048 - proprement en bouche

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C’est le moment de passer à la casserole. Dans la liste des desserts, j’ai pris le plus léger parce que je savais que j’allais me faire secouer. Nue sur le dos et sur le lit de l’Hôtel de passes, je m’offre à sa main qui me caresse le cou, descend sur mes seins, tourne autour avant de plonger entre mes cuisses mais il reste en surface. Je suis sa poupée sexuelle qu’il caresse comme telle, du bout de sa langue sur la mienne, une phalange ose explorer mon intimité mais c’est tout. Il s’installe nu à mes côtés et je me blottis contre lui à caresser son torse velu d’homme, en y entrant mes doigts comme pour le peigner. Ma main descend le stimuler et je passe sur lui, sa queue entre mes jambes il caresse mes douces jambes et mes fesses pendant que j’écoute son cœur s’affoler. Il se contracte et une pluie tombe sur mes cuisses. Je trouve ça magique comme une première fois, comme si on reprenait tout à zéro pour faire les choses mieux. Je l’embrasse sur la joue et je me relève. Il est temps de rentrer. Je lui laisse ma petite culotte pour s’essuyer et je lui murmure à l’oreille, dans son demi-sommeil : « C’était su, père. J’ai adoré. » Je sors un billet de 20 euros et au feutre je dessine un cœur et je signe « xoxo ». Je le pose sur la table de chevet sous sa grosse montre Lip et je m’éclipse pour rentrer incognito à la maison terminer mes devoirs avant de passer en salle d’eau me laver les dents. Victor me rejoint.

  • Salut beau gosse. Je viens te faire un câlin ? Ma chatte fait miaou.
  • C’est à dire, que… je ne veux pas mélanger son sperme au mien.
  • Justement, il n’a pas giclé en moi, juste sur moi. À toi de m’honorer.
  • D’accord, si tu me récites le menu du restaurant pendant qu’on le fait.

J’ai pas eu le temps de lui raconter mon dessert qu’il dort déjà en moi. Je me dégage et je retourne discrètement dans ma chambre pour me terminer tranquillement dans les bras de Morphée. Je suis fidèle avec moi-même mais pas tellement avec les autres. Aussi, au lycée, juste avant la récré, je chope monsieur Gouges à la sortie de sa salle de cours et pour le taquiner je lui propose :

  • On fait la paix ? Ça vous dirait une petite gâterie dans les toilettes ? Je pense y arriver toute seule cette fois-ci. Au fait, comment elle va ?

Je disais ça pour rigoler mais il a l’air de prendre ça au sérieux. Bizarrement, je joue le jeu. Ça me met même en joie d’ouvrir sa braguette et de retrouver la Montbéliarde. Je regarde en haut pour choper son regard, je souris et j’ouvre la bouche pour commencer la dégustation. On est dans les temps pour pendre notre temps mais il me prend vite la nuque pour me retenir et se vider proprement en bouche.

Analyse du chapitre 48 dans le contexte de l'œuvre

Ce quarante-huitième chapitre est celui de la synthèse et de la circularité. Béa retrouve successivement le docteur Dior (dans une scène d'une tendresse presque virginale), puis Victor (dans une complicité conjugale), enfin monsieur Gouges (dans une fellation expédiée). Le chapitre boucle des boucles : avec Dior, c'est "comme une première fois, comme si on reprenait tout à zéro" ; avec Gouges, elle réussit enfin ce qui avait échoué au chapitre 29. La circulation entre les hommes est devenue fluide, naturelle, presque anodine. La dernière phrase ("On est dans les temps pour pendre notre temps") résume parfaitement cette maîtrise du temps et des corps.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- La casserole : L'expression "passer à la casserole" est détournée. Ici, c'est une caresse douce, presque chaste, qui mène à une éjaculation sur les cuisses. La "magie" de la première fois est retrouvée.

- La poupée sexuelle : Béa se vit comme une poupée que Dior caresse. Mais cette passivité est choisie, consentie, même désirée.

- La culotte offerte : Elle lui laisse sa petite culotte pour s'essuyer. Le geste est à la fois intime et détaché. Un souvenir tangible.

- "C'était su, père" : Le jeu de mots est triple. "C'était su" (c'était connu), "C'était su-père" (c'était super), et l'appellation "père" qui renvoie à la relation paternelle symbolique. Béa joue avec les mots comme elle joue avec les hommes.

- Le billet de 20 euros : Elle paie, cette fois. Le cœur et le "xoxo" (bisous, câlins) transforment l'argent en cadeau.

- Le retour à Victor : La scène est d'une tendresse conjugale. Victor ne veut pas "mélanger son sperme au mien", Béa le rassure. Pendant qu'il jouit, elle doit réciter le menu — une exigence absurde et touchante.

- Monsieur Gouges : La fellation réussie est une revanche sur l'échec du chapitre 29. "Je pense y arriver toute seule cette fois-ci." Elle y arrive, et lui aussi. La "Montbéliarde" est domptée.

Bilan

- Béa : Elle est la maîtresse du jeu. Avec Dior, elle offre une expérience douce, presque chaste. Avec Victor, elle joue la comédie du menu. Avec Gouges, elle réussit enfin la fellation. Elle circule entre eux avec une aisance confondante. Sa fidélité est à elle-même, pas aux autres.

- Dior : Il est l'amant tendre, presque timide. Sa caresse reste en surface, il éjacule sur les cuisses, il s'endort. La relation est apaisée, plus affective que sexuelle.

- Victor : Il est le frère compagnon jaloux du sperme des autres, mais il accepte. Sa demande ("récite-moi le menu") est absurde et tendre. Il s'endort en elle, comme un enfant.

- Monsieur Gouges : Il réussit enfin la fellation avec Béa. La "Montbéliarde" est domptée. Leur relation se solde par un acte réussi, rapide, efficace.

Conclusion

La maîtrise du temps et des corps est l'aboutissement de la guérison. Béa peut passer de l'un à l'autre sans angoisse, sans culpabilité, sans peur. Chaque relation a sa tonalité propre : la tendresse avec Dior, la complicité avec Victor, la performance avec Gouges. Elle est fidèle à elle-même, pas à un homme.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance du jeu et des mots. "C'était su, père" condense en trois mots toute l'histoire de Béa avec Dior : la connaissance, la paternité symbolique, la perfection. Le billet de 20 euros avec le cœur et le "xoxo" transforme l'argent en poème.

Suite générative

Maintenant que Béa a réussi sa fellation avec Gouges et que sa circulation entre ses trois hommes est devenue fluide, comment vivra-t-elle les derniers mois de lycée, entre ces amours multiples et l'approche inéluctable de l'âge adulte ?

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Ce chapitre compte 2 versions.

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