres. Elle a guéri grâce à Victor, elle guérit grâce à Gouges, et maintenant elle aide Olympe à s'accomplir. Son rôle est de plus en plus celui d'une passeuse, d'une initiatrice.
Imaginer une suite en une phrase sous forme de question
Maintenant que les jumeaux se sont unis et que Béa a disparu de leur scène, que reste-t-il à vivre pour elle, sinon le retour à Victor, à l'ordinaire, et peut-être, un jour, à cet enfant qu'elle imagine depuis si longtemps ?

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